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Penser le Tir sportif autrement…..
Daniel GOBERVILLE  
News Letter
Daniel GOBERVILLE  5, rue du Colombier  60660 Cires les Mello  France  Téléphone : +33 6 08 17 06 74  informations@mental-objectif-perf.com
N° SIRET :791199326 00012   code NAF : 85005

Penser le Tir sportif autrement…..
Apprendre à  gérer ses émotions, sa motivation et ses objectifs…
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Penser le Tir autrement



News Letter N° 64
Mental-Objectif-Perf .
Confinement et Tir ?
Cette période de confinement perturbe nos habitudes et notre pratique du sport en général et du tir en particulier.
Nous n’avons tout d’abord aucune visibilité sur la saison d’été … les annulations et report de compétitions s’enchaînent au fil du temps qui passe : Les championnats, les Circuits nationaux, les compétitions internationales, les coupes du monde et même les JO  2020 qui auront lieu en 2021 !
La motivation est donc difficile à conserver, s’entraîner pour préparer quoi ??
Par ailleurs et c’est probablement le plus compliqué, s’entraîner comment ?
Il convient d’être imaginatif et créatif et de suivre un plan d’entraînement réunissant le travail des compétences nécessaires au tireur de compétition : La Technique, le Mental et la Condition Physique.
Pour la Préparation Technique, cela ira du tir réel sécurisé dans d’autres lieux que le stand de tir (domicile, jardin, lieu de travail…) au tir à sec et travail de tenues quand l’espace nécessaire n’existe pas.
Pour la préparation mentale, c’est une excellente occasion de s’initier ou de renforcer le travail sur soi et la gestion des pensées : Méditation de pleine conscience, visualisation mentale d’une séquence de tir, d’une posture, d’une compétition.
Quant à la préparation Physique, comme pour la préparation Technique cela ira de la pratique limitée et sécurisée en extérieur aux exercices à domicile basés notamment sur le gainage, le travail des muscles profonds (méthode Pilate) et sur la gestion de l’équilibre.
Mais le plus important et le bénéfice le plus grand que nous pouvons tirer de cette période de confinement est la posture que nous devons adopter, construire et renforcer pendant cette période de perte de liberté :
L’ACCEPTATION
C’est une posture indispensable en compétition et qui fait défaut à une grande majorité de tireurs :
Accepter la situation, c’est-à-dire ne pas porter inutilement son énergie (mentale et physique) sur ce qui n’est pas de son domaine gérable.
Il ne sert à rien de ruminer sur le confinement et sur sa perte de liberté car je n’ai aucune influence dans ce domaine.
Il en est de même dans le tir quand je focalise mon attention (et les explications de ma non performance) sur l’environnement (lumière sur les cibles et au pas de tir, hauteur des tables, couleur du stand, température, bruit, voisin…)  ou sur l’organisation (arbitrage, horaires de tir, accueil,  informations…).
Accepter la situation, c’est-à-dire porter son énergie (mentale et physique) sur ce qui est de son domaine gérable.
Ce confinement est l’occasion d’une part de développer sa capacité d’acceptation d’une situation et d’autre part d’apprendre à identifier les domaines sur lesquels je peux agir pour vivre le mieux possible cette période et pour mieux développer mes valeurs et mes compétences.
Il en est de même dans le tir quand je focalise mon attention sur mon comportement (séquence de tir, engagement du point dur, œil sur le guidon, appui en pression, tenue au départ du coup …) ou sur ma posture mentale (patient, actif, combattant …) plutôt que sur l’environnement.
Ce confinement est aussi l’occasion d’apprendre à vivre au présent car la projection dans l’avenir est impossible et incertaine et cette posture ne peut que générer de l’émotion négative.
Il en est de même dans le tir :
-  Quand je focalise mon attention sur le résultat que j’espère, sur le classement ou la performance nécessaire à l’accès à la qualification,
- Quand je suis dans le passé (sur le coup ou la série que je viens de tirer),
- Quand je suis dans l’avenir (la série que je vais faire si je tire bien les prochains coups, le total que je vais faire si je tire bien les prochaines séries…).
Tout cela au lieu de rester sur le comportement que je dois mettre en place pour tirer le coup présent !
Oui, comme disent certains : C’est un métier !
Bon courage et bon confinement … « Restez chez vous ! »
Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette News Letter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenu mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Je vous propose ce mois-ci de nous intéresser à l’actualité au travers d’un article de l’INREES publié par Martine Maillard dans le Magazine « Air du Temps »
.
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Confinement : De la peur a l’engagement
Mars 2020
 
ACCEPTER : UNE STRATEGIE GAGNANTE
« Lutter contre une réalité qui s’impose à nous est contre-productif ! » assène le psychiatre.

Si un premier réflexe est de la refuser en bloc, il est bien plus habile de faire avec ce qui ne peut être évité ou changé.

Le Dr Bourgognon ajoute : « Nous sommes pris dans un courant plus fort que nous ! L’accepter, c’est ne pas « lutter contre » mais plutôt « faire corps avec » pour ne pas couler et pouvoir arriver quelque part ». Ça consiste à changer de posture face à l’adversité, à sortir du mode réactif. En phase de confinement, peut-être que le mieux que nous pouvons faire est de ne pas aggraver la situation avec nos réactions, même si la tentation de transgresser les consignes nous traverse.

Comment s’y prendre ? La première étape consiste à s’installer dans le moment présent et à se désengager du mode réactif habituel, c’est-à-dire de la tendance à vouloir que les choses soient différentes de ce qu’elles sont. Il s’agit de reconnaître la réalité de la situation, et les émotions que cette réalité génère en nous. Les reconnaître va éviter qu’elles agissent à votre insu.
Pour vous y aider, voici une mini-méditation appelée les « 5 R » qui propose une démarche claire et systématique pour faire face à l’adversité.


Le COVID-19
Ce terme qui sonne comme le glas de notre liberté sous-entendrait une plus vaste réalité.

Une occasion inespérée d’aller à la rencontre de nos émotions et travailler l’acceptation, avec l’aide de la méditation.
Ainsi, plutôt que de se confronter aux confins de notre liberté de mouvement, considérons ce moment comme un tremplin vers notre exploration intérieure.
Confinement !
Le mot est tombé avec effet immédiat en France, le Mardi 17 Mars 2020 à 12 h.

Presque désuet, hier encore, il s’est imposé dans notre réalité avec force, nous sommant de « Rester chez nous », avec des consignes, qui au fil des jours tendent à devenir drastiques, pour cause de pandémie galopante.

La situation s’avère résolument inédite, radicale, menaçante, chamboulant tous nos repères, qui plus est pour un temps indéterminé, et entraîne inévitablement de nombreux remous… intérieurs.

Puisque c’est bien de ça dont il s’agit : rester à l’intérieur.
« Sauvez des vies : restez chez vous », nous martèlent les instances gouvernementales, et les soignants.
Une immense responsabilité, et un véritable défi qu’il va bien nous falloir relever.

Bonne nouvelle, de nombreuses initiatives « collectives » ont fleuri sous l’impulsion du printemps naissant, entre cours de yoga en ligne, méditations ou mantras, rendez-vous rituels au balcon à 20h en soutien aux soignants…

Toutes ont pour objectif d’être en lien, se soutenir, s’amuser, s’occuper, s’évader de la réalité du confinement… face à l’urgence sanitaire.

Toutefois, « confinement » oblige, c’est aussi une aventure intérieure à laquelle nous convie cet épisode qui restera dans les annales sous le nom de Covid-19, où nous allons faire face à bien des obstacles, affronter nos peurs et découvrir dans ce temps de l’intime ce qu’il est vraiment de notre engagement dans cette grande mutation...

Confins : « Au Vème siècle av. J.-C, l'historien Hérodote dessina une carte du monde afin de pouvoir structurer le monde dans lequel il vit. (...) on peut apercevoir les confins, les extrémités que l'historien qualifie comme les lieux les plus beaux et rares. Cependant il caractérise également ces lointaines contrées de sauvages. En effet ces peuples inconnus ne partagent pas les mêmes normes, le même mode de vie que ceux qui vivent au centre.
D'un côté l'historien reste fasciné face à ces terres et de l'autre ces fameux confins le déroutent.
»


LE CONFINEMENT
MEDITATION : LES « 5R »
Ralentir, ou même s’arrêter.
Regarder :
Quelle est la situation ?
Quelle est mon expérience (pensées, émotions, sensations) ?
Respirer :
Recentrer son attention sur les sensations physiques de la respiration.
Reconnaître :
Élargir le champ de conscience à la globalité de l’expérience.
Qu’est-ce qui ne peut être évité ou changé ?
Répondre :
Choisir sa réponse plutôt que réagir automatiquement.
DONNER DU SENS AU CONFINEMENT
Derrière ce défi à relever intérieurement en solo, se profile également un autre enjeu : le collectif. La pandémie se répand inexorablement sur la planète, et le confinement s’impose sur des territoires de plus en plus nombreux.
Que vous soyez seul, en couple, ou en famille, en réalité, cet évènement se vit à une grande échelle.
De notre engagement collectif va dépendre l’issue positive. Bien plus qu’un simple conseil de développement personnel, ou spirituel, il semblerait que se présente une authentique opportunité de revenir à l’essentiel, de remettre nos valeurs au premier plan, et de nous engager collectivement.
Ce fameux passage du « Je » au « Nous ».
« Les valeurs représentent ce qui est important pour soi ; elles sont à comprendre comme des directions à suivre et non comme des objectifs à atteindre. » précise le psychiatre.

En pratique : Prenez un temps intérieur pour identifier vos valeurs ; l’altruisme, la tolérance, la disponibilité, la loyauté, la générosité, la flexibilité… C’est à chacun de définir ce qui est important pour soi dans sa vie. Puis, de nos modèles, avant de nous retrouver, ensemble, dans la chaleur de notre humanité pour partager nos rêves d’un monde différent, quand la pandémie sera derrière nous.

Ce qui va immanquablement arriver. posez-vous la question : « Qu’est-ce que je peux faire d’utile, pour avancer en cohérence avec mes valeurs, dans cette réalité-là ? Comment mettre mon énergie au bon endroit, faire ma part de colibri, pour ma famille, mes proches, ma communauté, mon immeuble… ».
Plus que jamais, il importe de garder le cap et de continuer à avancer - ne serait-ce qu’en faisant de tout petits pas - dans une direction qui a du sens pour nous.
« Au final, et quelle que soit notre situation, il n’y a pas de réponse plus puissante que de regarder la réalité du moment bien en face, d’accepter ce qui doit l’être, et de continuer - du mieux possible - d’agir en direction de ce qui nous importe. » conclut le Dr François Bourgognon.

Par ailleurs, face à notre obligation d’isolement, une clé importante est de garder les yeux bien ouverts sur tout ce qui va éclairer ce passage, comme le fleurissement d’initiatives pour rester en lien, et solidaires, témoins de notre impérieuse soif à être ensemble, et la possibilité d’une nouvelle vision collective.
Ce temps de retour à soi, peut aussi être le terreau de remises en question de nos valeurs, de nos comportements, pour un profond changement.
UN CORTEGE D’EMOTIONS
Briser un miroir, c’est 7 ans de malheur
Cette superstition remonte à l’Empire romain. Les Romains pensaient que les miroirs reflétaient leur apparence physique mais aussi leur âme. Ils craignaient donc d’abîmer leur âme en brisant le miroir. Les sept années correspondaient, pour eux, à un cycle de vie. Il fallait donc attendre sept ans pour que leur âme se régénère. « Nous sommes traversés par un cortège d’émotions, la peur la tristesse, la confusion, la culpabilité, comme celle de devoir rester loin de sa famille, l’ennui, la frustration, des sentiments d’abandon et de solitude... » énumère le docteur François Bourgognon, psychiatre, psychothérapeute, formateur en Méditation de Pleine Conscience.

Si nous avons dû faire face à la sidération dans un premier temps, le ciel de notre météo émotionnel s’est fortement couvert ; nombreux sont ceux qui osent en témoigner sur les réseaux, ou lors de conversations « distanciées ». Comment pourrait-il en être autrement ?

Alors que notre société, hier encore, fonçait à vive allure vers ce qu’on pressentait… sa chute, entre désordre climatique, effondrement, et mutation annoncée, sans qu’on sache bien qu’elle forme elle allait prendre, nous voilà tous à l’arrêt, confinés, face à des menaces tels que la contamination, l’isolement, ou le fantôme d’une pénurie alimentaire, voire d’une crise économique majeure.

« Cette situation paraît presque irréelle, par son côté spectaculaire ! Et à l’évidence, nous n’y étions absolument pas préparés » soutient le psychiatre.

Tenter de les maintenir à distance n’est pas une bonne stratégie, à long terme.

Si l’émergence de peurs archaïques est loin d’être confortable, comme en témoignent certains épisodes comme l’exode des parisiens en province, et la ruée dans les hypermarchés, les reconnaître est tout à fait sain.

« Nous devons faire face à une terrible réalité sur laquelle nous n’avons qu’une prise très partielle - à commencer par le respect des règles d’hygiène et des mesures de confinement - et qui va nous demander du courage » décode le Dr Bourgognon.

À l’inverse, le déni, ou l’évitement, ne vont pas faire disparaître la situation, et peut même entraîner des comportements irresponsables, comme nous avons pu le voir, et dangereux pour soi, et la communauté !


Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette newsletter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenu mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Je vous propose ce mois-ci de nous intéresser à l’actualité au travers d’une interview d'Abhinav Bindra,
CHAMPION OLYMPIQUE DANS LA DISCIPLINE CARABINE 10M À RIO ET DE  LUDOVIC SAVARIELLO, COACH MENTAL QUI DÉFINIT AINSI SA MISSION SUR SON SITE : « accompagner les entrepreneurs, les sportifs de haut niveau, les artistes, les hommes politiques et toutes les personnes exigeantes dans leur développement personnel et professionnel en tant que spécialiste de la performance, de la réussite et du bien-être ».

Quelle transposition au tireur ?
L’interview d’A Bindra montre à nouveau combien un athlète de haut niveau ne se démarque pas seulement pas son niveau technique mais bien par sa capacité à gérer les situations de compétitions, c’est-à-dire à s’exprimer dans un contexte d’enjeu et d’émotions.
La capacité à accepter une situation pour mieux la gérer et s’y adapter est une compétence importante du sportif de haut niveau.
Combien de tireurs sortent du pas de tir en énumérant tout ce qui les a « empêché » de réaliser une performance, voire simplement de tirer ce qu’ils estiment être leur niveau : La température, le bruit, la lumière, la hauteur des cibles ou des tables, l’organisation…. Autant de facteurs sur lesquels ils n’ont pas de prise et qu’il faut donc accepter pour s’y adapter !
Quant au stress que nous définit Ludovic Savariello (qui accompagne des sportifs olympiques comme Elodie Clouvel), il ne doit pas être confondu avec l’émotion normale liée à la situation de compétition.
Il n’y a pas de compétiteurs dignes de ce nom sans émotion et là aussi il convient de l’accepter et de s’y adapter sans chercher à retrouver la sérénité du monde de l’entraînement lorsqu’on est dans le monde de la compétition.
J’illustre régulière ment cela au travers des 2 mondes du tir :
Le monde de l’entraînement est représenté par la planète Terre, sur laquelle je respire sans difficulté car il y a de l’oxygène et sur laquelle je suis stable grâce à la pesanteur maîtrisée car il y a de la gravité.
Le monde de la compétition est représenté par la planète Lune, sur laquelle j’ai des difficultés à respirer et à ralentir mon rythme cardiaque car il n’y a pas d’oxygène et sur laquelle je suis moins stable car j’évolue en apesanteur.

J’ai deux possibilités quand je suis sur la Lune :
Passer mon temps et dépenser mon énergie à retrouver les sensations d’être sur la Terre (sans y parvenir tout au long du match) ou accepter d’être sur la Lune et m’adapter à cette situation du mieux que je peux, sans faire de comparaison avec l’entraînement (La Terre).
Ces deux mondes se distinguent aussi sur le plan de la conscience :
L’entraînement est le monde de la conscience (pour apprendre) et la compétition est le monde du subconscient (pour réaliser).
Je ne doute pas que cela rappellera des souvenirs aux lecteurs assidus de mes newsletters et aux tireurs que j’accompagnent lors de stages ou de leur projet de sportif.
Mais il n’est pas vain de le rappeler régulièrement car ceci est contre nature humaine et comme l’a dit l’écrivain Nicolas BOILEAU :
« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ».
Bon courage et bon confinement … « Restez chez vous ! »
News Letter N° 65
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FAITES USAGE DE VOTRE ESPRIT D’ATHLETE
AVRIL 2020
 
Mental-Objectif-Perf .
LUDOVIC SAVARIELLO : LE STRESS
Il n’y a pas de bon ou de mauvais stress contrairement à ce que l’on peut lire ou entendre, il y en a juste un !

Et aussi paradoxal que cela puisse paraitre, le stress est bénéfique et même indispensable à notre survie. Il représente toute une organisation interne pilotée par le cerveau pour nous mettre en actions et rester en vie !
Imaginez, quelques instants, le stress comme une quantité de quelque chose dont le niveau est suivi par un curseur.
Lorsque le curseur est bas, le stress est inexistant. Vous êtes en phase d’inactivité ou de relaxation.
Montez un peu le curseur et la machine va se déclencher.
Montez-le encore plus haut et vous atteindrez le niveau optimum pour être efficace et performant face à l’évènement qui vous cause du stress.
Le stress c’est tout un processus mis en place pour répondre à une contrainte qui se déroule ici et maintenant.
Abhinav Bindra Champion olympique Carabine 10m et Ludovic Savariello, accompagnateur de la performance.
Alors que l’épidémie de COVID-19 continue de se propager dans le monde, Abhinav Bindra, médaillé d’or de l’Inde aux Jeux olympiques de tir et membre de la Commission des athlètes du CIO dispense ses conseils aux athlètes sur la gestion des répercussions de la pandémie sur votre quotidien….
Il est convaincu que les athlètes ont le pouvoir de s’adapter à la situation difficile à laquelle ils sont actuellement confrontés.
Il vous suggère également de profiter de la pandémie pour renouer avec vos proches.
LE CONFINEMENT
MAITRISER LE CURSEUR
Lorsqu’on parle de stress en pensant à quelque chose qui peut arriver, ce n’est pas du stress c’est de l’anxiété et ce n’est pas la même machine.
L’anxiété est une machine à pensées, le stress, quant à lui, une machine à tuer si elle s’est emballée.
Continuons donc encore à manipuler ce curseur du stress, dépassons maintenant ce niveau optimum et allons encore plus haut. Nous arrivons alors très vite dans la zone rouge. Bienvenue dans cette zone d’épuisement, d’anxiété, de colère, et de burn-out si vous continuez encore à monter.
Vous l’avez surement compris, l’idéal c’est de maitriser la hauteur du curseur, de ne pas atteindre la zone rouge et encore moins d’y rester. Normalement, le curseur du stress devrait monter de temps en temps dans la journée et redescendre aussitôt lorsque l’événement stressant est géré.
La nature n’avait pas prévu que le curseur reste souvent en haut et encore moins dans la zone rouge de façon permanente. Malheureusement, dans nos sociétés, les sources de stress sont nombreuses, variées et parfois permanentes.
ACCEPTEZ LA SITUATION
Évidemment, ce scénario est extrêmement difficile pour vous. Cette situation n’a rien d’idéal. Il ne faut absolument pas le nier. Normalement, en cette période, vous devriez être en train de vous entraîner de manière intensive. Mais maintenant, vous avez d’autres priorités.
« Je pense que le plus important est d’accepter la situation. Cette situation n’a rien d’idéal, mais je pense qu’il est essentiel de l’accepter. Je pense qu’il est très, très important de ne pas y résister. En effet, dans ce genre de situation, on peut créer beaucoup d’auto-résistance. Mais cela ne fera qu’empirer les choses. Mentalement, cela ne fera que vous affecter. Je pense qu’il faut accepter la situation, s’y adapter et essayer de faire de son mieux dans les circonstances données. C’est tout ce qu’on peut faire.
Cela va au-delà du sport
Je pense qu’il est très important de suivre les directives données par chaque gouvernement. Elles doivent être strictement respectées ; je suis convaincu que c’est fondamental. Si cela signifie que vous devez manquer un peu d’entraînement, vous devez le faire, vous devez faire ces sacrifices, parce que le scénario qui se présente à nous en ce moment dépasse la sphère du sport. C’est une question d’humanité, de vie, de responsabilité ».
MAITRISER SON STRESS
Pour dépasser la simple image du curseur, je vous propose un éclairage un peu plus scientifique, basé sur les neurosciences, avant de vous présenter des moyens simples pour maitriser votre niveau de stress.
Le stress commence donc par une sollicitation externe que vous pouvez voir, entendre, ressentir. Du coup, immédiatement le cerveau capte cet évènement. Et nous voilà partis dans une réaction en chaine :
La zone du cerveau centrale (l’hypothalamus) libère une hormone (la CRF).
Cette hormone va alerter une autre partie du cerveau (l’hypophyse) qui, elle aussi, va produire une autre hormone (l’ACTH).
L’ACTH va aller dans la circulation sanguine pour atteindre deux glandes sur les reins (glandes cortico-surrénales) qui, elles, vont produire du cortisol. C’est précisément ce cortisol qui va doper vos performances intellectuelles et physiques. C’est à ce niveau que le curseur est optimum. Seul problème, si cette exposition augmente et se prolonge, c’est un dopage prolongé qui va causer des dégâts listés ci-dessus.
Du coup, que faire quand le stress devient pathologique, en d’autres termes quand le curseur ne redescend plus ?
S’ADAPTER
« En tant qu’athlètes, vous devez toujours vous adapter pour atteindre le plus haut niveau de performance. Vous devez vous adapter à des variables que vous n’avez souvent jamais prises en compte. Vous devez vous adapter à des environnements changeants. Vous devez vous adapter à l’évolution des situations. Cette compétence d’adaptation, les athlètes de haut niveau la possèdent. Je pense que c’est probablement le moment pour tous les athlètes de puiser dans ces ressources.  Je pense que cette situation demande également de la patience et, encore une fois, c’est une qualité que vous avez en performant au plus haut niveau.
Vous devez vous adapter à l’évolution des situations. Cette compétence d’adaptation, les athlètes de haut niveau la possèdent. Je pense que c’est probablement le moment pour tous les athlètes de puiser dans ces ressources ».
TOUVER LE BONHEUR DANS LES PETITES CHOSES
« Cette situation vous donne aussi l’occasion de trouver du plaisir dans les petites choses de la vie. Vous pouvez passer du temps avec vos proches et tisser ou renouer des liens avec eux. En tant qu’athlètes, nous avons parfois tendance à ignorer le quotidien ou la vie normale. Cette situation vous donne l’occasion de profiter des petits plaisirs. C’est une situation très difficile, c’est évident, mais pour la traverser, il faut voir ces petits plaisirs et essayer d’en tirer du bonheur.
Dans des moments comme celui-ci, il faut garder un bon esprit et rester positif. On ne peut y parvenir, je pense, qu’en trouvant cette joie dans les petites choses. Peut-être est-ce quelque chose que vous n’avez pas eu le temps de faire au fil des ans ; vous pouvez y consacrer une partie du temps dont vous disposez »
LA RELAXATION
Replacez votre cerveau dans une situation dans laquelle le curseur était tout en bas (phase de relaxation). Pour cela, en position assise, pieds au sol, mains sur les cuisses, dos droit, tête droite, les yeux fermés, prenez conscience de votre respiration et inspirer - expirer par le nez uniquement. Progressivement rallongez votre expiration par rapport à l’inspiration : technique de yoga, vieille d’au moins 2600 ans et chère à Pantajali ! Faites cela pendant au moins 5 minutes. Les neurosciences ont montré qu’en expirant et inspirant par le nez c’est le système parasympathique qui est sollicité. Le système parasympathique est, en gros, la machine à ralentir ! Du coup, vous placez votre cerveau dans un contexte reconnu et la réaction en chaine du stress peut commencer à s’arrêter progressivement.
STOPPER LES PENSEES NEGATIVES

Vous avez compris que la réaction en chaine du stress se passe au départ dans le cerveau. Les pensées irrationnelles accompagnement ces moments de stress aussi ! Pour cela, des techniques comme le « switch » en Programmation Neuro-Linguistique (PNL) ou le recadrage sont très efficaces. En deux mots, vous faites un tour de passe-passe avec votre cerveau en remplaçant une image que vous n’aimez pas par une image vous procurant une sensation de relaxation et de bien-être.
ÊTRE SOCIALEMENT RESPONSABLE
« C’est aussi l’occasion pour la communauté sportive de se lever et d’agir de manière responsable. Je pense que les athlètes ont naturellement cet esprit et que, dans cette situation, ils feront tout ce qu’il faut pour contribuer à un retour à la vie normale.
Les réseaux sociaux et Internet sont une source d’information considérable mais aussi une source de désinformation majeure. Je pense qu’il est très, très important d’obtenir des informations exclusivement auprès de sources crédibles et fiables, que vous pourrez ensuite communiquer à vos fans ou vos publics sur les réseaux. C’est pourquoi je crois en l’importance de la plateforme Athlete365 en ce moment, parce qu’elle vous fournit des informations crédibles, à jour, sans aucune forme de spéculation. Je pense qu’il est très important de les suivre. »

CONTRÔLER LES SOURCES DE STRESS

Cela ne sert à rien de vouloir arrêter la réaction en chaine si vous ne vous attaquez pas aux sources qui ont causé cette réaction. Simplement, cela commence par se dire « stoppe, ça va trop loin ! ». Du coup reprendre la main sur son emploi du temps, déléguer des tâches à la maison ou au travail, reprendre possession de ce qui nous incombe et confier le reste à d’autres sont autant de moyens simples pour commencer à éliminer les sources du stress.
Si vous identifiez vos sources récurrentes de stress et si vous mettez en place une organisation journalière et une planification pour les éviter, alors vous vivrez mieux au quotidien.
Voilà, à vous de faire maintenant !
Sinon, si vous désirez découvrir d'autres techniques issues des neurosciences pour maitriser votre stress, rendez-vous sur le site de Ludovic Savariello.


Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette newsletter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenu mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Je vous propose ce mois-ci de convoquer le génie du rêve, stimuler la magie de l’imaginaire et nous appuyer sur la puissance de la visualisation. Voici quelques pistes pour activer notre étincelle créative.

News Letter N° 66
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DU RÊVE A LA CREATIVITE
Mai 2020
 
Mental-Objectif-Perf .
L’ENNUI CREATIF
RÊVE …VISUALISATION…CREATIVITE
J’ai rêvé que nous avions été confinés pendant 2 mois…
Je me réveille…  Et vous adresse cette 66ème NL
!

L’IMAGINATION AU POUVOIR
« Le réel, c’est quand on se cogne », affirmait Jacques Lacan. Bouillonnant durant l’enfance, entraîné par les jeux et l’ouverture inhérente à cette période de la vie, l’imaginaire, indispensable corollaire de la créativité, perd de son éclat à l’âge adulte. En cause, nos conditionnements, éducatifs et culturels, ainsi que nos freins personnels, tissés de peurs et de manque de confiance en soi. Du pouvoir des rêves à la visualisation créatrice, ouvrons grand les portes de l’imagination pour raviver ce souffle, capable de stimuler nos dons artistiques et de faire vibrer le quotidien.
La créativité se niche aussi dans les détails : une recette improvisée, une fête impromptue, un bouquet ensauvagé, une balade au hasard. À votre imagination !
LE RÊVE
N’oublions pas un outil précieux pour nourrir notre créativité : l’ennui. Nos emplois du temps surchargés (adultes comme enfants) et l’hyper connexion ont eu la peau de ce génial ferment de l’imaginaire. « Nous savons que le cerveau peut se modifier à grande vitesse.
Ce que nous ignorons, c’est ce qui se passe quand il n’y a plus de temps de récupération cérébrale », explique le psychiatre Antoine Pelissolo. Les plages d’ennui, à l’image d’une page blanche, laissent l’espace et donnent du souffle à l’imaginaire. Loin d’être accessoire, l’imaginaire, par la créativité qu’il déploie, nous permet de sortir de nos ornières. « C’est notre meilleur outil », soutient la psychologue et psychanalyste Diane Drory, spécialiste des troubles de la petite enfance, qui constate une alarmante perte de l’imaginaire chez les jeunes générations qui ne parviennent plus à créer, imaginer, se raccrochant à leur univers virtuel. Or, cet imaginaire fertile se construit quand on a du temps pour penser... et on pense quand on s’ennuie. Alors, rêvez, visualisez, improvisez, mais ennuyez-vous aussi !
Nous avons à notre disposition une formidable capacité pour nous aider à créer et matérialiser ce qui nous tient à cœur - une œuvre, un projet, un changement de cap...
Notre imaginaire, car c’est bien de lui qu’il s’agit, contient le mot image, anagramme de magie. Le rêve tisse une trame inattendue, saugrenue à première vue, en quête de résolutions inédites. Cette dernière, féconde, s’appuie sur notre fabuleuse faculté de visualisation.
Par la grâce de nos neurones miroirs, étudiés de près par les neurosciences, on sait à présent que visualiser quelque chose (une scène, un projet, une intention, etc.) a une action tangible ; la zone cérébrale associée s’active de la même façon que si nous réalisions concrètement cette chose.
« La visualisation créatrice est la technique qui utilise l’imagination afin de réaliser ses désirs. Elle n’a rien de nouveau, d’insolite ou d’étrange puisque chaque jour, à chaque instant, vous vous en servez. C’est la puissance naturelle de l’imagination, l’énergie créatrice fondamentale de l’univers à laquelle vous avez recours constamment, que vous en soyez conscient ou non », explique Shakti Gawain, auteure d’ouvrages sur le sujet.

Dans le cas de la visualisation créatrice, l’imagination permet de créer une image précise de ce que l’on désire voir se produire, se créer, puis de porter régulièrement attention à cette image ou idée, lui fournissant une énergie positive jusqu’à ce qu’elle devienne une réalité objective. Tout comme les enfants, maîtres dans cet art, on peut également incarner (en mouvement, en danse libre, en dessin, en écriture) ce que l’on souhaite créer à travers le « faire comme si ». Quand nous faisons « comme si » - en dansant, par exemple, notre voyage du héros, en écrivant, en dessinant ou en mettant en scène notre quête comme si elle était réalisée -, nous avons accès à la dimension symbolique.
On s’autorise à ce que cela soit du domaine du possible ; que l’on puisse s’imaginer et se représenter l’objet de notre désir.
La métaphore corporelle ou artistique convoque de puissantes énergies créatrices et laisse des traces dans la biologie profonde, jusque dans les circuits neuronaux du cerveau. L’image prend vie !

Créativité et visualisation dans le tir :

Si le propre du tireur est souvent de « rêver et d’espérer » sa performance plutôt que de la créer lorsqu’il est face à sa cible, il me semble important de recentrer le débat pour les tireurs en quête de  « solutions miracles » à leur problème de performance en match.
Je ne reviendrai pas ici sur ma conception des deux mondes (entrainement et compétition) qui induit souvent le tireur en erreur sur sa véritable valeur mais sur la posture à adopter selon le niveau du tireur :
Nous pratiquons un sport où il est « facile » d’accéder aux championnats de France, et par là même de côtoyer le haut niveau tout en en étant très éloigné.
Nous pratiquons aussi un sport où on peut faire une ou deux séries de 10 coups  très bonnes et transposer celles-ci à un match complet alors qu’il ne s’agit qu’une d’une suite de bons coups sur une courte durée.
Cela a pour conséquence de se croire capable de performance rêvée alors que le niveau technique et mental n’est pas en rapport avec le score espéré.
Un tireur non abouti doit impérativement se concentrer en compétition (c’est-à-dire porter son « Attention ») sur la mise en place de sa technique avant de chercher des progrès dans la dimension mentale du tir.
Dès que son niveau technique le permet, Il doit effectivement développer une posture mentale lui permettant d’utiliser ses acquits techniques en situation d’enjeu et d’émotion.
La créativité, le lâcher prise, le travail sur le subconscient par la visualisation et les états modifiés de conscience prennent alors tout leur sens.
On comprend aisément comment travailler une condition physique et comment travailler sa technique. Travailler le mental, c’est-à-dire agir sur son subconscient, gérer ses pensées, maîtriser son émotion, reste un domaine où l’incertitude est la règle.
Néanmoins les neurosciences ont permis et permettent de plus en plus de concevoir des outils et méthodes de travail pour que le subconscient participe à la performance en laissant un minimum de place au hasard du jour où tout allait bien.
Le Tir n’a pas fini de nous faire RÊVER !!
IMPROVISER POUR PLUS D’INVENTIVITE
La créativité ne relève pas que de l’art. Elle imprègne et dynamise toute la vie, en la connectant à son étincelle créatrice. Or, la routine et les conditionnements brident notre créativité naturelle, si vivante lorsqu’on est enfant, avant le « polissage » du système éducatif et de la vie en société. Nous avons tous le souvenir d’avoir bâti des mondes imaginaires, des royaumes merveilleux, faits de branches, de plumes et de cailloux... L’inspiration créative surgit de l’inédit, elle naît de l’imprévu. Improviser - à travers, par exemple, la pratique de l’improvisation théâtrale, de la danse libre ou encore du jeu - déploie notre être spontané et active notre cerveau préfrontal, synonyme d’inventivité et d’agilité. Des ressources si nécessaires dans notre monde en mutation. Ces approches nous ouvrent sur l’infini des possibles et la source vive de la créativité, qui rejaillit ensuite sur la vie courante. On découvre alors, à travers la mise en jeu du « je » en improvisation, des idées et des solutions originales capables d’aiguiser notre inventivité, asphyxiée par les contingences du quotidien. L’improvisation, qu’elle soit initiée par l’une des techniques évoquées ou qu’elle ensemence simplement le quotidien (en cuisine, par exemple, terrain rêvé de l’improvisation), nous invite à plonger dans l’émerveillement de l’inconnu, à se laisser surprendre par la richesse de ce qui émerge spontanément.

Léa Chapellier, formatrice en théâtre improvisé pour des publics variés, propose un exercice tout simple, accessible à tous : ne rien faire ! « En pratique, il s’agit d’être en observation, à l’arrêt. Laissez monter un mouvement spontané, sans rien précipiter, puis faites une nouvelle pause et attendez qu’un autre mouvement naturel advienne. L’idée est de laisser aller le corps là où il veut (aller) », explique-t-elle. C’est le meilleur moyen de défricher des nouvelles voies. En impro, ce qui se joue est une métaphore de la vie et l’improvisation, une clé pour la transformer. Par nature, le nouveau chasse l’ancien : tout ce qui tourne en boucle et crée du « même », figés que nous sommes dans des schémas hérités le plus souvent de blessures remontant à l’enfance.
N’oublions pas que l’inspiration créative surgit de l’inédit, elle naît de l’imprévu. C’est en expérimentant les choses « autrement », à travers l’instinct et l’intelligence de la spontanéité, que les ressources s’éveillent, que les solutions émergent et qu’au final, le changement s’opère. Une clé est de s’appuyer sur la puissance et la précision de l’intention, à poser au départ des explorations (en danse libre, en improvisation théâtrale, etc.). En favorisant la libre association de mouvements, de sensations, d’émotions ou encore d’imaginaires, les approches improvisées initient un dialogue avec l’inconscient, propice à l’éveil de l’intuition.
MATIERE A SONGER
« L’homme a du génie lorsqu’il rêve », affirmait le non moins génial cinéaste Akira Kurosawa. Depuis la nuit des temps, les rêves sont considérés comme des sources d’inspiration, de puissants outils de créativité ; de l’art à la science, en passant plus intimement par le développement de l’être. Cette ouverture magique, véritable traversée du miroir, permet un angle de vue décalé sur la réalité, les événements, les phénomènes. Que de destins, d’œuvres et d’inventions ont trouvé tout ou partie de leur inspiration dans la « levure » du rêve ; de La Divine Comédie de Dante à Ulysse de James Joyce, de la théorie de la relativité d’Einstein au choix de « carrière » de... Descartes, père pourtant du rationalisme ! Sur un plan créatif plus large, le rêve, véritable soupape, libère une énergie vitale formidable.

Cet harmonisateur fait bien plus que répéter ou classer.Il s’avère puissamment créatif, témoignant en cela d’une complète réorganisation cérébrale. En insérant de la créativité et de la fantaisie dans le scénario nocturne (les portes s’ouvrent toutes seules, l’argent tombe du ciel...), le rêve ouvre la voie à plus de flexibilité et d’inventivité dans le fil du quotidien. Tout comme pour le génie artistique, il arrive que le génie onirique flirte avec le surréalisme.
Mais cette exubérance créative aurait un sens ! En effet, pour le professeur Jacques Montangero, de l’université de Genève, auteur de nombreuses études sur le sujet, le mode d’expression délirant du rêve atteste que le cerveau en apprentissage sous-tend une phase d’exploration et de tâtonnements. Cette rumination serait d’une créativité débridée parce qu’elle agglomère et réorganise des éléments puisés dans le vaste stock de souvenirs et l’inventaire des émotions.
En entremêlant les fils de ces matériaux, le rêve tisse une trame inattendue, saugrenue à première vue, en quête de résolutions inédites. Le rêve aurait donc un rôle de stimulation de la créativité, d’où son aspect chaotique et abracadabrantesque, alors qu’il est plus structuré qu’il n’y paraît - autrement dit, il se met à simuler un monde fictif dans lequel les événements se déroulent, telle une « répétition générale », comme aime à dire Stephen Laberge, l’un des pionniers de l’étude scientifique du rêve lucide.
Cette créativité ébouriffante est une manière de rompre avec les routines. D’où les « eurêka » nocturnes. Pour éveiller le rêve et profiter pleinement de son génie créatif, on peut utilement le convier et, pourquoi pas, l’orienter. En s’appuyant sur les techniques d’induction antiques, « demandons » à nos rêves : de répondre à une problématique, d’inspirer des pistes créatives sur un sujet précis. Pour plus d’efficacité, on peut écrire la demande ou l’orientation souhaitée, en la résumant par une phrase précise ou un postulat simple. Pour que le rêve (nous) enseigne, une option est de le consigner dans un carnet dédié. Tout comme écrire son journal intime nous aide à saisir le sens et la cohérence de notre existence, tenir une chronique régulière de ses rêves est à même d’offrir un outil créatif d’évolution et de réalisation.
Certains se sont ainsi composés, au fil du temps, un véritable « Noctal », comme l’appelle la neurologue Isabelle Arnulf, responsable du laboratoire de sommeil à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière : un journal de nuit des rêves.

Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette newsletter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenu mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Une fois n’est pas coutume et je vous propose ce mois-ci de rendre hommage à la championne d’Europe 10m en titre, Bobana Velickovic qui viens de nous quitter …

Adieu Bobana
Une tragédie … une jeune sportive souriante qui décède après avoir mis au monde son premier enfant, quelques mois après avoir obtenu une nouvelle fois la gloire d’être championne d’Europe … Une tragédie qui marque le tir de haut niveau et ramène à la réalité, celle de la vie et de sa fragilité.
Un nouveau titre de championne d’Europe, un bébé, et tout d’un coup le néant pour elle et pour le monde du tir.
Cet événement tragique doit nous ramener à la réalité de notre vie et à sa fragilité :
Dans le sport, comme dans la vie, rien n’est jamais acquis, tout reste imprédictible et à ce titre il convient d’apprendre à vivre au présent, de vivre le présent et de l’apprécier car nul ne sait ce dont demain sera fait.
Que d’émotions, que de souffrances mentales, que d’interrogations nous fait vivre le tir au point qu’en compétition le tireur peut avoir la sensation qu’il joue sa vie à chaque plomb, à chaque balle … alors que ce n’est qu’un jeu et que la vie est tout autre… perdre une compétition et perdre la vie….
Aucune comparaison possible et pourtant… dans l’enjeu et dans l’émotion, notre cerveau ne fait pas toujours la différence, comme il ne fait pas la différence entre le réel et l’imaginaire.
Adieu Bobana, nous n’oublierons pas quelle championne tu étais mais surtout, dans les prochains moments difficiles de notre vie, de nos matches, nous n’oublierons pas que nous, nous sommes vivants… alors il y a des choses plus graves que cette compétition qui nous donne tant d’émotion ! Ton souvenir nous aidera sans aucun doute à RELATIVISER.


Championne du monde et d’Europe de tir au pistolet 10 mètres, Bobana Momcilovic-Velickovic est décédée à Belgrade à l'âge de 31 ans en raison de complications lors de la naissance de son enfant. Momcilovic-Velickovic souffrait de prééclampsie, un syndrome rare qui affecte les femmes enceintes et qui se caractérise par une constriction des vaisseaux sanguins dans tout le corps et une hypo-fusion de plusieurs organes.
Momcilovic-Velickovic avait participé à deux Jeux olympiques à Londres (2012) et à Rio De Janeiro (2016). Aux Championnats d'Europe de Wroclaw en février 2020, Momcilovic-Vevilickovic a remporté deux de ses huit titres continentaux individuellement et en équipe.

Bobana Momcilovic  Velickovic
News Letter N° 67
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LE DECES D’UNE CHAMPIONNE …
Juin 2020
 
Mental-Objectif-Perf .
Adieu Bobana
Plusieurs centaines de personnes ont assisté au dernier adieu de Bobana Momcilovic Velickovic au cimetière de Bor.
Zorana Arunovic a dit au revoir à Bobana avec un discours. Elle a rappelé à quel point Bobana avait joué un rôle important pour l'équipe nationale à la fois en tant qu'athlète et en tant que grande amie, combien elle aimait sa ville, sa famille et a terminé son discours avec les mots suivants :
« Dans le sport, on nous apprend qu’il y a toujours un gagnant et toujours un perdant, mais aujourd'hui nous perdons tous ».


Adieu Bobana !
La championne de tir sportif de la Serbie Bobana Velickovic est décédée à l’âge de 31 ans, plongeant le monde du sport dans le chagrin, pour cette perte injuste.
Velickovic a mis au monde son premier enfant trois semaines avant son décès, mais à la suite de complications, est tombée dans le coma et est décédée si jeune, laissant un grand vide dans le sport de la Serbie et de l’Europe.
Velickovic a commencé à tirer depuis toute petite et a réussi, après ses 20 ans, à être une athlète de premier rang dans toutes les compétitions internationales majeures. Elle a été championne mondiale en 2014, tandis que depuis 2010 elle a emporté neuf médailles d’or, deux médailles d’argent et trois médailles de bronze. Elle a participé pour la première fois à des Jeux Olympiques en 2012 à Londres, tandis qu’en 2016 aux Jeux Olympiques « Rio 2016 », elle a obtenu la 7ème place au pistolet à air comprimé 10m. Elle a également honoré de sa présence les Jeux Méditerranéens, vu sa participation aux organisations de 2013 à Mersin et de 2018 à Tarragone.
En plus de ses performances sportives, on se souviendra d’elle également pour sa personnalité, toujours simple, amicale et souriante.
La Famille Sportive Méditerranéenne est en deuil pour la perte de cette grande athlète de la Serbie.
Au nom de tous les membres du CIJM, nous vous prions d’accepter nos sincères condoléances et de témoigner notre solidarité à sa famille ainsi qu’à la Fédération de Tir Sportif de la Serbie, pour leur perte ».

Le Témoignage du Comité International des jeux Méditerranéens
Le Témoignage de l’ISSF
C'est avec une profonde tristesse que nous avons appris que Bobana Momcilovic Velickovic, multiple championne d'Europe de tir sportif, est décédée après une courte et grave maladie à Belgrade à l'âge de 31 ans.
Bobana Momcilovic Velickovic est née à Bor le 25 janvier 1990. Elle a commencé à pratiquer le tir à l'âge de neuf ans dans sa ville natale.
Lors de sa dernière compétition pour l'équipe nationale serbe, au championnat d'Europe de l'épreuve du 10m Air Pistol à Wroclaw 2020, elle a dominé la compétition individuelle. Elle a grandement contribué à remporter le titre par équipe et avec ces deux médailles d'or, elle est devenue l'une des participantes les plus titrées de la compétition.
Elle était l'un des meilleurs tireurs au pistolet au monde au 21e siècle. À presque tous les championnats d'Europe, elle s'est battue pour une médaille. Depuis 2010 et ses débuts en compétition senior à partir de onze participations, elle s'est qualifiée huit fois en finale. En plus de trois médailles d'or, elle a également remporté une médaille de bronze à Gyor en 2018.
Elle a participé aux Jeux Olympiques à deux reprises, à Londres en 2012 et à Rio de Janeiro en 2016, où elle a remporté la 7e place.
Elle a également été médaillée d'or et d'argent dans la compétition de Coupe du monde.
Bien qu'elle nous ait quittés trop tôt, Bobana Momcilovic Velickovic a marqué de façon indélébile l'histoire du sport de tir serbe et européen.
Nos plus sincères condoléances à la famille de Bobana, à ses amis et à la communauté des sports de tir de Serbie.