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Penser le Tir sportif autrement…..
Daniel GOBERVILLE  
News Letter
Daniel GOBERVILLE  5, rue du Colombier  60660 Cires les Mello  France  Téléphone : +33 6 08 17 06 74  informations@mental-objectif-perf.com
N° SIRET :791199326 00012   code NAF : 85005

Penser le Tir sportif autrement…..
Apprendre à  gérer ses émotions, sa motivation et ses objectifs…
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Penser le Tir autrement



News Letter N° 64
Mental-Objectif-Perf .
Confinement et Tir ?
Cette période de confinement perturbe nos habitudes et notre pratique du sport en général et du tir en particulier.
Nous n’avons tout d’abord aucune visibilité sur la saison d’été … les annulations et report de compétitions s’enchaînent au fil du temps qui passe : Les championnats, les Circuits nationaux, les compétitions internationales, les coupes du monde et même les JO  2020 qui auront lieu en 2021 !
La motivation est donc difficile à conserver, s’entraîner pour préparer quoi ??
Par ailleurs et c’est probablement le plus compliqué, s’entraîner comment ?
Il convient d’être imaginatif et créatif et de suivre un plan d’entraînement réunissant le travail des compétences nécessaires au tireur de compétition : La Technique, le Mental et la Condition Physique.
Pour la Préparation Technique, cela ira du tir réel sécurisé dans d’autres lieux que le stand de tir (domicile, jardin, lieu de travail…) au tir à sec et travail de tenues quand l’espace nécessaire n’existe pas.
Pour la préparation mentale, c’est une excellente occasion de s’initier ou de renforcer le travail sur soi et la gestion des pensées : Méditation de pleine conscience, visualisation mentale d’une séquence de tir, d’une posture, d’une compétition.
Quant à la préparation Physique, comme pour la préparation Technique cela ira de la pratique limitée et sécurisée en extérieur aux exercices à domicile basés notamment sur le gainage, le travail des muscles profonds (méthode Pilate) et sur la gestion de l’équilibre.
Mais le plus important et le bénéfice le plus grand que nous pouvons tirer de cette période de confinement est la posture que nous devons adopter, construire et renforcer pendant cette période de perte de liberté :
L’ACCEPTATION
C’est une posture indispensable en compétition et qui fait défaut à une grande majorité de tireurs :
Accepter la situation, c’est-à-dire ne pas porter inutilement son énergie (mentale et physique) sur ce qui n’est pas de son domaine gérable.
Il ne sert à rien de ruminer sur le confinement et sur sa perte de liberté car je n’ai aucune influence dans ce domaine.
Il en est de même dans le tir quand je focalise mon attention (et les explications de ma non performance) sur l’environnement (lumière sur les cibles et au pas de tir, hauteur des tables, couleur du stand, température, bruit, voisin…)  ou sur l’organisation (arbitrage, horaires de tir, accueil,  informations…).
Accepter la situation, c’est-à-dire porter son énergie (mentale et physique) sur ce qui est de son domaine gérable.
Ce confinement est l’occasion d’une part de développer sa capacité d’acceptation d’une situation et d’autre part d’apprendre à identifier les domaines sur lesquels je peux agir pour vivre le mieux possible cette période et pour mieux développer mes valeurs et mes compétences.
Il en est de même dans le tir quand je focalise mon attention sur mon comportement (séquence de tir, engagement du point dur, œil sur le guidon, appui en pression, tenue au départ du coup …) ou sur ma posture mentale (patient, actif, combattant …) plutôt que sur l’environnement.
Ce confinement est aussi l’occasion d’apprendre à vivre au présent car la projection dans l’avenir est impossible et incertaine et cette posture ne peut que générer de l’émotion négative.
Il en est de même dans le tir :
-  Quand je focalise mon attention sur le résultat que j’espère, sur le classement ou la performance nécessaire à l’accès à la qualification,
- Quand je suis dans le passé (sur le coup ou la série que je viens de tirer),
- Quand je suis dans l’avenir (la série que je vais faire si je tire bien les prochains coups, le total que je vais faire si je tire bien les prochaines séries…).
Tout cela au lieu de rester sur le comportement que je dois mettre en place pour tirer le coup présent !
Oui, comme disent certains : C’est un métier !
Bon courage et bon confinement … « Restez chez vous ! »
Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette News Letter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenu mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Je vous propose ce mois-ci de nous intéresser à l’actualité au travers d’un article de l’INREES publié par Martine Maillard dans le Magazine « Air du Temps »
.
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Confinement : De la peur a l’engagement
Mars 2020
 
ACCEPTER : UNE STRATEGIE GAGNANTE
« Lutter contre une réalité qui s’impose à nous est contre-productif ! » assène le psychiatre.

Si un premier réflexe est de la refuser en bloc, il est bien plus habile de faire avec ce qui ne peut être évité ou changé.

Le Dr Bourgognon ajoute : « Nous sommes pris dans un courant plus fort que nous ! L’accepter, c’est ne pas « lutter contre » mais plutôt « faire corps avec » pour ne pas couler et pouvoir arriver quelque part ». Ça consiste à changer de posture face à l’adversité, à sortir du mode réactif. En phase de confinement, peut-être que le mieux que nous pouvons faire est de ne pas aggraver la situation avec nos réactions, même si la tentation de transgresser les consignes nous traverse.

Comment s’y prendre ? La première étape consiste à s’installer dans le moment présent et à se désengager du mode réactif habituel, c’est-à-dire de la tendance à vouloir que les choses soient différentes de ce qu’elles sont. Il s’agit de reconnaître la réalité de la situation, et les émotions que cette réalité génère en nous. Les reconnaître va éviter qu’elles agissent à votre insu.
Pour vous y aider, voici une mini-méditation appelée les « 5 R » qui propose une démarche claire et systématique pour faire face à l’adversité.


Le COVID-19
Ce terme qui sonne comme le glas de notre liberté sous-entendrait une plus vaste réalité.

Une occasion inespérée d’aller à la rencontre de nos émotions et travailler l’acceptation, avec l’aide de la méditation.
Ainsi, plutôt que de se confronter aux confins de notre liberté de mouvement, considérons ce moment comme un tremplin vers notre exploration intérieure.
Confinement !
Le mot est tombé avec effet immédiat en France, le Mardi 17 Mars 2020 à 12 h.

Presque désuet, hier encore, il s’est imposé dans notre réalité avec force, nous sommant de « Rester chez nous », avec des consignes, qui au fil des jours tendent à devenir drastiques, pour cause de pandémie galopante.

La situation s’avère résolument inédite, radicale, menaçante, chamboulant tous nos repères, qui plus est pour un temps indéterminé, et entraîne inévitablement de nombreux remous… intérieurs.

Puisque c’est bien de ça dont il s’agit : rester à l’intérieur.
« Sauvez des vies : restez chez vous », nous martèlent les instances gouvernementales, et les soignants.
Une immense responsabilité, et un véritable défi qu’il va bien nous falloir relever.

Bonne nouvelle, de nombreuses initiatives « collectives » ont fleuri sous l’impulsion du printemps naissant, entre cours de yoga en ligne, méditations ou mantras, rendez-vous rituels au balcon à 20h en soutien aux soignants…

Toutes ont pour objectif d’être en lien, se soutenir, s’amuser, s’occuper, s’évader de la réalité du confinement… face à l’urgence sanitaire.

Toutefois, « confinement » oblige, c’est aussi une aventure intérieure à laquelle nous convie cet épisode qui restera dans les annales sous le nom de Covid-19, où nous allons faire face à bien des obstacles, affronter nos peurs et découvrir dans ce temps de l’intime ce qu’il est vraiment de notre engagement dans cette grande mutation...

Confins : « Au Vème siècle av. J.-C, l'historien Hérodote dessina une carte du monde afin de pouvoir structurer le monde dans lequel il vit. (...) on peut apercevoir les confins, les extrémités que l'historien qualifie comme les lieux les plus beaux et rares. Cependant il caractérise également ces lointaines contrées de sauvages. En effet ces peuples inconnus ne partagent pas les mêmes normes, le même mode de vie que ceux qui vivent au centre.
D'un côté l'historien reste fasciné face à ces terres et de l'autre ces fameux confins le déroutent.
»


LE CONFINEMENT
MEDITATION : LES « 5R »
Ralentir, ou même s’arrêter.
Regarder :
Quelle est la situation ?
Quelle est mon expérience (pensées, émotions, sensations) ?
Respirer :
Recentrer son attention sur les sensations physiques de la respiration.
Reconnaître :
Élargir le champ de conscience à la globalité de l’expérience.
Qu’est-ce qui ne peut être évité ou changé ?
Répondre :
Choisir sa réponse plutôt que réagir automatiquement.
DONNER DU SENS AU CONFINEMENT
Derrière ce défi à relever intérieurement en solo, se profile également un autre enjeu : le collectif. La pandémie se répand inexorablement sur la planète, et le confinement s’impose sur des territoires de plus en plus nombreux.
Que vous soyez seul, en couple, ou en famille, en réalité, cet évènement se vit à une grande échelle.
De notre engagement collectif va dépendre l’issue positive. Bien plus qu’un simple conseil de développement personnel, ou spirituel, il semblerait que se présente une authentique opportunité de revenir à l’essentiel, de remettre nos valeurs au premier plan, et de nous engager collectivement.
Ce fameux passage du « Je » au « Nous ».
« Les valeurs représentent ce qui est important pour soi ; elles sont à comprendre comme des directions à suivre et non comme des objectifs à atteindre. » précise le psychiatre.

En pratique : Prenez un temps intérieur pour identifier vos valeurs ; l’altruisme, la tolérance, la disponibilité, la loyauté, la générosité, la flexibilité… C’est à chacun de définir ce qui est important pour soi dans sa vie. Puis, de nos modèles, avant de nous retrouver, ensemble, dans la chaleur de notre humanité pour partager nos rêves d’un monde différent, quand la pandémie sera derrière nous.

Ce qui va immanquablement arriver. posez-vous la question : « Qu’est-ce que je peux faire d’utile, pour avancer en cohérence avec mes valeurs, dans cette réalité-là ? Comment mettre mon énergie au bon endroit, faire ma part de colibri, pour ma famille, mes proches, ma communauté, mon immeuble… ».
Plus que jamais, il importe de garder le cap et de continuer à avancer - ne serait-ce qu’en faisant de tout petits pas - dans une direction qui a du sens pour nous.
« Au final, et quelle que soit notre situation, il n’y a pas de réponse plus puissante que de regarder la réalité du moment bien en face, d’accepter ce qui doit l’être, et de continuer - du mieux possible - d’agir en direction de ce qui nous importe. » conclut le Dr François Bourgognon.

Par ailleurs, face à notre obligation d’isolement, une clé importante est de garder les yeux bien ouverts sur tout ce qui va éclairer ce passage, comme le fleurissement d’initiatives pour rester en lien, et solidaires, témoins de notre impérieuse soif à être ensemble, et la possibilité d’une nouvelle vision collective.
Ce temps de retour à soi, peut aussi être le terreau de remises en question de nos valeurs, de nos comportements, pour un profond changement.
UN CORTEGE D’EMOTIONS
Briser un miroir, c’est 7 ans de malheur
Cette superstition remonte à l’Empire romain. Les Romains pensaient que les miroirs reflétaient leur apparence physique mais aussi leur âme. Ils craignaient donc d’abîmer leur âme en brisant le miroir. Les sept années correspondaient, pour eux, à un cycle de vie. Il fallait donc attendre sept ans pour que leur âme se régénère. « Nous sommes traversés par un cortège d’émotions, la peur la tristesse, la confusion, la culpabilité, comme celle de devoir rester loin de sa famille, l’ennui, la frustration, des sentiments d’abandon et de solitude... » énumère le docteur François Bourgognon, psychiatre, psychothérapeute, formateur en Méditation de Pleine Conscience.

Si nous avons dû faire face à la sidération dans un premier temps, le ciel de notre météo émotionnel s’est fortement couvert ; nombreux sont ceux qui osent en témoigner sur les réseaux, ou lors de conversations « distanciées ». Comment pourrait-il en être autrement ?

Alors que notre société, hier encore, fonçait à vive allure vers ce qu’on pressentait… sa chute, entre désordre climatique, effondrement, et mutation annoncée, sans qu’on sache bien qu’elle forme elle allait prendre, nous voilà tous à l’arrêt, confinés, face à des menaces tels que la contamination, l’isolement, ou le fantôme d’une pénurie alimentaire, voire d’une crise économique majeure.

« Cette situation paraît presque irréelle, par son côté spectaculaire ! Et à l’évidence, nous n’y étions absolument pas préparés » soutient le psychiatre.

Tenter de les maintenir à distance n’est pas une bonne stratégie, à long terme.

Si l’émergence de peurs archaïques est loin d’être confortable, comme en témoignent certains épisodes comme l’exode des parisiens en province, et la ruée dans les hypermarchés, les reconnaître est tout à fait sain.

« Nous devons faire face à une terrible réalité sur laquelle nous n’avons qu’une prise très partielle - à commencer par le respect des règles d’hygiène et des mesures de confinement - et qui va nous demander du courage » décode le Dr Bourgognon.

À l’inverse, le déni, ou l’évitement, ne vont pas faire disparaître la situation, et peut même entraîner des comportements irresponsables, comme nous avons pu le voir, et dangereux pour soi, et la communauté !


Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette newsletter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenu mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Je vous propose ce mois-ci de nous intéresser à l’actualité au travers d’une interview d'Abhinav Bindra,
CHAMPION OLYMPIQUE DANS LA DISCIPLINE CARABINE 10M À RIO ET DE  LUDOVIC SAVARIELLO, COACH MENTAL QUI DÉFINIT AINSI SA MISSION SUR SON SITE : « accompagner les entrepreneurs, les sportifs de haut niveau, les artistes, les hommes politiques et toutes les personnes exigeantes dans leur développement personnel et professionnel en tant que spécialiste de la performance, de la réussite et du bien-être ».

Quelle transposition au tireur ?
L’interview d’A Bindra montre à nouveau combien un athlète de haut niveau ne se démarque pas seulement pas son niveau technique mais bien par sa capacité à gérer les situations de compétitions, c’est-à-dire à s’exprimer dans un contexte d’enjeu et d’émotions.
La capacité à accepter une situation pour mieux la gérer et s’y adapter est une compétence importante du sportif de haut niveau.
Combien de tireurs sortent du pas de tir en énumérant tout ce qui les a « empêché » de réaliser une performance, voire simplement de tirer ce qu’ils estiment être leur niveau : La température, le bruit, la lumière, la hauteur des cibles ou des tables, l’organisation…. Autant de facteurs sur lesquels ils n’ont pas de prise et qu’il faut donc accepter pour s’y adapter !
Quant au stress que nous définit Ludovic Savariello (qui accompagne des sportifs olympiques comme Elodie Clouvel), il ne doit pas être confondu avec l’émotion normale liée à la situation de compétition.
Il n’y a pas de compétiteurs dignes de ce nom sans émotion et là aussi il convient de l’accepter et de s’y adapter sans chercher à retrouver la sérénité du monde de l’entraînement lorsqu’on est dans le monde de la compétition.
J’illustre régulière ment cela au travers des 2 mondes du tir :
Le monde de l’entraînement est représenté par la planète Terre, sur laquelle je respire sans difficulté car il y a de l’oxygène et sur laquelle je suis stable grâce à la pesanteur maîtrisée car il y a de la gravité.
Le monde de la compétition est représenté par la planète Lune, sur laquelle j’ai des difficultés à respirer et à ralentir mon rythme cardiaque car il n’y a pas d’oxygène et sur laquelle je suis moins stable car j’évolue en apesanteur.

J’ai deux possibilités quand je suis sur la Lune :
Passer mon temps et dépenser mon énergie à retrouver les sensations d’être sur la Terre (sans y parvenir tout au long du match) ou accepter d’être sur la Lune et m’adapter à cette situation du mieux que je peux, sans faire de comparaison avec l’entraînement (La Terre).
Ces deux mondes se distinguent aussi sur le plan de la conscience :
L’entraînement est le monde de la conscience (pour apprendre) et la compétition est le monde du subconscient (pour réaliser).
Je ne doute pas que cela rappellera des souvenirs aux lecteurs assidus de mes newsletters et aux tireurs que j’accompagnent lors de stages ou de leur projet de sportif.
Mais il n’est pas vain de le rappeler régulièrement car ceci est contre nature humaine et comme l’a dit l’écrivain Nicolas BOILEAU :
« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ».
Bon courage et bon confinement … « Restez chez vous ! »
News Letter N° 65
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FAITES USAGE DE VOTRE ESPRIT D’ATHLETE
AVRIL 2020
 
Mental-Objectif-Perf .
LUDOVIC SAVARIELLO : LE STRESS
Il n’y a pas de bon ou de mauvais stress contrairement à ce que l’on peut lire ou entendre, il y en a juste un !

Et aussi paradoxal que cela puisse paraitre, le stress est bénéfique et même indispensable à notre survie. Il représente toute une organisation interne pilotée par le cerveau pour nous mettre en actions et rester en vie !
Imaginez, quelques instants, le stress comme une quantité de quelque chose dont le niveau est suivi par un curseur.
Lorsque le curseur est bas, le stress est inexistant. Vous êtes en phase d’inactivité ou de relaxation.
Montez un peu le curseur et la machine va se déclencher.
Montez-le encore plus haut et vous atteindrez le niveau optimum pour être efficace et performant face à l’évènement qui vous cause du stress.
Le stress c’est tout un processus mis en place pour répondre à une contrainte qui se déroule ici et maintenant.
Abhinav Bindra Champion olympique Carabine 10m et Ludovic Savariello, accompagnateur de la performance.
Alors que l’épidémie de COVID-19 continue de se propager dans le monde, Abhinav Bindra, médaillé d’or de l’Inde aux Jeux olympiques de tir et membre de la Commission des athlètes du CIO dispense ses conseils aux athlètes sur la gestion des répercussions de la pandémie sur votre quotidien….
Il est convaincu que les athlètes ont le pouvoir de s’adapter à la situation difficile à laquelle ils sont actuellement confrontés.
Il vous suggère également de profiter de la pandémie pour renouer avec vos proches.
LE CONFINEMENT
MAITRISER LE CURSEUR
Lorsqu’on parle de stress en pensant à quelque chose qui peut arriver, ce n’est pas du stress c’est de l’anxiété et ce n’est pas la même machine.
L’anxiété est une machine à pensées, le stress, quant à lui, une machine à tuer si elle s’est emballée.
Continuons donc encore à manipuler ce curseur du stress, dépassons maintenant ce niveau optimum et allons encore plus haut. Nous arrivons alors très vite dans la zone rouge. Bienvenue dans cette zone d’épuisement, d’anxiété, de colère, et de burn-out si vous continuez encore à monter.
Vous l’avez surement compris, l’idéal c’est de maitriser la hauteur du curseur, de ne pas atteindre la zone rouge et encore moins d’y rester. Normalement, le curseur du stress devrait monter de temps en temps dans la journée et redescendre aussitôt lorsque l’événement stressant est géré.
La nature n’avait pas prévu que le curseur reste souvent en haut et encore moins dans la zone rouge de façon permanente. Malheureusement, dans nos sociétés, les sources de stress sont nombreuses, variées et parfois permanentes.
ACCEPTEZ LA SITUATION
Évidemment, ce scénario est extrêmement difficile pour vous. Cette situation n’a rien d’idéal. Il ne faut absolument pas le nier. Normalement, en cette période, vous devriez être en train de vous entraîner de manière intensive. Mais maintenant, vous avez d’autres priorités.
« Je pense que le plus important est d’accepter la situation. Cette situation n’a rien d’idéal, mais je pense qu’il est essentiel de l’accepter. Je pense qu’il est très, très important de ne pas y résister. En effet, dans ce genre de situation, on peut créer beaucoup d’auto-résistance. Mais cela ne fera qu’empirer les choses. Mentalement, cela ne fera que vous affecter. Je pense qu’il faut accepter la situation, s’y adapter et essayer de faire de son mieux dans les circonstances données. C’est tout ce qu’on peut faire.
Cela va au-delà du sport
Je pense qu’il est très important de suivre les directives données par chaque gouvernement. Elles doivent être strictement respectées ; je suis convaincu que c’est fondamental. Si cela signifie que vous devez manquer un peu d’entraînement, vous devez le faire, vous devez faire ces sacrifices, parce que le scénario qui se présente à nous en ce moment dépasse la sphère du sport. C’est une question d’humanité, de vie, de responsabilité ».
MAITRISER SON STRESS
Pour dépasser la simple image du curseur, je vous propose un éclairage un peu plus scientifique, basé sur les neurosciences, avant de vous présenter des moyens simples pour maitriser votre niveau de stress.
Le stress commence donc par une sollicitation externe que vous pouvez voir, entendre, ressentir. Du coup, immédiatement le cerveau capte cet évènement. Et nous voilà partis dans une réaction en chaine :
La zone du cerveau centrale (l’hypothalamus) libère une hormone (la CRF).
Cette hormone va alerter une autre partie du cerveau (l’hypophyse) qui, elle aussi, va produire une autre hormone (l’ACTH).
L’ACTH va aller dans la circulation sanguine pour atteindre deux glandes sur les reins (glandes cortico-surrénales) qui, elles, vont produire du cortisol. C’est précisément ce cortisol qui va doper vos performances intellectuelles et physiques. C’est à ce niveau que le curseur est optimum. Seul problème, si cette exposition augmente et se prolonge, c’est un dopage prolongé qui va causer des dégâts listés ci-dessus.
Du coup, que faire quand le stress devient pathologique, en d’autres termes quand le curseur ne redescend plus ?
S’ADAPTER
« En tant qu’athlètes, vous devez toujours vous adapter pour atteindre le plus haut niveau de performance. Vous devez vous adapter à des variables que vous n’avez souvent jamais prises en compte. Vous devez vous adapter à des environnements changeants. Vous devez vous adapter à l’évolution des situations. Cette compétence d’adaptation, les athlètes de haut niveau la possèdent. Je pense que c’est probablement le moment pour tous les athlètes de puiser dans ces ressources.  Je pense que cette situation demande également de la patience et, encore une fois, c’est une qualité que vous avez en performant au plus haut niveau.
Vous devez vous adapter à l’évolution des situations. Cette compétence d’adaptation, les athlètes de haut niveau la possèdent. Je pense que c’est probablement le moment pour tous les athlètes de puiser dans ces ressources ».
TOUVER LE BONHEUR DANS LES PETITES CHOSES
« Cette situation vous donne aussi l’occasion de trouver du plaisir dans les petites choses de la vie. Vous pouvez passer du temps avec vos proches et tisser ou renouer des liens avec eux. En tant qu’athlètes, nous avons parfois tendance à ignorer le quotidien ou la vie normale. Cette situation vous donne l’occasion de profiter des petits plaisirs. C’est une situation très difficile, c’est évident, mais pour la traverser, il faut voir ces petits plaisirs et essayer d’en tirer du bonheur.
Dans des moments comme celui-ci, il faut garder un bon esprit et rester positif. On ne peut y parvenir, je pense, qu’en trouvant cette joie dans les petites choses. Peut-être est-ce quelque chose que vous n’avez pas eu le temps de faire au fil des ans ; vous pouvez y consacrer une partie du temps dont vous disposez »
LA RELAXATION
Replacez votre cerveau dans une situation dans laquelle le curseur était tout en bas (phase de relaxation). Pour cela, en position assise, pieds au sol, mains sur les cuisses, dos droit, tête droite, les yeux fermés, prenez conscience de votre respiration et inspirer - expirer par le nez uniquement. Progressivement rallongez votre expiration par rapport à l’inspiration : technique de yoga, vieille d’au moins 2600 ans et chère à Pantajali ! Faites cela pendant au moins 5 minutes. Les neurosciences ont montré qu’en expirant et inspirant par le nez c’est le système parasympathique qui est sollicité. Le système parasympathique est, en gros, la machine à ralentir ! Du coup, vous placez votre cerveau dans un contexte reconnu et la réaction en chaine du stress peut commencer à s’arrêter progressivement.
STOPPER LES PENSEES NEGATIVES

Vous avez compris que la réaction en chaine du stress se passe au départ dans le cerveau. Les pensées irrationnelles accompagnement ces moments de stress aussi ! Pour cela, des techniques comme le « switch » en Programmation Neuro-Linguistique (PNL) ou le recadrage sont très efficaces. En deux mots, vous faites un tour de passe-passe avec votre cerveau en remplaçant une image que vous n’aimez pas par une image vous procurant une sensation de relaxation et de bien-être.
ÊTRE SOCIALEMENT RESPONSABLE
« C’est aussi l’occasion pour la communauté sportive de se lever et d’agir de manière responsable. Je pense que les athlètes ont naturellement cet esprit et que, dans cette situation, ils feront tout ce qu’il faut pour contribuer à un retour à la vie normale.
Les réseaux sociaux et Internet sont une source d’information considérable mais aussi une source de désinformation majeure. Je pense qu’il est très, très important d’obtenir des informations exclusivement auprès de sources crédibles et fiables, que vous pourrez ensuite communiquer à vos fans ou vos publics sur les réseaux. C’est pourquoi je crois en l’importance de la plateforme Athlete365 en ce moment, parce qu’elle vous fournit des informations crédibles, à jour, sans aucune forme de spéculation. Je pense qu’il est très important de les suivre. »

CONTRÔLER LES SOURCES DE STRESS

Cela ne sert à rien de vouloir arrêter la réaction en chaine si vous ne vous attaquez pas aux sources qui ont causé cette réaction. Simplement, cela commence par se dire « stoppe, ça va trop loin ! ». Du coup reprendre la main sur son emploi du temps, déléguer des tâches à la maison ou au travail, reprendre possession de ce qui nous incombe et confier le reste à d’autres sont autant de moyens simples pour commencer à éliminer les sources du stress.
Si vous identifiez vos sources récurrentes de stress et si vous mettez en place une organisation journalière et une planification pour les éviter, alors vous vivrez mieux au quotidien.
Voilà, à vous de faire maintenant !
Sinon, si vous désirez découvrir d'autres techniques issues des neurosciences pour maitriser votre stress, rendez-vous sur le site de Ludovic Savariello.


Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette newsletter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenu mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Je vous propose ce mois-ci de convoquer le génie du rêve, stimuler la magie de l’imaginaire et nous appuyer sur la puissance de la visualisation. Voici quelques pistes pour activer notre étincelle créative.

News Letter N° 66
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DU RÊVE A LA CREATIVITE
Mai 2020
 
Mental-Objectif-Perf .
L’ENNUI CREATIF
RÊVE …VISUALISATION…CREATIVITE
J’ai rêvé que nous avions été confinés pendant 2 mois…
Je me réveille…  Et vous adresse cette 66ème NL
!

L’IMAGINATION AU POUVOIR
« Le réel, c’est quand on se cogne », affirmait Jacques Lacan. Bouillonnant durant l’enfance, entraîné par les jeux et l’ouverture inhérente à cette période de la vie, l’imaginaire, indispensable corollaire de la créativité, perd de son éclat à l’âge adulte. En cause, nos conditionnements, éducatifs et culturels, ainsi que nos freins personnels, tissés de peurs et de manque de confiance en soi. Du pouvoir des rêves à la visualisation créatrice, ouvrons grand les portes de l’imagination pour raviver ce souffle, capable de stimuler nos dons artistiques et de faire vibrer le quotidien.
La créativité se niche aussi dans les détails : une recette improvisée, une fête impromptue, un bouquet ensauvagé, une balade au hasard. À votre imagination !
LE RÊVE
N’oublions pas un outil précieux pour nourrir notre créativité : l’ennui. Nos emplois du temps surchargés (adultes comme enfants) et l’hyper connexion ont eu la peau de ce génial ferment de l’imaginaire. « Nous savons que le cerveau peut se modifier à grande vitesse.
Ce que nous ignorons, c’est ce qui se passe quand il n’y a plus de temps de récupération cérébrale », explique le psychiatre Antoine Pelissolo. Les plages d’ennui, à l’image d’une page blanche, laissent l’espace et donnent du souffle à l’imaginaire. Loin d’être accessoire, l’imaginaire, par la créativité qu’il déploie, nous permet de sortir de nos ornières. « C’est notre meilleur outil », soutient la psychologue et psychanalyste Diane Drory, spécialiste des troubles de la petite enfance, qui constate une alarmante perte de l’imaginaire chez les jeunes générations qui ne parviennent plus à créer, imaginer, se raccrochant à leur univers virtuel. Or, cet imaginaire fertile se construit quand on a du temps pour penser... et on pense quand on s’ennuie. Alors, rêvez, visualisez, improvisez, mais ennuyez-vous aussi !
Nous avons à notre disposition une formidable capacité pour nous aider à créer et matérialiser ce qui nous tient à cœur - une œuvre, un projet, un changement de cap...
Notre imaginaire, car c’est bien de lui qu’il s’agit, contient le mot image, anagramme de magie. Le rêve tisse une trame inattendue, saugrenue à première vue, en quête de résolutions inédites. Cette dernière, féconde, s’appuie sur notre fabuleuse faculté de visualisation.
Par la grâce de nos neurones miroirs, étudiés de près par les neurosciences, on sait à présent que visualiser quelque chose (une scène, un projet, une intention, etc.) a une action tangible ; la zone cérébrale associée s’active de la même façon que si nous réalisions concrètement cette chose.
« La visualisation créatrice est la technique qui utilise l’imagination afin de réaliser ses désirs. Elle n’a rien de nouveau, d’insolite ou d’étrange puisque chaque jour, à chaque instant, vous vous en servez. C’est la puissance naturelle de l’imagination, l’énergie créatrice fondamentale de l’univers à laquelle vous avez recours constamment, que vous en soyez conscient ou non », explique Shakti Gawain, auteure d’ouvrages sur le sujet.

Dans le cas de la visualisation créatrice, l’imagination permet de créer une image précise de ce que l’on désire voir se produire, se créer, puis de porter régulièrement attention à cette image ou idée, lui fournissant une énergie positive jusqu’à ce qu’elle devienne une réalité objective. Tout comme les enfants, maîtres dans cet art, on peut également incarner (en mouvement, en danse libre, en dessin, en écriture) ce que l’on souhaite créer à travers le « faire comme si ». Quand nous faisons « comme si » - en dansant, par exemple, notre voyage du héros, en écrivant, en dessinant ou en mettant en scène notre quête comme si elle était réalisée -, nous avons accès à la dimension symbolique.
On s’autorise à ce que cela soit du domaine du possible ; que l’on puisse s’imaginer et se représenter l’objet de notre désir.
La métaphore corporelle ou artistique convoque de puissantes énergies créatrices et laisse des traces dans la biologie profonde, jusque dans les circuits neuronaux du cerveau. L’image prend vie !

Créativité et visualisation dans le tir :

Si le propre du tireur est souvent de « rêver et d’espérer » sa performance plutôt que de la créer lorsqu’il est face à sa cible, il me semble important de recentrer le débat pour les tireurs en quête de  « solutions miracles » à leur problème de performance en match.
Je ne reviendrai pas ici sur ma conception des deux mondes (entrainement et compétition) qui induit souvent le tireur en erreur sur sa véritable valeur mais sur la posture à adopter selon le niveau du tireur :
Nous pratiquons un sport où il est « facile » d’accéder aux championnats de France, et par là même de côtoyer le haut niveau tout en en étant très éloigné.
Nous pratiquons aussi un sport où on peut faire une ou deux séries de 10 coups  très bonnes et transposer celles-ci à un match complet alors qu’il ne s’agit qu’une d’une suite de bons coups sur une courte durée.
Cela a pour conséquence de se croire capable de performance rêvée alors que le niveau technique et mental n’est pas en rapport avec le score espéré.
Un tireur non abouti doit impérativement se concentrer en compétition (c’est-à-dire porter son « Attention ») sur la mise en place de sa technique avant de chercher des progrès dans la dimension mentale du tir.
Dès que son niveau technique le permet, Il doit effectivement développer une posture mentale lui permettant d’utiliser ses acquits techniques en situation d’enjeu et d’émotion.
La créativité, le lâcher prise, le travail sur le subconscient par la visualisation et les états modifiés de conscience prennent alors tout leur sens.
On comprend aisément comment travailler une condition physique et comment travailler sa technique. Travailler le mental, c’est-à-dire agir sur son subconscient, gérer ses pensées, maîtriser son émotion, reste un domaine où l’incertitude est la règle.
Néanmoins les neurosciences ont permis et permettent de plus en plus de concevoir des outils et méthodes de travail pour que le subconscient participe à la performance en laissant un minimum de place au hasard du jour où tout allait bien.
Le Tir n’a pas fini de nous faire RÊVER !!
IMPROVISER POUR PLUS D’INVENTIVITE
La créativité ne relève pas que de l’art. Elle imprègne et dynamise toute la vie, en la connectant à son étincelle créatrice. Or, la routine et les conditionnements brident notre créativité naturelle, si vivante lorsqu’on est enfant, avant le « polissage » du système éducatif et de la vie en société. Nous avons tous le souvenir d’avoir bâti des mondes imaginaires, des royaumes merveilleux, faits de branches, de plumes et de cailloux... L’inspiration créative surgit de l’inédit, elle naît de l’imprévu. Improviser - à travers, par exemple, la pratique de l’improvisation théâtrale, de la danse libre ou encore du jeu - déploie notre être spontané et active notre cerveau préfrontal, synonyme d’inventivité et d’agilité. Des ressources si nécessaires dans notre monde en mutation. Ces approches nous ouvrent sur l’infini des possibles et la source vive de la créativité, qui rejaillit ensuite sur la vie courante. On découvre alors, à travers la mise en jeu du « je » en improvisation, des idées et des solutions originales capables d’aiguiser notre inventivité, asphyxiée par les contingences du quotidien. L’improvisation, qu’elle soit initiée par l’une des techniques évoquées ou qu’elle ensemence simplement le quotidien (en cuisine, par exemple, terrain rêvé de l’improvisation), nous invite à plonger dans l’émerveillement de l’inconnu, à se laisser surprendre par la richesse de ce qui émerge spontanément.

Léa Chapellier, formatrice en théâtre improvisé pour des publics variés, propose un exercice tout simple, accessible à tous : ne rien faire ! « En pratique, il s’agit d’être en observation, à l’arrêt. Laissez monter un mouvement spontané, sans rien précipiter, puis faites une nouvelle pause et attendez qu’un autre mouvement naturel advienne. L’idée est de laisser aller le corps là où il veut (aller) », explique-t-elle. C’est le meilleur moyen de défricher des nouvelles voies. En impro, ce qui se joue est une métaphore de la vie et l’improvisation, une clé pour la transformer. Par nature, le nouveau chasse l’ancien : tout ce qui tourne en boucle et crée du « même », figés que nous sommes dans des schémas hérités le plus souvent de blessures remontant à l’enfance.
N’oublions pas que l’inspiration créative surgit de l’inédit, elle naît de l’imprévu. C’est en expérimentant les choses « autrement », à travers l’instinct et l’intelligence de la spontanéité, que les ressources s’éveillent, que les solutions émergent et qu’au final, le changement s’opère. Une clé est de s’appuyer sur la puissance et la précision de l’intention, à poser au départ des explorations (en danse libre, en improvisation théâtrale, etc.). En favorisant la libre association de mouvements, de sensations, d’émotions ou encore d’imaginaires, les approches improvisées initient un dialogue avec l’inconscient, propice à l’éveil de l’intuition.
MATIERE A SONGER
« L’homme a du génie lorsqu’il rêve », affirmait le non moins génial cinéaste Akira Kurosawa. Depuis la nuit des temps, les rêves sont considérés comme des sources d’inspiration, de puissants outils de créativité ; de l’art à la science, en passant plus intimement par le développement de l’être. Cette ouverture magique, véritable traversée du miroir, permet un angle de vue décalé sur la réalité, les événements, les phénomènes. Que de destins, d’œuvres et d’inventions ont trouvé tout ou partie de leur inspiration dans la « levure » du rêve ; de La Divine Comédie de Dante à Ulysse de James Joyce, de la théorie de la relativité d’Einstein au choix de « carrière » de... Descartes, père pourtant du rationalisme ! Sur un plan créatif plus large, le rêve, véritable soupape, libère une énergie vitale formidable.

Cet harmonisateur fait bien plus que répéter ou classer.Il s’avère puissamment créatif, témoignant en cela d’une complète réorganisation cérébrale. En insérant de la créativité et de la fantaisie dans le scénario nocturne (les portes s’ouvrent toutes seules, l’argent tombe du ciel...), le rêve ouvre la voie à plus de flexibilité et d’inventivité dans le fil du quotidien. Tout comme pour le génie artistique, il arrive que le génie onirique flirte avec le surréalisme.
Mais cette exubérance créative aurait un sens ! En effet, pour le professeur Jacques Montangero, de l’université de Genève, auteur de nombreuses études sur le sujet, le mode d’expression délirant du rêve atteste que le cerveau en apprentissage sous-tend une phase d’exploration et de tâtonnements. Cette rumination serait d’une créativité débridée parce qu’elle agglomère et réorganise des éléments puisés dans le vaste stock de souvenirs et l’inventaire des émotions.
En entremêlant les fils de ces matériaux, le rêve tisse une trame inattendue, saugrenue à première vue, en quête de résolutions inédites. Le rêve aurait donc un rôle de stimulation de la créativité, d’où son aspect chaotique et abracadabrantesque, alors qu’il est plus structuré qu’il n’y paraît - autrement dit, il se met à simuler un monde fictif dans lequel les événements se déroulent, telle une « répétition générale », comme aime à dire Stephen Laberge, l’un des pionniers de l’étude scientifique du rêve lucide.
Cette créativité ébouriffante est une manière de rompre avec les routines. D’où les « eurêka » nocturnes. Pour éveiller le rêve et profiter pleinement de son génie créatif, on peut utilement le convier et, pourquoi pas, l’orienter. En s’appuyant sur les techniques d’induction antiques, « demandons » à nos rêves : de répondre à une problématique, d’inspirer des pistes créatives sur un sujet précis. Pour plus d’efficacité, on peut écrire la demande ou l’orientation souhaitée, en la résumant par une phrase précise ou un postulat simple. Pour que le rêve (nous) enseigne, une option est de le consigner dans un carnet dédié. Tout comme écrire son journal intime nous aide à saisir le sens et la cohérence de notre existence, tenir une chronique régulière de ses rêves est à même d’offrir un outil créatif d’évolution et de réalisation.
Certains se sont ainsi composés, au fil du temps, un véritable « Noctal », comme l’appelle la neurologue Isabelle Arnulf, responsable du laboratoire de sommeil à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière : un journal de nuit des rêves.

Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette newsletter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenu mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Une fois n’est pas coutume et je vous propose ce mois-ci de rendre hommage à la championne d’Europe 10m en titre, Bobana Velickovic qui viens de nous quitter …

Adieu Bobana
Une tragédie … une jeune sportive souriante qui décède après avoir mis au monde son premier enfant, quelques mois après avoir obtenu une nouvelle fois la gloire d’être championne d’Europe … Une tragédie qui marque le tir de haut niveau et ramène à la réalité, celle de la vie et de sa fragilité.
Un nouveau titre de championne d’Europe, un bébé, et tout d’un coup le néant pour elle et pour le monde du tir.
Cet événement tragique doit nous ramener à la réalité de notre vie et à sa fragilité :
Dans le sport, comme dans la vie, rien n’est jamais acquis, tout reste imprédictible et à ce titre il convient d’apprendre à vivre au présent, de vivre le présent et de l’apprécier car nul ne sait ce dont demain sera fait.
Que d’émotions, que de souffrances mentales, que d’interrogations nous fait vivre le tir au point qu’en compétition le tireur peut avoir la sensation qu’il joue sa vie à chaque plomb, à chaque balle … alors que ce n’est qu’un jeu et que la vie est tout autre… perdre une compétition et perdre la vie….
Aucune comparaison possible et pourtant… dans l’enjeu et dans l’émotion, notre cerveau ne fait pas toujours la différence, comme il ne fait pas la différence entre le réel et l’imaginaire.
Adieu Bobana, nous n’oublierons pas quelle championne tu étais mais surtout, dans les prochains moments difficiles de notre vie, de nos matches, nous n’oublierons pas que nous, nous sommes vivants… alors il y a des choses plus graves que cette compétition qui nous donne tant d’émotion ! Ton souvenir nous aidera sans aucun doute à RELATIVISER.


Championne du monde et d’Europe de tir au pistolet 10 mètres, Bobana Momcilovic-Velickovic est décédée à Belgrade à l'âge de 31 ans en raison de complications lors de la naissance de son enfant. Momcilovic-Velickovic souffrait de prééclampsie, un syndrome rare qui affecte les femmes enceintes et qui se caractérise par une constriction des vaisseaux sanguins dans tout le corps et une hypo-fusion de plusieurs organes.
Momcilovic-Velickovic avait participé à deux Jeux olympiques à Londres (2012) et à Rio De Janeiro (2016). Aux Championnats d'Europe de Wroclaw en février 2020, Momcilovic-Vevilickovic a remporté deux de ses huit titres continentaux individuellement et en équipe.

Bobana Momcilovic  Velickovic
News Letter N° 67
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LE DECES D’UNE CHAMPIONNE …
Juin 2020
 
Mental-Objectif-Perf .
Adieu Bobana
Plusieurs centaines de personnes ont assisté au dernier adieu de Bobana Momcilovic Velickovic au cimetière de Bor.
Zorana Arunovic a dit au revoir à Bobana avec un discours. Elle a rappelé à quel point Bobana avait joué un rôle important pour l'équipe nationale à la fois en tant qu'athlète et en tant que grande amie, combien elle aimait sa ville, sa famille et a terminé son discours avec les mots suivants :
« Dans le sport, on nous apprend qu’il y a toujours un gagnant et toujours un perdant, mais aujourd'hui nous perdons tous ».


Adieu Bobana !
La championne de tir sportif de la Serbie Bobana Velickovic est décédée à l’âge de 31 ans, plongeant le monde du sport dans le chagrin, pour cette perte injuste.
Velickovic a mis au monde son premier enfant trois semaines avant son décès, mais à la suite de complications, est tombée dans le coma et est décédée si jeune, laissant un grand vide dans le sport de la Serbie et de l’Europe.
Velickovic a commencé à tirer depuis toute petite et a réussi, après ses 20 ans, à être une athlète de premier rang dans toutes les compétitions internationales majeures. Elle a été championne mondiale en 2014, tandis que depuis 2010 elle a emporté neuf médailles d’or, deux médailles d’argent et trois médailles de bronze. Elle a participé pour la première fois à des Jeux Olympiques en 2012 à Londres, tandis qu’en 2016 aux Jeux Olympiques « Rio 2016 », elle a obtenu la 7ème place au pistolet à air comprimé 10m. Elle a également honoré de sa présence les Jeux Méditerranéens, vu sa participation aux organisations de 2013 à Mersin et de 2018 à Tarragone.
En plus de ses performances sportives, on se souviendra d’elle également pour sa personnalité, toujours simple, amicale et souriante.
La Famille Sportive Méditerranéenne est en deuil pour la perte de cette grande athlète de la Serbie.
Au nom de tous les membres du CIJM, nous vous prions d’accepter nos sincères condoléances et de témoigner notre solidarité à sa famille ainsi qu’à la Fédération de Tir Sportif de la Serbie, pour leur perte ».

Le Témoignage du Comité International des jeux Méditerranéens
Le Témoignage de l’ISSF
C'est avec une profonde tristesse que nous avons appris que Bobana Momcilovic Velickovic, multiple championne d'Europe de tir sportif, est décédée après une courte et grave maladie à Belgrade à l'âge de 31 ans.
Bobana Momcilovic Velickovic est née à Bor le 25 janvier 1990. Elle a commencé à pratiquer le tir à l'âge de neuf ans dans sa ville natale.
Lors de sa dernière compétition pour l'équipe nationale serbe, au championnat d'Europe de l'épreuve du 10m Air Pistol à Wroclaw 2020, elle a dominé la compétition individuelle. Elle a grandement contribué à remporter le titre par équipe et avec ces deux médailles d'or, elle est devenue l'une des participantes les plus titrées de la compétition.
Elle était l'un des meilleurs tireurs au pistolet au monde au 21e siècle. À presque tous les championnats d'Europe, elle s'est battue pour une médaille. Depuis 2010 et ses débuts en compétition senior à partir de onze participations, elle s'est qualifiée huit fois en finale. En plus de trois médailles d'or, elle a également remporté une médaille de bronze à Gyor en 2018.
Elle a participé aux Jeux Olympiques à deux reprises, à Londres en 2012 et à Rio de Janeiro en 2016, où elle a remporté la 7e place.
Elle a également été médaillée d'or et d'argent dans la compétition de Coupe du monde.
Bien qu'elle nous ait quittés trop tôt, Bobana Momcilovic Velickovic a marqué de façon indélébile l'histoire du sport de tir serbe et européen.
Nos plus sincères condoléances à la famille de Bobana, à ses amis et à la communauté des sports de tir de Serbie.

Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

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Je vous propose ce mois-ci de partager un article de Lionel PITTET, journaliste pour le magazine « LE TEMPS » sur « L’Incertitude, la nouvelle norme olympique »

La Certitude de l’Incertitude dans le Tir
S’il est un sport dans lequel on n’est jamais sûr de rien, dans lequel la performance est des plus imprédictible, c’est bien le Tir.

En effet, la capacité à gérer des émotions et des pensées est beaucoup plus aléatoire que de gérer une condition physique. Il est beaucoup plus difficile de gérer l’activité de son cerveau qu’une activité musculaire.

C’est la grande différence entre les sports à dominance physique et dans lesquels le mental va être un plus à la performance et les sports à dominance mentale, dans lesquels la performance est principalement issue de la gestion de son cerveau.

Nous évoluons dans un monde où chacun veut de la prévision, de la certitude afin de s’exonérer de toutes responsabilités dans ses décisions.

La prise de risque, l’entreprenariat, l’aventure sont des valeurs que l’évolution de notre société ne promeut pas et ne récompense pas.

Il n’est pas question de débattre ici de cette évolution de notre société et de la responsabilité de la politique menée
par nos gouvernements précédents, mais de tirer une leçon de la COVID-19 qui a balayé toutes les prévisions (économiques, financières, politiques) et changé notre mode de vie.

Comme dans le sport et particulièrement dans les sports à dominance mentale, rien n’est jamais acquis et tout peut être remis en question à tout instant.

Chaque coup tiré peut remettre définitivement en question la performance, même et surtout le dernier des 60 ou 120 coups voire du dernier de finale (n’est-ce pas Monsieur Emmons) !

C’est ce qui fait la beauté et la difficulté de notre sport dans lequel on ne peut réussir que si l’on intègre bien en soi que la capacité à « prendre des risques » (par opposition à vouloir assurer chaque coup) et à « lâcher prise » (par opposition à vouloir contrôler sa séquence de tir) sont des valeurs à promouvoir pour la performance en compétition… sinon le tireur restera le champion de l’entraînement !

Le tireur de compétition est amené à vivre dans le doute permanent et doit appréhender positivement cette certitude de l’incertitude qu’il va vivre dans on match, au cours de sa saison et tout au long de sa carrière sportive.

Le champion est celui qui va évoluer le mieux dans ce monde de doute et d’incertitude au point tel qu’il ne va plus se poser de questions ou du moins que ces questions naturelles ne perturberont pas son comportement.

L’époque que nous vivons face à la COVID-19, que personne n’avait imaginée et anticipée, est une belle source de réflexion comportementale.
Dans certains pays comme l’Inde, les habitants ont le choix entre mourir de faim et prendre le risque de la COVID-19.

En Europe nous n’avons pas les mêmes problèmes et notre prise de risque doit s’inscrire entre la prise de risque inconsciente (comme certaines images de rassemblements festifs à la télé) à l’hyper sécurisation du repli sur soi-même par l’immobilisme et la paralysie.

En politique comme dans le tir, il n’y a jamais de bonnes solutions dans les extrêmes et la prise de risque est indispensable :

Si je sécurise totalement ma visée, mon lâcher ne se fera pas parfaitement, si je sécurise totalement mon lâcher, ma visée ne sera pas suffisamment précise pour toucher la zone désirée… alors entre la peste et le choléra, la COVID-19 vient de nous rappeler que la vie est une suite d’incertitude et que l’aseptisation sous toute ses formes de notre société a pour conséquence sa fragilité… entre la peste et le choléra, je choisis de vivre avec la Certitude que tout est Incertitude.

Je me dois donc me préparer pour la saison prochaine, pour les championnats de France, pour les JO avec cette Certitude en moi qu’il est Incertain qu’ils aient lieux.

Je ne me pose pas la question, je ne vis pas et je ne m’entraîne pas exclusivement pour un but mais pour le chemin qui m’y conduira… peut être !

« Le but n’est pas le but, c’est la voie » (Lao Tseu)
La cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques 2020 aurait dû se tenir le vendredi 23 juillet. Le Nouveau Stade national de Tokyo garni de 68?000 spectateurs éblouis. Le défilé de quelque 11?000 athlètes émus représentant 206 pays. Un spectacle magnifique, bien sûr, et des mots inspirants prononcés au nom du rapprochement des peuples. Mais cette fête, chacun le sait, a été reportée à cause de la pandémie de la Covid-19.
Elle doit désormais se dérouler le 23 juillet 2021, Tokyo ayant maintenant pour vocation de devenir « le lieu où l’humanité se réunira après son triomphe contre la Covid-19 ». Mais même ce projet - exprimé ces derniers temps tant par le directeur de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, que par le premier ministre japonais, Shinzo Abe - a désormais du plomb dans l’aile.
En Europe, les mesures de confinement et les restrictions de déplacement tendent à se réduire, mais à l’échelle planétaire la situation sanitaire ne s’améliore pas. La propagation du virus demeure galopante aux Etats-Unis, au Brésil ou en Inde, et elle est même plus forte que jamais dans des pays jusqu’ici relativement épargnés comme… le Japon. Dans ce contexte, la perspective des Jeux olympiques n’enthousiasme plus la population. Deux sondages ont révélé en début de semaine que seul un tiers de la population japonaise était favorable à la tenue de la manifestation en 2021, le reste hésitant à parts plus ou moins égales entre un nouveau report - qu’exclut radicalement le CIO - et l’annulation pure et simple.

Les JO 2020 en 2021 ??
News Letter N° 68
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SAVOIR SE RECENTRER SUR L’ESSENTIEL
Juillet 2020
 
Mental-Objectif-Perf .
Pas de JO sans vaccin ?
LA CERTITUDE DE L’INCERTITUDE
Interview de Christophe DUBI
« Nous avons plus que jamais besoin de nous retrouver lors des Jeux Olympiques. » Directeur exécutif des Jeux olympiques, Christophe Dubi évoque les conséquences du renvoi de Tokyo 2020 à 2021, et le travail « titanesque » accompli par les équipes du CIO pour anticiper l’évolution de la crise sanitaire et ses conséquences sur l’événement.

Quel est votre état d’esprit, alors que les JO auraient dû débuter à Tokyo ce vendredi ?
Il y a bien sûr la déception de ne pas pouvoir montrer ce qui avait été préparé, et qui était formidable. Mais je comprends aussi que ce n’était pas possible dans les circonstances actuelles et, enfin, je me réjouis déjà des Jeux qui auront lieu dans une année, car nous avons plus que jamais besoin du symbole fort de tous nous retrouver au même endroit, pour ce qui est le plus grand événement du monde en temps de paix.

Deux tiers des Japonais se sont prononcés dans des sondages pour un nouveau report ou une annulation des Jeux. Comment interprétez-vous cette défiance populaire ?
A l’heure où le pays enregistre beaucoup de nouveaux cas, je comprends que certaines personnes se posent des questions. Mais moi, je lis les résultats de ces sondages différemment : seul un tiers des Japonais est favorable à l’annulation des Jeux. Les deux tiers souhaitent qu’ils aient lieu, que ce soit en 2021 ou plus tard. C’est donc une large majorité de la population qui attend cet événement, et je trouve cela encourageant, car la mission du CIO n’est pas d’annuler les Jeux mais de les organiser, et nous sommes engagés à 150% pour le faire.

Mais en 2021, pas plus tard : le CIO exclurait un nouveau report.
Pourquoi ?

Les renvoyer de 2020 à 2021 a complètement chamboulé les calendriers sportifs, les cycles à l’œuvre dans les différentes disciplines. Le faire une nouvelle fois impliquerait beaucoup de complications, notamment en termes d’incertitude dans les carrières des athlètes. Sur le plan économique également, ce ne serait pas facile, ne serait-ce que pour garantir la disponibilité des infrastructures. Et nous partons du principe qu’en 2021, la situation sanitaire sera meilleure qu’aujourd’hui. Si cela devait ne pas être le cas, il faudra bien sûr rasseoir tout le monde autour d’une table et trouver des solutions.

En quoi consiste votre travail à l’heure actuelle ?
Etablir des plans A, B, C et D ?

C’est plus compliqué que ça. Nous sommes dans une phase où nous cherchons à comprendre la situation, la manière dont elle peut évoluer dans les différents domaines, et les conséquences opérationnelles que cela aurait pour l’organisation des Jeux. A ce jour, nous avons confirmé le plan de base, avec la disponibilité de toutes les infrastructures sportives, du village olympique, des centres de presse, des 42?000 chambres d’hôtel nécessaires, etc. A partir de là, nous essayons d’anticiper les variantes susceptibles de se produire. Ce qui est clair, c’est que la priorité numéro 1 sera de garantir la santé et la sécurité de tous les participants aux Jeux. Tout découlera de cela : les mesures à respecter sur place, les moyens de désinfection mis à disposition, la capacité des transports, l’occupation des infrastructures par le public…

Des Jeux olympiques à huis clos sont envisageables ?
Nous refusons de spéculer sur des cas de figure extrêmes, comme l’annulation des Jeux ou le huis clos.
Craignez-vous que la crise actuelle retienne des villes de faire acte de candidature pour les prochaines éditions des JO ?
Les villes ont très bien compris que désormais, conformément au projet de l’Agenda 2020, les Jeux olympiques permettent de servir les intérêts d’une région, donc je ne suis pas inquiet. Nous avons beaucoup de villes intéressées pour les prochaines éditions et aucune n’a interrompu les discussions en cours à cause de la pandémie.

Des passants portant un masque devant le compte à rebours avant les JO de Tokyo, …            Le 23 juin 2020. - © REUTERS/Issei Kato
Le président du comité d’organisation, Yoshiro Mori, n’évite lui-même plus le sujet. « Si la situation demeure telle qu’elle l’est en ce moment, nous ne pourrons pas organiser les Jeux », a-t-il admis ce mercredi dans une interview au groupe audiovisuel NHK. Le développement « d’un vaccin ou d’un médicament » contre la Covid-19, a-t-il insisté, est primordial.
Cette défiance ne concerne pas que les Jeux olympiques. En football, quelques-unes des 12 villes appelées à accueillir des matchs du Championnat d’Europe des nations 2020, lui aussi repoussé à l’été 2021, ont hésité à se retirer, jusqu’à pousser l’UEFA à élaborer des scénarios de secours… avant que le plan initial ne soit confirmé. En ski alpin, les organisateurs locaux ont demandé à repousser les Championnats du monde de Cortina d’Ampezzo de 2021 à 2022… avant d’accepter de faire comme prévu pour ne pas provoquer d’effet domino sur le calendrier.
Dans toutes les disciplines, l’enjeu est de s’adapter à une nouvelle réalité qui ne semble pas près de s’étioler. Spécialiste de l’olympisme, Jean-Loup Chappelet est ainsi convaincu que le CIO et le Japon feront « tout ce qui est en leur pouvoir » pour qu’il se passe « quelque chose » dans l’Archipel l’été prochain. Il propose un détour historique :
« En 1920, la pandémie de grippe espagnole venait d’entraîner 50 millions de morts mais les Jeux n’ont jamais été remis en cause. La Première Guerre mondiale venait de se terminer et il fallait organiser l’événement pour exister dans la nouvelle époque qui débutait. Je pense que le mouvement olympique se trouve dans le même état d’esprit : il doit faire la démonstration de son importance. »
Black Mirror à Disney World
Le monde du sport international dans son ensemble doit relever le même défi. Il s’agit de gérer l’incertitude, et d’accepter les compromis. Pour pouvoir lancer le Tour de France cycliste le 29 août, les organisateurs ont dû élaborer différentes stratégies plus ou moins restrictives vis-à-vis des spectateurs, et se montrer prêts à passer rapidement de l’une à l’autre en fonction de l’évolution de la crise. Pour terminer la saison de NBA dans une Amérique du Nord rongée par la pandémie, les patrons de la ligue ont accepté de mettre les équipes « sous cloche », à Disney World, ce qui il y a quelques mois encore aurait pu constituer la trame d’un épisode de la série d’anticipation Black Mirror.
Petit à petit, les responsables acceptent de se recentrer sur l’essentiel, à savoir organiser leurs compétitions, pour pouvoir les « vendre » à des sponsors et à des diffuseurs, quitte à devoir se passer des recettes de la billetterie et de la plus-value apportée au spectacle par les supporters. Beaucoup de ceux qui se pinçaient le nez à l’évocation de huis clos ont fini par s’habituer à l’odeur.
Le sujet reste tabou pour les plus grandes compétitions. Le président du CIO, Thomas Bach, a répété il y a une semaine que le huis clos pour les JO était « clairement quelque chose dont on ne veut pas ». Pour combien de temps ? « Le CIO finira peut-être par y venir quand même, estime Jean-Loup Chappelet. La plupart des spectateurs voient les Jeux à la télévision, pas en direct, et dans l’optique de préserver les contrats signés avec les différents partenaires, il vaudrait mieux des JO sans public que pas de JO du tout. Mais ce n’est pas une option qu’on veut mettre en avant pour l’instant, parce que tout le monde, à commencer par les athlètes, préfère qu’il y ait des spectateurs sur place. »

Si les juristes entrent en piste…
Contactée par Le Temps, l’UEFA refuse aussi d’envisager un Euro 2021 à huis clos. « Il est attendu que tous les matchs se déroulent en présence de spectateurs », écrit l’instance, qui précise qu’elle reste en contact avec ses villes hôtes ainsi que les autorités locales et internationales compétentes pour évaluer la situation en direct. La dispersion des stades à travers tout le continent ne simplifie pas la tâche, tant les pays ne sont pas égaux devant la propagation du Covid-19. L’Azerbaïdjan, où l’équipe de Suisse doit disputer deux de ses trois matchs du premier tour, en est à son second confinement pour tenter de freiner le nombre de contaminations.
Au Japon, il est d’ores et déjà établi que le report des Jeux olympiques entraînera un important surcoût de 2 à 6 milliards de dollars. « Mais à l’heure actuelle, ce n’est plus vraiment la question primordiale, note Jean-Loup Chappelet. Car si l’événement est annulé, ce sont les juristes qui vont entrer en scène au sujet de tous les contrats non respectés et là, tout sera vraiment très compliqué. »

News Letter N° 69
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Mental-Objectif-Perf .
« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé »
Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette newsletter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenu mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.
Je n’ai pas eu le cœur, en cette fin de mois à travailler sur un thème particulier lié à la performance et j’ai choisi de vous faire partager ce moment de vie si difficile qu’est la mort d’un être cher … en l’occurrence ma chatte MITSOU.

Au-delà de l’enseignement que l’on peut en tirer, c’est aussi pour moi une façon de lui témoigner toute l’importance qu’elle a eu dans une partie de ma vie.


VIVRE L’INSTANT PRESENT
Au-delà de cette situation totalement personnelle (et donc censée n’intéresser que moi) et que nombre de personnes aimant les animaux vivent, cela doit nous ramener à l’importance de l’instant présent.
La vie moderne, les sollicitations multi-tâches permanentes de nos moyens de communication, nous éloignent constamment du moment présent.
Nous ne savons plus, naturellement, profiter de ces instants si riches et si éphémères de la présence ou du partage avec ceux que nous aimons.
Rien de grave en soi car notre cerveau trouve ses récompenses ailleurs sauf que, lorsque l’un de ces êtres chers disparait …. Il vous manque et tout est dépeuplé, pour reprendre un vers bien connu de Lamartine.
Le temps aidera à amoindrir la douleur de l’absence mais il existe une autre conséquence sur le tireur sportif.
La posture du multi-tâches, la posture tournée vers le passé (le plomb tiré) ou vers l’avenir (le score que je vais faire) au détriment de l’instant présent (le plomb que je tire)  est à l’opposé de ce que demande l’acte de tir : Vivre le moment présent, focaliser son attention sur la coordination visée-lâcher sans la contrôler consciemment, savoir lâcher prise sur le passé et et l’avenir pour avoir toute son attention sur cet instant présent où le coup part… on nomme cela généralement « la concentration », mais ce mot recouvre en fait une posture d’attention et de présence sur  le moment décisif du résultat.
Comme le traduit Céline, ce moment qui fait peur mais qu’il faut affronter avec courage car il est le synonyme de la performance.
Oui, l’acte de tir performant demande, sur le plan mental, une présence forte sur l’instant présent, le courage d’affronter et de vivre ce moment décisif du départ du coup qui va sanctionner le résultat présent et futur.
La méditation de pleine conscience, déjà évoquée dans d’autres newsletters est l’un des chemins conduisant à la posture requise pour l’expression performante de l’acte de tir.
Gérer ses pensées, présence à l’instant présent, focalisation de l’attention sont des compétences que le champion a plus ou moins naturellement mais qu’il peut développer et renforcer par certaines pratiques comme la méditation de pleine conscience.
Merci Mitsou, tu m’as permis de parler de toi et d’amener une pierre à l’édifice de la performance !
 
MITSOU … ADIEU MA PETITE REINE …
Aout 2020
 
LE MOP et MOPSOU
Mitsou est née en mars 2008 et a toujours été une chatte avec un caractère fort et c’est probablement ce que j’ai aimé en elle, au-delà de tout l’amour qu’elle pouvait me témoigner chaque jour et que je lui rendais… notamment en cédant à tous ses caprices … au grand dam de mes filles qui n’ont pas reçu la même éducation !

Moi qui n’avais jamais eu de chat dans ma vie, qui en avais un peu peur et qui n’en voulais pas, quand ma femme a ramené Mitsou à la maison, j’ai été rapidement conquis par son intelligence. Mitsou qui semblait vouloir comprendre et partager les activités humaines : le jardinage, les jeux de ballons, les parties de cache-cache, les bagarres, les sprints dans le jardin…

Comme nombre d’animaux avec qui on échange régulièrement, elle avait appris à comprendre un bon nombre de mots et de phrases avec leur intonation.

Mais surtout, elle avait un caractère fort et une volonté sans faille quand elle voulait quelque chose, sachant utiliser tous les stratagèmes possibles (gratter la porte puis le lit sans fin, ouvrir les portes d’armoires et de placards pour en vider le contenu… et je lui pardonnais tout !

Vous l’aurez compris, pour reprendre les mots de Céline, c’était une reine qui pouvait vous remercier d’un coup de patte ou passer à côté de vous sans vous jeter un regard quand elle avait obtenu ce qu’elle voulait ! Digne et Indépendante.
Le 24 août dernier, après un combat de 3 mois contre une maladie qui produisait une inflammation de ses poumons et réduisait progressivement sa capacité respiratoire, j’ai dû prendre la décision de mettre un terme à ce combat qui transformait progressivement son chemin de vie en un chemin de souffrance.

Décision tellement difficile sur le plan affectif, mais tellement indiscutable sur le plan de l’amour que je lui portais (et que je continue à lui porter) pour qu’elle ne souffre pas …

MITSOU
Les tireurs du MOP que je suivais par Skype ont tous connu Mitsou qui passait régulièrement devant l’écran de mon PC.

Elle se couchait ensuite sur le clavier quand elle estimait que je devais m’occuper d’elle et interrompre l’entretien !

Il en était de même quand je passais trop de temps à rédiger mails et programmes d’entraînements !
C’est ainsi qu’elle est devenue la mascotte du MOP sous le nom d’une peluche que l’on avait baptisée « MOPSOU » et qui nous accompagnait lors de nos compétitions !
Elle avait même son effigie en forme de porte-clefs grâce à Michel Schammel, qui les avait trouvés pour nous rappeler ma petite reine !

C’est ainsi que Mitsou faisait partie de la famille du MOP !



Si l’on se tourne vers les spiritualités de l’Orient, qui ont des grilles de lecture intéressantes concernant les phénomènes mentaux, on ne trouve pas le concept d’émotion tel qu’il est dépeint chez nous.

C’est le terme sanskrit klesha, signifiant « passions » ou « afflictions », qui est utilisé le plus souvent dans le bouddhisme comme dans le Yoga sutra.
Klesha sous-entend souffrance, cependant, il est aussi possible d’en faire le terreau de l’évolution, pour peu que l’on en comprenne le fonctionnement.

Pour cela, il faut envisager comment se crée le moi, ou ego, celui qui va réagir dans l’expérience et ressentir les émotions : « Il est un vaste tissage des mémoires du monde qui fait qu’en un lieu de conjonctions apparaît : moi », explique l’enseignement millénaire indien, le Samkhya Karika.

Ce moi entre en interaction avec tout ce qui est autre que lui-même, à l’aide de ses cinq sens et de ses mémoires
C’est ici qu’apparaissent les passions, les « émotions », les jugements de ce que nous rencontrons.
Les cinq sens, c’est le corps qui « discrimine » immédiatement les sensations en agréables ou non, neutres éventuellement.
Il aura tendance à vouloir réitérer ce qu’il apprécie et fuir le reste ; ici se crée une mémoire, qui s’associe aux anciennes qui nous constituent, nos vies antérieures.
Ainsi, nous avons une polarité intrinsèque qui oscille entre désir et peur face aux expériences : c’est être pris dans la dualité.
Nous ne sommes pas dans la vraie rencontre, mais dans un jugement. « Tant que je réitère l’expérience selon une représentation heureuse et tant que je crois qu’il faut fuir une représentation malheureuse de l’expérience, je recommence selon un cycle conditionné aux mémoires, c’est l’enfermement dans l’existence », explique Joachim Vallet, enseignant du Yoga sutra.

La souffrance viendrait de la fuite ou de l’avidité, ou encore des réactions excessives que génèrent les émotions.

Dans les enseignements de yoga, « le dysfonctionnement consiste à être dans un désir conditionné par l’attraction ou l’aversion, alors qu’une relation véritable devrait nous nourrir, nous enseigner. Être vraiment en relation, de cœur à cœur, produit une connaissance qui n’est pas une mémoire conditionnante, c’est samadhi, ce qui est nommé Éveil.

Sinon, c’est l’identification aux mémoires, à leurs versants illusoires qui nous prennent alors que nous sommes dans l’émotion
», précise Joachim Vallet.

Nous serions « parfaits », nous serions « divins » et nous pourrions voir cela, mais selon cette philosophie millénaire, nous dysfonctionnons parce que nous réagissons en fonction de ces mémoires - appelées conditionnements -, ce qui voile notre vue et nous détache du divin, de la roue cosmique.


D’aucuns pourraient également penser que la vie serait bien morne et ennuyeuse sans les émotions. C’est d’ailleurs la posture platonicienne, qui met en relation le désir avec le manque et l’ennui découlant de l’obtention de ce que l’on désire. Un cycle infernal qui se reproduit sans cesse, nous plaçant dans une course-poursuite perdue d’avance. Soit, je désire, donc je suis en manque de quelque chose et je souffre, soit j’obtiens ce que je désirais et de fait je ne le désire plus, donc je m’ennuie et me dépêche de désirer autre chose. Les émotions seraient régies par ce désir, nous poussant ou nous repoussant, provoquant colères, frustrations, tristesse ou joie éphémère. Même si Spinoza nuancera ce phénomène en introduisant le concept de conatus - la puissance dans la jouissance de ce que l’on obtient -, l’humain n’en demeure pas moins prisonnier de ses quêtes infinies.

S’observer, comprendre le chemin emprunté par le désir et les émotions, leur répétition et leurs résultats permet le recul pour s’y sentir moins piégé. L’enseignante Pema Chödrön explique que nous devons être prêts à travailler avec nos émotions, même les plus noires, faire l’expérience de celles-ci pour comprendre notre nature de « bouddha », notre potentiel d’éveil. « Les émotions par essence sont seulement de l’énergie pure, mais à cause de notre perception dualiste, nous identifions l’émotion et nous l’enfermons. L’énergie devient figée », enseigne-t-elle. Toute la subtilité est de s’autoriser à ressentir l’énergie, au lieu de la penser, explique-t-elle. Ainsi, l’émotion pourra passer son chemin et nous laisser son enseignement. Nous ferons alors l’expérience de ce qui fait notre nature, notre complexité que nous devons accueillir et non combattre. Comme disait Ponlop Rinpoché : « Tant que vous n’aurez pas commencé à comprendre que les choses défavorables et déplaisantes devaient faire partie de votre méditation, en partie du moins, vous ne serez pas en mesure d’être sur la voie de l’éveil. » S’observer, s’autoriser, laisser passer… Ne pas saisir ni s’identifier à ce qui advient, voilà peut-être le meilleur moyen de prendre conscience des phénomènes et de notre paradoxale complexité.

TIR ET EMOTIONS
S’il est un sport où l’exposition aux émotions et leur gestion dominent, c’est bien le Tir sous ses différentes formes (tir sportif aux armes, tir à l’arc, golf…).
Les émotions font partie intégrante de notre sport et je souris toujours quand un tireur vient me voir en me disant « J’ai un problème de gestion du stress en compétition ».
Il cristallise en fait ses difficultés dans le tir sur la gestion des émotions, séparant ainsi celles-ci de la pratique du tir alors que les émotions en compétition sont normales, humaines et font partie du tir !
S’entraîner c’est apprendre la pratique et développer ses compétences pour rendre meilleure la pratique (performance).
Trop souvent, l’entraînement consiste à développer des compétences techniques (quand l’entraînement ne se réduit pas à faire un match comme en compétition …) en laissant au cerveau la liberté de gérer les émotions en match… ce qu’il fait naturellement très mal par rapport aux exigences de notre sport.
Le tireur, en tant qu’être humain, fait rarement ou difficilement la différence entre lui et son cerveau. Il a tendance à assimiler son cerveau à lui alors que c’est un organe parmi d’autres dans notre corps et dans notre fonctionnement.
Le cerveau est un organe qui produit des pensées, comme le cœur fait circuler le sang, comme les poumons approvisionnent le sang en oxygène.
La gestion des émotions passe donc par apprendre à gérer son cerveau alors que le cerveau a tendance à nous gérer…
La préparation mentale que nous enseignons au MOP dans les stages spécifiques et au travers du suivi des tireurs est un processus qui permet d’apprendre à gérer son cerveau avec des outils mais aussi avec des postures incontournables.
Les émotions (positives ou négatives) sont incontournables et nécessaires à notre fonctionnement.
Elles peuvent donc être un atout dans la performance sportive comme un obstacle.
La préparation mentale doit faire partie intégrante de la démarche d’apprentissage du tireur dés le début, car il est plus facile de changer de technique que de manière de penser !
Sans pour autant vouloir adhérer à l’ensemble de l’analyse spirituelle et karmique des émotions faite ci-dessus par Mélanie Chereau, je retiendrais volontiers la phrase du maître vietnamien Thich Nhat Hanh :
« Comme le jardinier sait transformer le compost en fleurs, nous pouvons apprendre à transformer la colère, le découragement et les préjugés en amour et compréhension, c’est là le travail de la méditation. »

La méditation est l’un des axes de travail que le MOP a retenu dans la préparation mentale car elle permet dans sa version « pleine conscience », dégagée de toute spiritualité, d’apprendre à gérer ses pensées et non d’être géré par elles… c’est-à-dire par notre cerveau.
L’aspect mental du tir (gérer son cerveau, maîtriser ses émotions) est de loin celui qui est le plus intéressant et enrichissant dans notre sport car casser un plateau ou faire un trou dans une cible à longueur de temps est très réducteur !

Elles régissent le monde puisqu’elles nous gouvernent. Nous sommes conscients qu’il nous faudrait trouver le moyen de ne plus y être soumis, sans pour autant les faire disparaître. Comment fonctionnent les émotions, au regard de la philosophie, de l’ego, du karma ?
Et si comprendre leur mécanisme était un premier pas vers la sagesse ?
Du latin movere, mettre en mouvement, le mot « émotion » indique étymologiquement une notion de remuement.
Quelque chose se meut en moi, quelque chose est déplacé, et ce glissement provoque un trouble physique et/ou mental.
Bien sûr, s’il y a mouvement, il y a production d’énergie qui elle-même se déplace et doit « aller » quelque part. S’élève alors dans la conscience, au moment de l’émotion, une construction de pensée qui se plaque sur un référentiel du type « j’aime » ou « je n’aime pas », résultant de nos mémoires ou en générant immédiatement une, si l’expérience est nouvelle.
C’est cet amoncellement de mémoires engrammées dans notre psyché, nos cellules et notre corps qui crée la dualité, notre rapport au monde et toutes les conséquences de nos actes, qui se traduisent ensuite en karma.
Ce phénomène se reproduit sans cesse, depuis des temps immémoriaux, et, s’il participe à une forme d’emprisonnement, il offre aussi des portes de sortie s’il y a transformation et prise de conscience.
Tout chemin spirituel tend à se méfier des émotions ; voyons pourquoi et comment elles émergent, quel ping-pong mental se met en place et comment elles peuvent être utilisées.

LA DUALITE ET LES MEMOIRES
Alors, devons-nous essayer de nous débarrasser des émotions, puisqu’elles sont source de confusion et d’illusion ? Il est utopique de s’imaginer que cela est possible, parce qu’elles constituent un fonctionnement naturel de notre esprit issu de notre saisie égotique. Il ne faut pas oublier que c’est aussi cet ego qui nous permet de grandir, de sauver notre peau, de nous constituer.

Tout le paradoxe réside là : nous avons besoin de notre ego et la nécessité de ne pas nous y soumettre.
De plus, celui-ci nous « sépare » en créant l’illusion de sa toute-puissance.

Le lama bouddhiste Jigmé Rinpoché explique : « Chacun d’entre nous pense exister séparément des autres.
Le “je”, le “moi” est vécu comme distinct de l’autre. Ce “je” ressent l’émotion en fonction des circonstances qui lui sont propres, c’est ainsi que le “je” se trouve à la racine de l’émotion.
“Je suis heureux”, par exemple, signifie “mon moi est heureux”. Nous avons une opportunité de reconnaître la saisie égotique à travers la manifestation des émotions.
»

L’influence des émotions est si forte que nous les prenons pour réelles et nous nous identifions à elles.
Cela renforce la saisie égotique, nous sépare des autres, et nous oublions la rétribution karmique de nos actes, que ce que nous faisons aux autres, finalement, nous nous le faisons à nous-mêmes.
Mais en « retournant » la situation, elles peuvent nous permettre justement d’envisager tout ce mécanisme, et de transformer leur puissante énergie en moteur de changement.
Le maître vietnamien Thich Nhat Hanh explique cela très bien : « Comme le jardinier sait transformer le compost en fleurs, nous pouvons apprendre à transformer la colère, le découragement et les préjugés en amour et compréhension, c’est là le travail de la méditation. »
DESIR, MANQUE OU ENNUI ?
Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette newsletter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenu mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.
J’ai choisi de partager avec vous ce mois-ci un article paru dans le magazine « Inexploré », rédigé par Mélanie Chereau (journaliste pour l’INREES, spécialisée dans la spiritualité, la naturopathie et les médecines douces).
LES EMOTIONS
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COMPRENDRE NOS EMOTIONS : Un premier pas vers la sagesse ?
Septembre 2020
 
S’ENVISAGER EN UNICITE
Les émotions… comment ça marche ?
Mental-Objectif-Perf .
News Letter N° 70


News Letter N° 71
Telecharger au format PDF
 
Mental-Objectif-Perf .
La Concentration.
Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette newsletter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenu mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

J’ai choisi de partager avec vous ce mois-ci une interview de Nasser Negrouche parue dans 6boolo avec Jean-Philippe Lachaux, chercheur en neurosciences cognitives à l’Inserm, spécialiste de l’attention et de la concentration.
Il codirige l’équipe Eduwell du Centre de recherche en neurosciences de Lyon (CRNL).
Dans cet entretien accordé à 6boolo, il explique les processus cognitifs en jeu dans la concentration, ses bienfaits pour le cerveau… Et nous invite à reprendre le contrôle de notre attention pour nous libérer des innombrables sollicitations numériques et échapper aux ravages du « multitâche ».

TIR ET CONCENTRATION
La Concentration est bien sûr un élément majeur de notre sport, au même titre que la gestion des pensées et que la coordination.
Malheureusement, c’est souvent un élément dont parlent les entraîneurs mais qu’ils ne travaillent pas, faute d’en avoir compris le mécanisme.
J’ai rencontré à plusieurs reprises Jean Philippe Lachaux dans le cadre de ses recherches sur le phénomène de l’Attention et dans celui de mes recherches propres d’application de ce phénomène au tir sportif.
Comme le dit Jean Philippe Lachaux, il faut d’abord comprendre le mécanisme de l’Attention pour pouvoir apprendre à gérer celle-ci et donc sa concentration.
Je ne peux donc que vous recommander de lire ses différents livres sur le sujet de l’Attention et du Lâcher prise (« Le cerveau attentif », Le cerveau funambule » ...).
Par ailleurs, le multitâche est un obstacle à la concentration.
Si cela semble évident quand on le dit, la vie courante moderne nous conduit en permanence à être en mode multitâche.
Nous avons par conséquent, une propension naturelle à adopter cette posture dans le tir, que cela soit en entraînement ou en compétition.
A l’entraînement, le multitâche peut être de réfléchir à autre chose que le tir (problème préoccupant), mais également de vouloir travailler et apprendre plusieurs choses à la fois, quand ce n’est pas de faire un match à l’entraînement !
Pour apprendre, l’être humain doit se concentrer sur une seule chose à la fois et la répéter. C’est le principe qui doit gouverner l’entraînement.
En compétition, il en est de même, c’est-à-dire que l’on doit se concentrer (c’est-à-dire focaliser son attention) sur une seule chose à la fois (que cette chose soit une consigne technique, une consigne mentale, une intention…).
Or bien souvent, le compétiteur en état d’émotion, aura tendance à vouloir multiplier les points d’attention (mode contrôle) ou à avoir des pensées parasites (le score, la qualification, la médaille) et par conséquent à ne plus se concentrer sur le plomb ou la balle présente.
Quand Nadal déclare : « mais j’étais simplement concentré à 100% sur le point suivant. Je n’ai pas perdu la concentration, à aucun moment », il confirme combien sa performance est liée à sa capacité de rester concentré sur le coup à jouer, comme nous sur le coup à tirer !
Bien s’entraîner consiste donc à travailler isolément chaque composante du tir avant de les coordonner, mais également à savoir entraîner et développer sa capacité à se concentrer, c’est à dire à gérer son Attention.
EVITER LE MULTITÂCHE !
Octobre 2020
 
LE MULTITÂCHE
Aujourd’hui, les innombrables sollicitations numériques et la surabondance d’informations perturbent-elles notre capacité à nous concentrer ?
Jean-Philippe Lachaux : « Absolument, et pour une raison bien simple : nous pouvons tout faire en même temps : sans même bouger de ma chaise, je peux acheter un billet de train, discuter avec tous mes collègues, regarder une infinité de vidéos, apprendre la guitare…
Par conséquent, il est beaucoup plus difficile d’établir une hiérarchie à chaque instant entre toutes les choses que nous pouvons faire, et cela induit tout naturellement un éparpillement de l’attention.
Nous cherchons à tout faire en même temps, ce qui est totalement contraire à une bonne concentration, qui par définition, nécessite choix et renoncement.

C’est bien pour cette raison que je m’efforce d’expliquer l’attention et la concentration à mes concitoyens, car celles-ci n’ont jamais été aussi menacées.

L’éducation de l’attention est devenue un véritable enjeu de société. »

LA CONCENTRATION ?
POURQUOI SE CONCENTRER ?
Comment pouvons-nous nous libérer de ces distractions multiples pour retrouver la maîtrise de notre attention, reprendre son contrôle ?
Jean-Philippe Lachaux : « Comme je l’ai dit précédemment, il s’agit d’abord de comprendre cette attention. Elle est l’expression d’un système vivant - le cerveau - et elle doit donc être appréhendée comme telle : avec sa propre vie.

J’aime bien la comparer un cheval sauvage - et je ne suis pas le premier à le faire : un cheval sauvage ne se dompte pas par la force brute : il faut comprendre la manière dont il réagit, pour l’approcher intelligemment.

Appliqué à l’attention, ce principe encourage à observer sa propre attention, pour comprendre la manière dont elle réagit (ce qui a tendance à attirer notre attention, à la captiver…).

C’est un véritable cheminement, que j’espère avoir décrit dans sa globalité et de manière très progressive et pédagogique dans mon livre « La magie de la concentration. »

Comment pourriez-vous définir la concentration ? Dans quelles situations éprouvons-nous le besoin de nous concentrer ou que cet état particulier s’impose à nous ?
Jean-Philippe Lachaux : « Être concentré ce n’est pas juste être attentif. On est concentré sur une tâche, avec une intention particulière. Dans le cerveau, la concentration correspond à une réorganisation transitoire qui lui permet d’être efficace pour la tâche à réaliser, avec la bonne saisie d’information, et la bonne manière de traiter et de réagir à ces informations.

L’ATTENTION
Dans la vie de tous les jours, la concentration est nécessaire dès que nous devons réaliser une tâche qui n’est pas complètement automatisée.
C’est le cas par exemple, évidemment, quand il s’agit d’apprendre quelque chose de nouveau. Plus généralement, nous allons devoir nous concentrer dès que nous avons une exigence de performance. Mais nous pouvons aussi nous concentrer juste pour le plaisir sur des activités qui ne sont pas difficiles, comme pour savourer un bon plat, une bonne conversation ou un bon morceau de musique. »
LE CERVEAU
Que se passe-t-il dans le cerveau, d’un point de vue neuroscientifique, lorsque nous sommes concentrés ? Quelles sont les régions du cerveau qui sont concernées ?
Jean-Philippe Lachaux : « La partie du cerveau la plus directement impliquée dans la concentration est le cortex préfrontal, où est gardée en mémoire la consigne de ce que nous cherchons à réaliser.
C’est en fonction de cette consigne que s’établit une hiérarchie entre tous les signaux qui parviennent à nos sens, ce qui oriente l’attention et la stabilise.
Mais la concentration implique tout le cerveau, avec la mise en place de connexions privilégiées entre les régions cérébrales qui doivent participer à la tâche en cours, et l’inhibition des régions chargées de processus cognitifs qui pourraient interférer avec celle-ci. »
AMELIORER SA CONCENTRATION
Comment pouvons-nous améliorer notre capacité de concentration ? Quels conseils pratiques pouvez-vous donner à nos lecteurs ?
Jean-Philippe Lachaux : « Je ne suis pas fan des conseils pratiques concernant la concentration, pour une raison bien simple : on ne demande pas un pianiste des conseils pratiques pour bien jouer du piano rapidement, car ce n’est pas une affaire de trucs et d’astuces, mais un processus d’apprentissage.

Et c’est ce processus que j’essaye de décrire dans mon livre. Cela étant, il existe évidemment des bonnes pratiques, faciles à mettre en place : par exemple, essayer d’agir toujours avec une intention la plus claire possible (qu’est-ce que je cherche à faire vraiment, dans les minutes qui viennent ?), les objectifs vagues (“faire ses devoirs”) compliquent toujours la concentration.

Plus une tâche est courte et claire, plus on sera concentré … en évitant autant que possible le multitâche.

Et puis bien sûr, il faut savoir mettre de côté ce qui nous distrait : travailler avec son téléphone à portée de main, ou dix alertes par minute sur son ordinateur, ce n’est pas une bonne idée. »


CONCENTRATION ET PERFORMANCE
L’EFFICACITE
Quelles sont les vertus de l’attention, de la concentration au quotidien ? Pour le cerveau, le corps, l’esprit… Qu’a-t-elle de « magique » ?
Jean-Philippe Lachaux : « La vertu la plus évidente de la concentration, c’est l’efficacité : ce qu’on a à faire, on le fait plus vite et mieux.

Mais en étant totalement impliqué dans ce qu’on fait, sans chercher à faire plusieurs choses en même temps, on réduit également les conflits dans le cerveau : il n’y a plus de doute sur ce qui est important et sur ce qui ne l’est pas.

Il n’y a pas d’interférences négatives entre des régions cérébrales impliquées dans des processus cognitifs qui se contredisent.
Il s’ensuit donc un sentiment d’apaisement : ce que l’on appelle couramment la surcharge mentale diminue.
Bien concentré, on est moins fatigué et moins stressé. Par ailleurs, le plaisir que l’on a à faire les choses est décuplé, car on n’agit pas tout en se disant que l’on ferait mieux d’être en train de faire autre chose… et les sensations que l’on peut avoir sont amplifiées par l’attention. »

À l’école, dans la vie professionnelle, le sport, les jeux, l’aptitude à se concentrer est considérée comme un facteur-clé de succès, de performance. La concentration est-elle aussi une arme de compétition ?

Jean-Philippe Lachaux : « Rafael Nadal vient de remporter son treizième Roland Garros en jouant le tennis de sa vie et en écrasant le numéro 1 mondial, Novak Djokovic.
Et il déclarait le lendemain matin dans une interview au journal l’Équipe : “J’étais en train de jouer bien mieux que je pouvais l’imaginer, mais j’étais simplement concentré à 100% sur le point suivant. Je n’ai pas perdu la concentration, à aucun moment”.

Je crois que tout est dit. »

LA CAPACITE A SE CONCENTRER
Sommes-nous tous capables de nous concentrer, égaux face à cette faculté ? Certaines personnes, enfants et adultes, souffrent de troubles de l’attention…
Jean-Philippe Lachaux : « Il existe indéniablement des différences entre les individus, dans leur capacité à se concentrer.
Cela peut tenir à des facteurs biologiques (la disponibilité de certains neurotransmetteurs, voire des patterns de connectivité cérébrale), en parallèle, à des éducations différentes… Mais ce qui est important, c’est que tout le monde peut progresser, à condition de s’intéresser réellement à son attention : essayer de comprendre comment elle fonctionne, pour se familiariser avec elle et progressivement la dompter, dans une approche très métacognitive. »
La motivation est liée aux émotions et à la compréhension.
Les émotions permettent d’évaluer l’attitude à adopter devant les choses : Pour faire simple, on peut dire que l’on va rechercher ce qui est agréable et éviter ce qui est désagréable.
Par exemple, si tu as un problème de math à faire, c’est le cerveau limbique <http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_limbique> qui va analyser l’information pour savoir si elle est agréable ou désagréable.
Si elle est jugée agréable, il la laisse passer au cortex, et ouf ! peut-être que tu auras la réponse au problème.
Mais si le cerveau limbique juge le problème de math comme désagréable, patatras : dans le pire des cas, le système limbique ne laissera pas l’information aller jusqu’au cortex… Echec garanti !
Au fait, tu dois te demander comment fait ce système limbique pour juger l’information comme « désagréable » ou « agréable » ?
Eh bien, c’est très simple, il compte combien il y a de « + » et combien il y a de « - ». Pour chaque pensée désagréable, c’est un « moins », pour chaque pensée agréable, c’est un « plus ».
Pour revenir à notre problème de math, si tu te dis ou si tu penses :
- « Je suis nul(le) en maths », c’est un moins,
- « De toute façon ce prof est un gros nul », c’est un moins,
- « En plus il ne m’aime pas », c’est encore un moins,
- « Et dans ma famille on n’a jamais été bon en math », c’est encore un moins !
- etc., etc., etc.


Le système émotionnel produit donc la motivation.

2 types de motivation :
- La motivation extrinsèque, qui vient de l’extérieur : on fait quelque chose pour faire plaisir à quelqu’un ou pour avoir une récompense ou au contraire pour éviter une sanction.
- La motivation intrinsèque, qui est celle qui vient de l’intérieur : on fait pour soi, pour son désir personnel.
La motivation intrinsèque s’intéresse au plaisir que l’on a, au sentiment de satisfaction qu’on éprouve à ce que l’on fait.
Elle nous rend autonome et ouvre la voie à l’épanouissement personnel.
Elle permet d’apprendre plus facilement. Il faut donc toujours privilégier cette motivation, même si l’autre peut également coexister.

« LA MEILLEURE FAÇON DE PRÉDIRE L’AVENIR EST DE LE CRÉER. »

Peter Drucker

TIR - MOTIVATION - CONFINEMENT
Cette période particulière que nous vivons, liée à la COVID-19, doit tout d’abord nous ramener au fonctionnement de notre cerveau :
Celui-ci produit en permanence des pensées avec une analyse binaire du circuit de la récompense et du danger.
Toute situation est analysée par notre cerveau pour réagir en fonction de ce qu’il détermine comme étant une source de danger (mode survie) ou de récompense (mode plaisir).
Nous avons déjà eu l’occasion d’analyser ce mode de fonctionnement en compétition avec la production de pensées qui vont conduire notre cerveau à privilégier la visée (tir en fonction de l’image) plutôt que la qualité du lâcher : 
Le cerveau est informé, par l’œil, de l’image représentative du bon emplacement du guidon et va déclencher l’action de lâcher si l’image est bonne sans se soucier de la qualité de celui-ci.
A contrario, il va bloquer le lâcher si l’image est jugée insuffisante (ce qui est courant en situation d’émotion provoquant soit une perturbation de la stabilité, soit une exigence visuelle accrue... soit les 2 !).
Ce même fonctionnement binaire est donc actuellement vécu par les sportifs en situation d’impossibilité de pratiquer leur sport en loisir et encore plus en compétition.
Ne pas pratiquer un loisir est une frustration pour le cerveau (circuit de la récompense).
Mais l’absence de compétition peut être vécue comme une démotivation quand la pratique du sport est principalement orientée sur la compétition.
Cette démotivation est d’autant plus forte que le niveau du sportif est élevé car il aime et est habitué à vivre dans cet environnement compétitif pour lequel il s’entraîne.
La motivation du compétiteur à s’entraîner est beaucoup plus orientée sur la pratique de la compétition et la recherche de résultat que sur la pratique de son sport en lui-même.
C’est une certaine dérive inévitable qu’il convient de modérer quand elle devient exclusive car, dans le tir, la compétition est souvent source de déception ou d’insatisfaction et donc
de démotivation (absence de récompense).
Le coach et le tireur doivent donc veiller régulièrement à recentrer la motivation (pourquoi je tire) sur des valeurs intrinsèques car les valeurs extrinsèques sont soumises à l’environnement et donc à fluctuations (statut social obtenu par le sport, regard des autres lié au résultat...).
Comme dans tout, un équilibre est indispensable et le plaisir lié à la pratique du tir peut être ressenti pour ce qu’il apporte à l’individu :  Connaissance de soi, maîtrise de sa coordination et du geste, plaisir de la sensation d’une belle séquence de tir, plaisir d’apprendre...
La pratique du tir en compétition doit être une sublimation et non la seule motivation sinon il devient même difficile de s’entraîner.
En cette période d’annulation de toutes les compétitions, le tireur et son coach doivent donc impérativement redéfinir les objectifs de la saison et les composantes de la motivation pour que le circuit de la récompense continue de fonctionner.
Une période sans compétition est une période qui permet de travailler avec grande intensité sur soi et sur sa technique car rien n’est sacrifié au résultat.
C’est donc une période d’investissement pour l’avenir, il faut semer pour récolter.
Les « gammes » ne sont pas toujours les moments les plus excitants mais ceux qui ne profitent pas de cette période pour le faire vont accumuler beaucoup de retard sur les autres :
Certains vont progresser techniquement par le travail de l’apprentissage et de la répétition tandis que d’autres vont régresser par le manque de pratique et le jour venu de la reprise des compétitions, il sera trop tard pour travailler la technique et les fondamentaux !
Travail de la position, tenues, tir à sec, scatt sont donc notre vaccin contre la COVID-19 !
La motivation intrinsèque est le prototype de l’autodétermination et représente un engagement par intérêt et plaisir.
Cette motivation est l’essence même de la pratique, c’est donc celle que le coach cherche à préserver ou à faire revivre chez les sportifs. Elle est propre à chacun. Certains aiment le trail car ils apprécient le dépassement de soi physique et mental et le fait de pouvoir « déconnecter », en étant au contact de la nature. D’autres préfèreront un sport collectif pour le plaisir du jeu d’équipe, la cohésion et le fait de s’investir pour un objectif commun. Tandis que certains escrimeurs aimeront les sensations d’explosivité et de combativité lors des matchs.
C’est le degré le plus haut de la motivation extrinsèque où l’individu s’approprie l’action et trouve des bénéfices complémentaires à la pratique de son activité.
Ex : Ce sportif pratique en compétition car cela lui permet de développer sa confiance en lui et il en retire une grande satisfaction.
LA MOTIVATION INTRINSEQUE
Elle correspond à un engagement lié à des éléments extérieurs comme des aspects matériels ou financiers. Ainsi, une personne ferait une activité sous la contrainte et dans le but d’éviter une sanction potentielle par exemple.
Ex : Cet athlète qui va aux entrainements pour éviter que son père lui supprime ses loisirs le weekend.
LA MOTIVATION EXTERNE INTROJECTEE
Elle commence à intérioriser certaines contraintes ou injonctions externes. A ce niveau, un athlète peut, par exemple, pratiquer son sport car il souhaite faire plaisir à ses parents ou il se dit que cela est bien pour sa santé.
LA MOTIVATION EXTERNE INTEGREE
La motivation est une notion clef dans le sport comme dans son projet personnel et professionnel.
Ce modèle apporte un éclairage par rapport aux tenants motivationnels qui amènent une personne à s’engager dans une activité spécifique.
La question du sens est au centre de toute la démarche d’accompagnement. Et derrière la question du sens, il y a le plaisir et donc la motivation intrinsèque.
Il y a une sorte de continuum de la motivation, comme des degrés qui vont de l’absence de motivation à la motivation intrinsèque.
REGARD D’UN PROFESSEUR D’EPS SUR MOTIVATIONS ET EMOTIONS
LA REGULATION EXTERNE
L’AMOTIVATION
Il s’agit de l’absence totale de motivation.
Ex : Un athlète qui pratique car son père l’y oblige mais qui n’en retire aucun plaisir.
L’AUTODETERMINATION
Il existerait plusieurs types de motivation qui correspondent à des driveurs différents.

· Motivation Intrinsèque liée à l’accomplissement (progrès, apprentissage, maîtrise de la tâche),
· Motivation Intrinsèque liée à la connaissance (découverte, curiosité, exploration),
· Motivation Intrinsèque liée à la stimulation (plaisir ressenti lors de la pratique, sensations),

Ainsi, écouter les personnes qui nous entourent permet de connaitre les driveurs motivationnels de chacun.
Un jour, un sportif de haut niveau m’expose sa difficulté à être « agressif » comme lui demande son entraineur. Dans son sport de combat, l’agressivité est perçue comme étant une clef de voute de la performance, et pourtant… l’aversion à l’égard de cette émotion l’amène à être parfois « trop gentil » avec ses adversaires.
En travaillant sur le sens qu’il donne à la pratique de son sport, il en ressort un aspect esthétique, éthique et moral. C’est-à-dire que pour lui, les valeurs du respect de l’autre l’amènent à adapter son niveau à celui de son adversaire, et qu’il ne conçoit pas la pratique de son art en cherchant à « détruire l’autre, le mettre la tête dans le tapis, l’enfoncer ». Sachant cela, nous avons adapté le langage et demandé à son coach qu’il en fasse de même. « Détruire l’autre » devient « Mettre de l’impact sur la fin du mouvement, et se donner à fond jusqu’au bout ».
Ces termes sont en correspondance avec sa vision et ses valeurs, et ont la même finalité sans pour autant incorporer un versant agressif et destructeur vu sous un angle péjoratif par ce sportif de haut niveau. Sa motivation liée à la maitrise de son sport et au développement de nouvelles techniques est une motivation intrinsèque qui est l’essence même du plaisir qu’il retire à pratiquer son sport au jour d’aujourd’hui.
Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette newsletter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenu mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

A la demande de certains d’entre vous et au regard de ce que vivent bon nombre de sportifs dans cette situation de confinement et d’annulations successives de compétitions, j’ai choisi de partager avec vous le thème de la Motivation !
Je commencerai donc à partager avec vous l’analyse d’Anaëlle Malherbe (Psychologue clinicienne et préparatrice mentale) sur les différents degrés de Motivation avant de m’intéresser à la publication d’un professeur d’EPS (http://www.lsav.fr/sff/) sur la liaison entre la Motivation et les Emotions.
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« En suivant le chemin qui s’appelle plus tard,nous arrivons sur la place qui s’APPELLE JAMAIS »    Séneque
Novembre 2020
 
La Motivation
« LE SEUL ENDROIT OÙ LE SUCCÈS PRÉCÈDE LE TRAVAIL EST DANS LE DICTIONNAIRE. »      Vidal Sassoon
« IL N’Y A QU’UNE FAÇON D’ÉCHOUER, C’EST D’ABANDONNER AVANT D’AVOIR RÉUSSI. »    Georges Clémenceau

LES DRIVEURS
News Letter N° 72
Mental-Objectif-Perf .


Mental-Objectif-Perf .
Il y a 4 mois déjà, je vous disais : « Mitsou, ma chatte adorée, est partie le 24 Août dernier à l’âge de 12 ans, après un combat de 3 mois contre une maladie qui produisait une inflammation de ses poumons et réduisait progressivement sa capacité respiratoire. Elle a toujours été une chatte avec un caractère fort et c’est probablement ce que j’ai aimé en elle, au-delà de tout l’amour qu’elle pouvait me témoigner chaque jour et que je lui rendais… notamment en cédant à tous ses caprices … au grand dam de mes filles qui n’ont pas reçu la même éducation !
Les tireurs du MOP que je suivais par Skype ont tous connu MITSOU (surnommée MOPSOU) qui passait régulièrement devant l’écran de mon PC.
Elle se couchait ensuite sur le clavier quand elle estimait que je devais m’occuper d’elle et interrompre l’entretien ! »
Son départ reste à titre personnel un événement marquant de cette année 2020.
Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette newsletter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenu mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.
En cette fin d’année 2020 et en ce début de l’année 2021, j’ai choisi de partager avec vous mon regard sur ce moment où l’on quitte une année qui devient le passé pour entrer dans une autre qui est le futur.


TIREURS :  APPRENEZ A VIVRE L’INSTANT PRESENT
Les tireurs excellent dans l’art de se focaliser sur le passé (le plomb tiré) ou l’avenir (le score que je vais faire) au détriment de l’instant présent (le plomb que je tire).
Cette posture « naturelle » de l’homme moderne est à l’opposé de ce que demande l’acte de tir : vivre le moment présent, focaliser son attention sur la coordination visée-lâcher sans la contrôler consciemment, savoir lâcher prise sur le passé et l’avenir pour avoir toute son attention sur cet instant présent où le coup part… on nomme généralement cela « la concentration », mais ce mot recouvre en fait une posture d’attention et de présence sur le moment décisif du résultat.
Oui, l’acte de tir performant demande, sur le plan mental, une présence forte sur l’instant présent, le courage d’affronter et de vivre ce moment décisif du départ du coup qui va sanctionner le résultat présent.
La méditation de pleine conscience, évoquée à plusieurs reprises dans d’autres newsletters, est l’un des chemins conduisant à la posture requise pour l’expression performante de l’acte de tir.
Gérer ses pensées, présence à l’instant présent, focalisation de l’attention sur le coup présent sont des compétences que le champion a plus ou moins naturellement, mais qu’il peut développer et renforcer par certaines pratiques comme la méditation de pleine conscience.
Alors, n’attendez pas demain, faites-le aujourd’hui et maintenant, car demain c’est le futur et ce sera bientôt le passé... sinon vous n’aurez rien changé dans votre capacité à lâcher prise !

Je vous souhaite, dès à présent (!) une belle année 2021 !

MITSOU
News Letter N° 73
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2020 C’EST  du passe , 2021 C’EST L’AVENIR... ET LE PRESENT ?
Décembre 2020
 
MITSOU est partie mais la COVID 19 est toujours là !
LA COVID 19
2020, c’est aussi et surtout un changement de mode de vie avec un confinement et une épée de Damoclès permanente au-dessus de nos têtes, un sentiment de vivre un état de « guerre » pour ceux qui n’ont pas connu cela en vrai : privation de libertés, risque invisible et permanent, la maladie, voire la mort au-dessus de nos têtes.

Le sport à l’arrêt complet, les compétitions annulées, les jeux Olympiques reportés, la motivation en berne, une remise en question de nos équilibres de vie et la nécessaire adaptation.
POURQUOI VIVRE AU PRESENT
La qualité de notre vie est directement liée à notre capacité à apprécier le moment présent. Tant que cette capacité ne change pas, le futur ne sera ni pire ni meilleur. Il aura exactement la même ‘texture’ et la même ‘saveur’ que cet instant présent.
Le seul moyen d’évoluer, c’est de plonger plus pleinement dans l’expérience du moment présent, de se libérer de sa prison mentale, de ne pas passer autant de temps à se projeter dans le futur ou à ressasser le passé.
Vivre dans le présent c’est vivre dans la réalité. On ne cherche ni à la fuir mentalement ni à la rendre conforme à nos attentes. Une grande satisfaction naît de cet acte d’être simplement là, sans rien attendre.
Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’on ne doit pas organiser nos ressources et notre temps. Mais une fois que l’on a une idée des évènements à venir (facture à payer, RDV, projets) cela ne sert à rien d’y penser sans cesse.
Imaginez qu’une personne vous répète 100 fois dans la journée qu’elle a un souci avec un collègue du travail. Vous n’aurez qu’une envie, c’est qu’elle se taise ! Pourtant, c’est ce que l’on fait avec soi-même. On repense encore et encore à des situations à venir.
Vivre dans le présent ne veut pas dire que l’on doit s’isoler ou se soustraire du quotidien pour pouvoir le faire.  Bien au contraire, cela veut dire s’immerger pleinement dans l’expérience vécue.  Cela consiste à focaliser toute notre attention sur l’action que l’on entreprend, à vraiment écouter nos proches, à vivre chaque instant bien ancré en nous-même.

Ces deux événements marquants, l’un pour moi, l’autre pour tout le monde, ont un vecteur commun sur notre appréciation de la situation : le regret du passé et l’interrogation sur l’avenir.

Les ingrédients nécessaires au ressenti émotionnel lié à cette impuissance d’agir :  impossible de changer le passé, impossible d’avoir la certitude de l’avenir ... comme dans un match : impossible de changer le plomb tiré et impossible de savoir le résultat du match tant qu’il n’est pas terminé !
Et si on faisait le vœu, pour 2021, de vivre le présent ?
SEUL LE PRESENT EXISTE
Le futur et le passé ne sont que des constructions du mental. Pour construire le futur, on prend des segments de notre mémoire et, à partir de ces souvenirs, on imagine ce qui peut arriver. Le futur n’est pas une expérience réelle, c’est une projection mentale. Si parfois le futur semble tangible, c’est que cette projection est chargée d’émotions. Ce sont des émotions déjà vécues dans le passé qu’on s’imagine revivre. On a peut-être peur de se retrouver seul, de se trouver en position de besoin, de tomber malade, de décevoir, etc.
En d’autres termes, on redoute de revivre les souffrances du passé ou de ne pas retrouver les plaisirs du passé. Dans tous les cas, c’est notre mental qui ramène à la surface les émotions du passé pour les projeter dans un futur hypothétique. Dès lors que l’on arrête ces scénarios mentaux, l’agitation émotionnelle se dissipe. On ouvre les yeux et on est là, simplement présents, et libérés de ces émotions inutiles et coûteuses en énergie.
QUELS VŒUX POUR 2021 ?