« J’ai arrêté de vouloir tout contrôler »
De nature stressée, elle doit en permanence gérer ses émotions qui pourraient compromettre une réussite totale au cours d’une volée : « Le stress en compet va se manifester pour moi avec le cœur qui bat fort, les mains moites, confie Audrey.
Ça m’arrive d’être tellement stressée que j’ai la tête qui tourne… Pour ça, je travaille depuis longtemps sur ce qu’il se passe dans ma tête. J’ai un milliard de pensées à chaque seconde quand je suis tranquille, quand je tire ma flèche ».
Même aux moments les moins stressants sur le papier, Audrey fait face à des interactions
intérieures qui l’empêchent d’être pleinement concentrée sur son objectif : le 10.
Alors lorsque la flèche suivante est cruciale pour la suite du match, le doute s’installe : « Je ne pourrais pas compter le nombre de fois où au moment de lâcher la corde, je me suis dit au fond de moi « ce n’est pas le moment de lâcher, tu n’es pas parfaitement en position », avoue Audrey Adiceom.
Quelle que soit la situation personnelle, professionnelle ou sportive dans laquelle nous nous trouvons, gérer ses émotions dans un instant de tension est un véritable défi. Audrey Adiceom, archère de l’équipe de France, pratique une discipline où une maîtrise la plus complète possible résulte le plus souvent d’une bonne performance.
A travers son expérience, partons à la découverte d’une notion cruciale de la gestion du stress : la peur de mal faire.
Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette newsletter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenu mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.
Je vous propose de partager une interview d’Audrey ADICEOM (tir à l’arc) parue sur le site de Byathlete.com.

LA PEUR DE MAL FAIRE : APPRENDRE A BIEN MAL TIRER
Le tir à l’arc, comme le tir sportif aux armes et d’une manière plus générale les sports de coordination à la recherche de la précision (golf...) exigent une capacité à lâcher prise sur le contrôle de l’action.
Pour ce faire, le sportif doit apprendre à accepter de ne pas faire à chaque coup une action parfaite car la recherche de celle-ci et l’exigence qualitative trop importante conduisent à ne jamais réaliser l’action soit par peur de mal faire, soit par un contrôle disproportionné.
« Bien mal tirer » signifie accepter de faire l’action jusqu’au bout alors qu’une des composantes n’est pas parfaite mais suffisamment bonne pour faire un bon résultat (c’est à dire qui correspond au potentiel du tireur).
Dans le tir à la carabine ou au pistolet, cela peut notamment se traduire par l’acceptation visuelle d’une zone élargie : chercher la zone du 10 absolument au pistolet alors que personne ne tire 600/600 ou chercher le 10,7 visuellement à la carabine alors que personne ne tire 642, conduit à privilégier exagérément la visée au risque de détériorer l’action du lâcher.
Il en est de même pour toutes les composantes de la séquence de tir ; il faut savoir accepter, notamment dans les moments d’émotions fortes ou dans des passages difficiles du match, une dégradation de certains éléments sans que celle-ci n’impacte trop largement le résultat en cible.
La recherche du 10 chez le pistolier et du 10,7 chez le carabinier n’en sera pas pour autant remise en cause mais elle ne bloquera pas l’action si le tireur n’est pas dans une exigence et un contrôle inutile au résultat recherché.
Bien mal tirer s’apprend donc et se travaille à l’entraînement par différents processus techniques et mentaux.
Le coup technique parfait existe mais n’est pas reproductible 60 fois de suite et il ne produit d’ailleurs pas toujours le 10,9 qui est plus souvent le résultat d’une conjonction d’éléments... dont la chance !
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Penser le Tir sportif autrement…..
Daniel GOBERVILLE  
Actualités
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Penser le Tir sportif autrement…..
Apprendre à  gérer ses émotions, sa motivation et ses objectifs…
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LA GESTION DES EMOTIONS
News Letter N° 76
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«  LA CONFIANCE C’EST QUAND J’ARRIVE A BIEN MAL TIRER »
Mars 2021
 
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La coaching à distance

Le coaching a distance
LA PEUR DE MAL FAIRE
LA PEUR DE MAL FAIRE
Le pire c’est en match à élimination directe par exemple. On a trois flèches par set, et si je tire les deux premières dans le 10, et bien je vais me dire à la troisième ‘oh ce n’est pas le moment de te planter’ ».
Comme une peur de mal faire, d’échouer.
LA RECHERCHE DE LA PERFECTION
10 : la perfection. En tir à l’arc, ce chiffre représente l’objectif ultime qui, à chaque flèche, est un nouveau défi à relever.
Quel que soit le contexte, quel que soit le vent, quel que soit son état de forme, l’archer se bat contre lui-même dans un seul et unique but : atteindre le cœur de 12 cm d’une
cible large d’1.22 m. Chasser la perfection, tout simplement.
Cette quête de la flèche parfaite est le travail d’Audrey Adiceom. L’archère de 24 ans possède déjà une expérience et un palmarès fournis, qui lui confèrent une place de choix en équipe de France depuis plusieurs années.
Avec une médaille de bronze décrochée à seulement 20 ans aux championnats du monde en salle organisés à Yankton (Etats-Unis) en 2018, nous pourrions être tentés de croire qu’Audrey détient la formule magique pour ne pas se laisser envahir par ses émotions.
Pourtant, la réalité est bien différente et la jeune femme a fait de la préparation mentale une de ses priorités.
VOULOIR TOUT CONTRÔLER
LA CONNAISSANCE DE SOI
Une grande part de la gestion du stress provient donc de la connaissance que chacun a de soi-même. Chaque être humain possède ses propres caractéristiques et facultés à maîtriser la pression à laquelle il fait face. Ecouter ses émotions et son corps est donc primordial pour développer des outils adaptés, comme le fait quotidiennement Audrey : « Je fais beaucoup d’exercices de respiration.
Certaines me calment, d’autres m’activent. Je joue aussi sur mon dialogue interne où je me répète un ou deux mots, comme ‘plaisir et apaisée’. C’est physique, mes muscles se relâchent.
Il faut savoir adapter sa stratégie en fonction du contexte, car la stratégie parfaite n’existe pas ».

L’athlète a donc compris, avec du temps et de la réflexion, ce qui pourrait lui permettre de
gérer au mieux les moments de tension. Ainsi, que l’on soit avant un entretien d’embauche pour le job de nos rêves, en pleine concentration avant un tir au but décisif en finale d’une Coupe du monde de football ou à quelques minutes d’une présentation orale devant des centaines de personnes, la pression est maximale.
VIVRE AVEC SES PENSEES
En essayant de contrôler ces pensées négatives, l’archère Bleue dépensait une énergie conséquente sans avoir de résultats concrets.
Jusqu’à ce qu’elle parvienne à exprimer, avec sa préparatrice mentale, ce qui la pesait tant : « Le gros déclic a été en 2018 quand mon entraîneur m’a dit qu’il allait falloir arrêter de tenter de supprimer tout ce qu’il se passait dans ma tête.
Il faut faire avec. Pendant des années, j’ai essayé de contrôler mon stress, la pression, les attentes des autres et les miennes.

Alors que ce qui me convient le plus, c’est de savoir que c’est là et de faire avec ».
LA CONFIANCE : BIEN MAL TIRER
Une meilleure connaissance de soi-même apporte une notion clé de la gestion du stress : la confiance en soi.
L’aptitude à croire que, malgré l’enjeu, nous serons capables de réussir ce que nous allons entreprendre : « La confiance, pour moi, c’est lorsque j’arrive à ‘bien mal tirer’.
La flèche parfaite est difficile à reproduire, mais on peut faire de bonnes flèches malgré des sensations mauvaises. Tu as confiance quand tu arrives à tirer malgré cette sensation ».
En tir à l’arc comme dans toute discipline sportive, l’ambition de chaque athlète est de parvenir à réaliser le geste idéal à chaque répétition.
En se détachant du contexte de la compétition et de la volonté de gagner, il peut devenir naturel de répéter ses gammes comme à l’entraînement. Ainsi, l’archer s’écarte de la peur de ne pas réussir à atteindre le cœur de la cible, en tirant chaque flèche comme si elle était la première : « Notre travail est de tirer 72 fois une flèche. Arriver à faire le ‘reset’ à chaque fois : je tire ma flèche, mon tir est fini, ma flèche est en cible, je recommence.
C’est toute la difficulté de faire un sport à répétition comme le nôtre : faire toujours la même chose, mais de pas rester sur ses acquis. Si tu n’es pas vigilant, tu ne vois pas que la manche à air a bougé ».
Une manière, encore une fois, de chasser la perfection.