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Penser le Tir sportif autrement…..
Daniel GOBERVILLE  
News Letter
Daniel GOBERVILLE  5, rue du Colombier  60660 Cires les Mello  France  Téléphone : +33 6 08 17 06 74  informations@mental-objectif-perf.com
N° SIRET :791199326 00012   code NAF : 85005

Penser le Tir sportif autrement…..
Apprendre à  gérer ses émotions, sa motivation et ses objectifs…
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Penser le Tir autrement


En reprenant certains propos du philosophe Bernard Stiegler, nous assistons actuellement à un appauvrissement du désir. La captation du désir par le phénomène de consommation ainsi que sa massification en seraient les causes principales.
Nous pourrions très facilement (peut être trop) établir un parallèle avec le champ du sport qui canalise toutes les attentions sur les résultats obtenus dans un délai qui soit se rétrécit (le plus vite possible) ou soit qui tente d’aller chercher la graine de champion le plus tôt possible (sport de haut niveau et précocité).

Sur un plan général, le tireur sportif est un compétiteur dans l’âme qui est animé, consciemment ou non et quoiqu’il en dise, par la victoire et par la performance.
Ce désir de performance et de résultats se traduit rapidement par la notion de points à réaliser, que ce soit sur un total de 400 ou 600 ou dans l’acte de tir lui-même au travers de la recherche du 10.
La première conséquence chez le tireur laissé à lui-même est qu’il va s’entraîner
pour assouvir son désir, c’est-à-dire faires des points à l’entraînement. Ses séances d’entraînement tourneront alors rapidement à une recherche permanente du 10 et non à la manière d’y arriver….
Mais ce désir du 10 est si fort chez le compétiteur, que même les tireurs expérimentés retombent régulièrement dans ce travers qui consiste à être satisfait de son tir quand on réalise un 10… l’entraînement devient alors là aussi une vérification permanente du savoir-faire un 10 (en réponse au désir) au lieu d’être un moment dédié à l’apprentissage, à l’expérimentation et à la prise de risque.
Sur le plan technique, ce désir du 10 conduit à privilégier la visée car l’œil est le pourvoyeur de l’information au cerveau et comment apprécier un 10 sans une belle image……. Que l’on risque de détruire par un lâcher non préparé, par une tenue insuffisante ou par une entrée en cible hasardeuse…. Mais peu importe, le pouvoir de l’image va l’emporter si le tireur ne maîtrise pas cette donnée du désir. On retrouve cette ambivalence du  désir qui est à la fois moteur et sclérosant, activant et paralysant

Le Désir et le monde moderne
Malgré tout, son acception parait être toujours auréolée de suspicions, d’ambivalences si fortes qu’elle donne, à ceux qui osent s’y aventurer, l’impression de naviguer entre deux eaux. Nous retrouvons alors le désir entre manque et excès, entre la douleur et le plaisir qu’il peut procurer, entre être une donnée essentielle et être une donnée dangereuse, entre être une source d’élans ou bien une course aux déceptions, entre ouvrir la personne vers un horizon lumineux ou bien l’ouvrir vers un futur ombrageux (« libérer le désir » de Louis Roy).

Le monde du sport de haut niveau ne semble pas échapper à cette circulation de l’entre-deux. Elle est même accentuée lorsque « cette nouvelle conscience de soi » (« sujets du désir » de Judith Butler) n’est pas prise en compte par l’athlète, ni par son environnement sportif dans ses actions au quotidien. Est-elle alors étouffée par le désir institutionnel, par le désir des autres (parents, entraîneurs), par le désir du système sociétal, économique et politique qui pourrait instrumentaliser l’acte sportif en lui-même ?
Leur véritable Désir dans le tir !!
La véritable MOPSOU
Le Désir : Une ambivalence constante
Comme chaque mois, Mental-Objectif -
perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à
la recherche de la performance.


Cette News letter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenus mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin
de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions
.

Je vous propose un texte issu du CREPS de Bordeaux Aquitaine qui se proposait d’ouvrir son 8ème  colloque en 2013 sur « l’éloge du désir au service de la performance »

Cette notion de « désir » possède une longue histoire. Elle a toujours fait partie des préoccupations auprès de grands penseurs, de Platon à André Comte-Sponville en passant par Epicure, B Spinoza, JJ Rousseau, F Hegel, S Freud, F Guattari, G Deleuze et JP Sartre. 
Un bref résumé peut nous rappeler que deux grandes tendances ont traversé ce concept, à savoir ; un premier courant, du Vème siècle av JC jusqu’au début du XVIIème siècle où il y avait plutôt une volonté farouche de lutter contre ses pouvoirs « destructeurs » et un second courant qui, depuis B Spinoza (milieu du XVIIème) , a redonné une valeur émancipatrice et créatrice que semble initier le désir.
C’est dans ce sens que F Labridy (Actes du colloque « Sport et psychanalyse ». Paris, Editions INSEP 1989) nous signale que les demandes des athlètes ne sont pas toujours explicites et que leur analyse devrait nous offrir de véritables révélations sur les « manques à être de l’athlète ».

Par conséquent, en permettant de dévoiler les faces cachées et fondatrices de son être (S Freud), la compréhension de son désir devrait pouvoir offrir, à chacun des acteurs du haut niveau, la possibilité d’être les véritables instigateurs de leurs propres créations en comprenant le fil conducteur de leurs actes.
Le « Etre acteur de sa propre performance » retrouverait alors tout son sens profond, si souvent déshumanisé. 

Le désir du Tireur
Comprendre son désir
Même si cela n’est pas simple et naturel, je pense important de ne pas réduire, sur le plan psychologique, la pratique de  notre sport à un simple jeu d’adresse dans lequel seul compte le 10 à toucher.
Le tireur qui saura dépasser cet acte basique mais si compliqué de coordination, peut trouver du plaisir dans le chemin qu’il parcourt et non dans l’objectif qu’il veut atteindre (la médaille, la qualification, le 10…).
Cela demande bien sur un travail personnel sur soi, cela nécessite de s’élever au-dessus de la pratique du tir et de la compétition pour que le désir (de gagner, de faire un 10) reste un moteur mais que le plaisir ne se limite  pas à la seule recherche du milieu de la cible.
Il pourra alors enfin évoluer, libéré de la dictature de son désir de faire un 10 et de faire des points pour exister ….

Le désir est nécessaire à la performance, sa compréhension et son acceptation indispensable !
Et pourtant d’autres cheminements de pensée pourraient être visités.

En effet, qu’un athlète s’exerce à corps et à cœur perdu, dans telle ou telle discipline, qu’il continue sa carrière même si les marches les plus hautes ont déjà été atteintes, devraient nous interroger sur ce qui anime son engagement à poursuivre, à s’arrêter, à s’entêter, à revenir après une interruption de carrière, à « persévérer dans son être » (« Spinoza » de Robert Misrahi 2005) ?

Nous pouvons alors nous apercevoir que ce concept de désir se réfère à une conception intimiste et donc singulière de la personne.

Il est l’un des constituants significatifs des comportements humains qui, aujourd’hui, ne sont simplement suggérés que dans des besoins divers (naturels ou pas - Epicure), par des souhaits, par des envies et par des motivations au travers desquels l’homme revendique ses choix.

« Et si la compréhension de votre désir vous offrait la possibilité d’être le véritable instigateur de votre propre création en comprenant le fil conducteur de vos actes ? »
ETRE ACTEUR DE SA PERFORMANCE…..
Janvier 2016
Le désir dans le tir sportif
Mental-Objectif-Perf .
News Letter N° 24
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Le Désir !


Le tireur y apporte tant d’importance et y reporte si souvent la cause de ses échecs !
Mieux voir sans lunette, est-ce possible ?
Mental-Objectif-Perf .
News Letter N° 25
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Modifier ses attitudes mentales…..
Fevrier Mars 2016
La vue et la visée…
Comme chaque mois, Mental-Objectif -
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la recherche de la performance.


Cette News letter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenus mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Je vous propose de partager une analyse parue dans « Psychologie Magazine » de février 2016.

Alors que nous croyons inéluctable de porter un jour des lunettes ou des lentilles de contact, des méthodes douces, ancestrales ou high-tech proposent des techniques de rééducation qui permettraient d’y échapper ou de les abandonner. Mirage ou réalité ?
Et pour le tireur… ?
Au-delà de l’attrait de tirer sans lunette, ces méthodes  reposent sur un principe des plus importants pour la conception et la compréhension du tir sportif :

En réalité, l’œil regarde et le cerveau voit.
Le premier reçoit et transmet les images au second, qui les interprète
.

Le carabinier souvent et le pistolier toujours, voient leur tir et leur manière de tirer (c’est-à-dire de penser, d’engager le point dur, de passer la zone de décrochage de la détente), dépendante de ce qu’ils voient.
La « mauvaise lumière des cibles électroniques aux CDF 10 mètres » sont la cause (ou en tout cas analysée comme telle) des contre-performances de nombreux tireurs.
Le fait de ne pas voir avec la même qualité que d’habitude conduit le tireur à ne pas faire son action habituelle de lâcher, l’absence de l’image référentielle envoyée par l’œil au cerveau conduit celui-ci à ne pas déclencher l’ordre d’appuyer ! Vous y ajoutez une dose d’émotion qui renforce encore plus le contrôle préalable à l’action et vous avez réuni les conditions de l’échec !

Et oui, l’œil reçoit les images et le cerveau les interprète… image inhabituelle…je n’appuie pas….. sauf si j’ai su m’entraîner pour dissocier ce que je vois de ce que je fais ….un de mes grands principes de travail technique et mental.
Que la lumière soit mauvaise ou que ma stabilité soit imparfaite, l’œil enverra une image que le cerveau interprétera comme insuffisante pour appuyer sauf si mon entraînement m’aura donné la capacité de dissocier ce que je vois de ce que je fais… alors je pourrai, je saurai préparer mon lâcher pour coordonner finement ma visée et mon lâcher sur un décrochage bien préparé….et faire un 10 !

Jouer pour améliorer sa vue, l'idée est séduisante.
Votre mission : déterminer si Gabor (un patch rond rayé de barres verticales noires et blanches) est apparu sur la première ou la deuxième image indique l'un des exercices qui invite à répondre en cliquant à droite ou à gauche.
Gabor surgit furtivement au centre de l'écran plus ou moins flou ou contrasté entre d'autres Gabor ou croix qui détournent l'attention.
Lorsque les mauvaises réponses sont trop fréquentes l’algorithme corse moins exercice.

À raison de 25 € par trimestre puis 55 € par an le rapport bénéfice/coût reste positif estime-telle.
Pour le docteur Bury, qui l’a testée, la méthode est crédible « C'est la seule a apporter un large corpus de preuve scientifique dans les revues pointues »
« Elle ne restaure pas le dysfonctionnement au niveau de l'œil mais entraîne les aires cérébrale à tirer parti du peu d'informations que les yeux leur transmettent » ajoute Sylvie Chokron neuropsychologue responsable de l'unité fonctionnelle vision et cognition à la fondation  ophtalmologique Adolphe de Rothschild.
En quelque sorte s’exercer ainsi trompe l’œil en ne reconstruisant pas fidèlement l'information qu'il envoie : l'image qu'il voit floue nous apprenons à l'interpréter comme nette.
Mettre ses lunettes ?
En 2015, 75% des Français déclarent posséder des lunettes et 5% des lentilles de contact, mais ils sont de plus en plus nombreux à ne pas les porter systématiquement. Ces récalcitrants pensent tout simplement ne pas en avoir besoin (67%) ou….les oublient  18%) !

« Mes yeux devenaient paresseux. L’ophtalmo me prescrivait des verres de plus en plus forts. Pourtant, depuis que je ne sors plus mes lunettes que pour conduire, j’ai l’impression que ma vue s’est renforcée : Je me sens moins handicapé quand je ne les ai pas » constate Yves 55 ans, myope depuis 20 ans.
Ce phénomène est subjectif rétorque Thierry Bury, ophtalmologiste.
Le globe oculaire d’un myope ne pourra jamais rapetisser spontanément.
Soit son œil s’habitue à voir de façon imparfaite, soit son score visuel s’est amélioré naturellement car cela était écrit « physiologiquement ».
L’œil est un organe vivant et l’accommodation peut fluctuer au cours du temps.
Faire de la gym pour les yeux
La science ophtalmologique est en revanche plus réservée concernant les méthodes de rééducation oculaire en vogue dans les salons de médecine douce.
Notamment la méthode Bates créée par l'ophtalmologie New-yorkais  et William Bates autour de 1920 et enrichie par ses disciples.

Selon Bates, seuls des yeux détendus accommodent convenablement.
Sa méthode, souvent appelée « yoga des yeux » parce qu'elle relaxe les muscles orbitaux et le mental, ne se réfère pas à la tradition indienne énergétique et spirituelle.
Ses exercices, tels que le palming (poser les paumes sur les yeux fermés) pour la détente, le balancement (s’incliner de gauche à droite) pour créer « l'illusion du monde qui nous entoure », le cillement pour lubrifier l’œil ou les mouvements jouant sur la direction et la profondeur du regard à fin d'entretenir la souplesse du cristallin, sont largement repris.
Y compris par certains orthoptistes qui élargissent leur technique
« conventionnée » (sur prescription médicale !).
Il ne faut pas rêver, un myope de naissance qui a moins de 20 dioptries ne récupérera jamais une vision nette !
Reste que la promesse est là : une vue parfaite sans lunettes ni traitement ou intervention, titre français de l'ouvrage du Docteur Bates est possible à condition que cela corresponde à un désir profond relativise Ghislaine de Laage, si la méthode améliore la vue abandonner totalement ses lunettes serai donc affaire de psychologie.

En réalité, l’œil regarde et le cerveau voit.
Le premier reçoit et transmet les images au second, qui les interprète.
S’appuyant sur ce phénomène, une entreprise de neurotechnologies israélienne a développé l’appli GlassesOff.

Elle promet aux presbytes de lire le journal sans lunette  et de lutter contre la fatigue oculaire et les maux de tête après trois mois d'entraînement, trois fois par semaine.
Une à trois séances mensuelles permettent ensuite d'entretenir le résultat au fil des années.



Utiliser son cerveau
Même quand cela se passe bien le plaisir et le sourire ne sont pas encore là…
1ère à la Coupe du Monde de Pékin en 2014
1ère du classement au 8ème plomb de la finale à Londres
Depuis 2 ans, je me recentre sur les gros objectifs car je me suis rendu compte que courir trop souvent me coûtait trop d’énergie sans véritable gain en retour. S’il paraît simple de dire que la prochaine course n’est pas prioritaire, à partir du moment où le double champion olympique de la discipline est au départ, je peux vous dire que ça motive les troupes et je me retrouve plus à la lutte du résultat que sur la qualité de navigation ! Cette stratégie a eu comme bénéfice de me simplifier la saison en me recentrant sur des objectifs clairs et en me libérant du temps consacré à des envies d’entrainement, basées sur de la technique et du plaisir de naviguer.
Mental-Objectif-Perf .
News Letter N° 26
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RETROUVER L’ENVIE DE S’ENTRAINER
Avril - Mai 2016
Quels changements après l’échec ?
Comme chaque mois, Mental-Objectif -
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Cette News letter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenus mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin
de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.


Je vous propose de partager une interview de Tony ESTANGUET avant son dernier titre olympique de 2012.   Triple champion du monde de slalom (2006, 2009, 2010) et triple champion olympique, à Sydney en 2000, à Athènes en 2004 et à Londres en 2012, seul athlète français à avoir gagné trois médailles d'or dans trois Jeux différents, il a arrêté sa carrière sportive après Londres.
Quels enseigements pour nous, tireurs ?
Cette analyse pertinente nous donne des enseignements sur la stratégie d’entraînement et de préparation d’une nouvelle saison, que la précédente soit réussie ou non en terme d’atteinte d’objectifs.

Cela sous-entend déjà bien sûr que tout tireur commence sa saison après avoir analysé la saison précédente, et détermine des objectifs et des envies afin d’avoir un cap à tenir et de pouvoir analyser sa saison pour préparer la saison suivante.

Il faut savoir se remettre en question chaque année et ne pas vouloir reproduire ce qui a marché, ni corriger simplement ce qui n’a pas marché.

Notre personnalité évolue au fil de nos réussites et de nos échecs et il convient d’adapter l’entraînement à notre personnalité.

Ne pas oublier que le sport, même de haut niveau doit rester un jeu que l’on décide de jouer, personne ne nous y oblige et il convient donc de l’intégrer dans notre vie (et non l’inverse….), notamment en terme d’envie.

Je n’aime pas trop parler de plaisir car le tir est un combat contre soi qui est plus souvent vécu comme une souffrance mentale mais la sensation d’apprendre à maîtriser ses émotions, sa coordination et ses facultés mentales procure un plaisir de la maîtrise du plus haut niveau.

Tony nous rappelle que la course se gagne le jour J et que plus l’on veut maîtriser de choses moins on est dans la créativité.
S’il faut savoir ne rien laisser au hasard dans la préparation et dans la gestion de l’environnement, il est indispensable de conserver la fraîcheur de la créativité et de l’adaptabilité en compétition.
Sinon, le risque est grand de passer son match à chercher à reproduire sans tenir compte de la situation présente plutôt que de gérer la situation présente en se laissant un large spectre de possibilités.

Créativité et adaptabilité du comportement, imprédictibilité du résultat et du déroulement du match sont les principes d’état d’esprit qui doivent gouverner notre pensée en match.

le retour à la compétition après un échec
Beaucoup de personnes me félicitent en ce moment pour mes deux titres de champion du monde 2009 et 2010 après l’échec Pékin 2008. Je ressens bien leur curiosité et leur souhait d’en savoir davantage sur les changements opérés en 2 ans. Même si ma préparation est encadrée par une équipe qui me conseille et fixe le cap, je vais essayer de partager ma vision de cette transition heureuse.
Contrairement à ce que l’on peut penser, j’ai toujours trouvé plus simple de rebondir sur un échec que d’enchaîner après une victoire. Evidemment, le tout est une question d’intensité ou de « gravité ». Il est plus simple pour moi d’apprendre de défaites car il est possible de s’appuyer sur une référence positive pour corriger ses erreurs. Quand on est leader, il est plus difficile d’identifier ce qui a fait la différence : à l’arrivée d’une manche ou d’une course, je visualise tout de suite les erreurs commises tout au long du parcours mais tout ce qui s’est « bien » passé est déjà oublié. J’ai instantanément des solutions pour améliorer les petites erreurs alors que j’ai besoin de la vidéo pour comprendre ce qui a bien marché.




Un entraînement adapté à ma personnalité et à mes envies
Si je devais résumer ce qui a changé dans ma préparation depuis 2 ans, je dirais que mes entraineurs ont réussi à alléger le poids de ma préparation sportive dans mon équilibre personnel en diminuant les contraintes pour mieux coller à ce que je suis aujourd’hui. Une meilleure prise en compte de mes envies sportives et surtout une approche plus ludique (+technique que physique) de l’entrainement et moins placée sous la confrontation quotidienne dans laquelle je me suis usé.

Rebondir après un échec
Je parle ici d’individualisation de l’entraînement, de la capacité à changer et à écouter ses envies. Je n’aurai pas pu repartir pour une 4ème olympiade conçue comme la précédente. Mon expérience malheureuse de Pékin m’a forcément mis dans une situation singulière que j’ai dû gérer en marge du collectif pour me reconstruire petit à petit. La remise en question opérée m’a aussi aidé à faire « le tri » de ce que j’aimais faire et de ce qui me coûtait. Par exemple, je ne crois plus à la confrontation quotidienne qui m’a pourtant tant apporté au début de ma carrière mais dans laquelle aujourd’hui je m’épuise. Nous avons également considérablement allégé la part de la préparation physique. Merci à mes entraineurs (Sylvain CURINIER et Patrice ESTANGUET) de partager ce projet risqué qui consiste à construire une nouvelle olympiade sans vouloir reproduire ce qui a déjà marché, quitte à chambouler nos habitudes pour inventer une novatrice approche du Canoë de Haut niveau.
Rebondir après un échec
Ecouter ses envies
La course se gagne le jour J
A trop vouloir maîtriser le projet olympique 2008, j’ai cherché à me sécuriser et oublié que la course se gagne le jour J. Il est complexe d’expliquer ma réussite de ce début d’olympiade mais j’ai trouvé cette aventure de la « re-conquête » très agréable et motivante et surement plus efficace que mes débuts d’olympiades où j’étais champion olympique sortant. L’échec m’a servi de tremplin à la réussite. La fin de l’olympiade sera probablement plus difficile et un gros challenge puisqu’il s’agit dorénavant de capitaliser sur la réussite.

On comprend à la lecture de cet article combien la gestion de l’environnement final sur le plan mental est déterminante dans la performance.
Pour nous tireurs dont la performance est à 95% dépendante de notre état psychologique, la préparation finale revêt donc une importance extrême.

Des mois et des années de travail peuvent être réduits à néant si l’environnement n’est pas bien géré ou s’il atteint le tireur car les mauvaises pensées  vont altérer son fonctionnement, sa confiance, sa capacité à oser appuyer sur la détente.
On parle ici des JO car ils approchent à grand pas et constituent un événement médiatique et donc particulier dans la carrière d’un sportif mais il convient pour tout tireur à son niveau (championnat régional, championnat de France) d’observer les mêmes précautions dans la préparation mentale de sa compétition :

Le tireur doit adopter en permanence une posture mentale visant à gérer son environnement et à s’y adapter sans vouloir absolument le changer car cela est souvent impossible : La chaleur, le bruit, la lumière, la configuration du stand, l’horaire de tir et des transports, la restauration, les proches, la presse……. Les facteurs constituant notre environnement sont multiples et agissent inévitablement sur notre psychisme et sur nos pensées.
L’attitude naturelle de l’être humain est de vouloir changer son environnement et de réagir à celui-ci, voire de se focaliser sur ce qui le dérange….. avec comme conséquence de perdre son objectif comportemental de vue et de mettre sa concentration sur l’environnement plutôt que sur son comportement…..

Le tireur sportif doit donc apprendre au travers de sa préparation mental à accepter l’environnement tel qu’il est, de s’y adapter et de ne pas réagir face à celui-ci…… vivre avec son environnement en restant concentré sur son objectif de comportement en match plutôt que de vouloir changer son environnement pour y trouver un confort d’habitude ou, encore pire, le prendre à témoin de son échec future…… une démarche bien connue en situation d’émotion.
Accepter son environnement, vivre avec ses pensées sans que celles-ci n’impactent votre comportement….. Pour les lecteurs assidus de mes news letters, cela renvoie à la pratique de la pleine conscience et de la maîtrise de soi….l’essence même de notre sport.

Je terminerai par une anecdote vécue en 2012.
Pour mes premiers JO en tant que coach à Londres   auprès de Céline, nous avons été confronté tous les deux à cette situation de gestion de l’environnement qui peut impacter profondément la performance.
La veille de la compétition, j’ai rejoint Céline au village olympique pour préparer l’entraînement officiel et je l’ai trouvée dans un état émotionnel et de tensions très fortes alors que tout allait bien jusque-là.
Que s’était-il passé ?
Elle avait tout simplement rencontré le matin dans l’ascenseur les deux pistoliers séniors qui allaient tirer leur match de pistolet libre et elle avait ressenti dans leur regard une sorte de terreur qui lui avait fait penser qu’elle allait vivre la même situation et ne saurait pas la gérer.
4 ans de préparation, une saison 2012 exceptionnelle et toute la confiance avait été balayée par un simple regard.
Deux heures de discussion, un bon entraînement et le lendemain Céline réalisait son meilleur score de la saison (387/400) et remportait la première médaille française aux JO de Londres.
J’ai participé aux Jeux Olympiques de Pékin. Décalage horaire oblige, nous sommes arrivés sur place 12 jours avant la course. Le site du triathlon se trouvait à 45’ du village olympique, à Changping.
Logiquement il a été décidé de loger à proximité du lieu de compétition afin d’éviter toute fatigue supplémentaire qui aurait été entraînée par les déplacements quotidiens, ou presque, pour se rendre sur le lieu de course. De plus nous avions pris « nos habitudes » depuis 3 années, dans l’hôtel situé à 500 mètres du départ de la course. Nous étions en terrain connu et loin de la majorité des autres nations qui avait prévu une arrivée de dernière minute et se préparait dans un endroit commun en Corée du sud. Cela impliquait en revanche d’être à l’écart de l’ambiance olympique. Notamment parce que les médias nationaux rediffusaient les exploits de ces athlètes plutôt que les « lives » des autres nations.
Les sélections pour Londres ne sont pas encore effectuées, en revanche les jours d’avant course ont déjà été pensé. Je sais qu’en cas de qualification, j’arriverai 2 jours avant ma course et serai dans un hôtel tout près du lieu de course, comme mes confrères et consœurs de l’équipe de France de triathlon. Nous serons la seule nation à y loger. Les jeux Olympiques ayant lieu à quelques heures de la France, je préfère rester « dans mes quartiers » d’entrainement jusqu’au dernier moment, être focalisée sur mon objectif et suivre les résultats des français via les médias français !
L’idéal c’est de trouver le bon équilibre afin de n’avoir aucun regret.
Profiter pleinement de l’événement sans compromettre son propre objectif.
Rester dans sa bulle et augmenter son capital confiance et motivationnel en ouvrant à l’envie ses portes sur l’extérieur, pour piocher çà et là des éléments qui nous permettront d’arriver sur la ligne de départ plus motivé et en forme que jamais

Gérer l’environnement extérieur
La préparation finale
Ce qui me semble primordial, c’est d’abord de ne pas perdre de vue son objectif sportif et tout le travail que l’on a su et du effectuer pour en arriver « Là ». Il faut également avoir identifié au préalable quelles sont les conditions favorables qui nous permettent de réaliser cet objectif, afin de ne pas s’en éloigner. En effet, il faudra être capable de rester focalisé et serein, ne pas se disperser, malgré toutes les attractions externes et nombreuses liées au phénomène J.O.
Les « Jeux Olympiques » représentent un événement unique. L’atmosphère régnant autour de cette compétition qui regroupe tous les 4 ans les meilleurs sportifs du monde y est par conséquent unique également.
De ce fait, ce « contexte olympique » peut être le moteur d’une performance au-delà de toutes les attentes ou, à l’inverse, être à l’origine d’un échec. Tout dépend de « comment » la situation sera appréhendée par le sportif, pendant la période précompétitive. Quel impact aura sur lui « la vie » dans le village
olympique s’il y séjourne ? Quelle influence auront sur lui la présence des médias, des centaines de sportifs, autant d’éléments qui lui font prendre conscience de la grandeur de l’événement pour lequel il a été lui-même sélectionné. Des éléments qu’il faudra maîtriser afin qu’ils soient bénéfiques à sa performance et non pas déstabilisant.
A l’issue de la course, nous avons quitté Changping, pour aller nous installer au village olympique et s’imprégner de l’ambiance. C’est à ce moment-là que j’ai compris que le choix fédéral de rester un peu à l’écart, était ce qui me correspondait. Le village olympique est un lieu impressionnant dans lequel j’ai eu plaisir à séjourner une fois la compétition terminée. En amont de celle-ci, rester en dehors de cette réalité ne m’a pas dérangée. En revanche, j’aurais aimé avoir accès à ma guise aux résultats des français afin de m’en servir pour accroître encore ma motivation. C’est le petit bémol de ne pas être au village et de ne pas avoir un accès direct aux médias, notamment à Pékin.
Conserver son objectif en tête
En effet, malgré notre volonté de vouloir suivre les résultats des Français, il est vrai que nous avons été un peu frustrés parfois de ce manque d’information concernant les résultats des sportifs français. A part le relais du 4x100 Nage Libre, nous n’avons pratiquement rien pu suivre en direct. Je me rappelle avoir été boostée par ce « Live », mais également de me faire la réflexion que partager l’adrénaline et le stress des autres sportifs pouvait éventuellement être nerveusement épuisant et que cela restait bénéfique, à condition de le choisir et non le subir. Etant relativement loin des sites de compétition, chacun a fait le déplacement une fois pour aller voir une compétition, mais la distance a permis de ne pas être trop tenté de se rendre à toutes les compétitions, ce qui aurait été un des pièges des JO : ne pas avoir de regret et profiter de l’ambiance au maximum…parfois au détriment du repos et donc de sa propre performance.
Quoi qu’il en soit, au moment du départ de l’épreuve je me rappelle m’être sentie dans les meilleures conditions mentales possible. Ce qui signifie que les conditions d’avant course me correspondaient complètement au niveau psychologique, même s’il est vrai que je n’ai pas de moyen de comparaison.
La vie au village olympique
Gérer l’ambiance olympique
Comme chaque mois, Mental-Objectif -
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de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.



Je vous propose de partager un commentaire de la triathlète HYPERLINK "http://carole-peon.onlinetri.com/" \\\\\\\\t "_blank" Carole PEON qui revient sur sa participation olympique de Pékin en 2008 et donne son avis sur la façon d'aborder l'évènement....
LA GESTION DE L’ENVIRONNEMENT….
Juin 2016
Tir : Le regard du coach
Gérer ses émotions et ses envies
News Letter N° 27
Técherger au format PDF
 
A un mois des Jeux Olympiques….
Mental-Objectif-Perf .

Mental-Objectif-Perf .
News Letter N° 28
Técherger au format PDF
 
Un mois après les Jeux Olympiques….  A l’aube début d’une nouvelle saison.
L’ESPOIR FAIT VIVRE MAIS FAIT IL PERFORMER… ?
Juillet Août 2016
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.

Je vous propose de partager avec moi une réflexion personnelle sur le tir, issue de ma récente expérience des JO de Rio.
 
La performance de Céline a été d’être capable de mettre en place le comportement décidé, le  comportement travaillé et de réaliser son potentiel car ses matches et ses entraînements montraient une fourchette de 380/385.
On peut être déçu de finir à un petit point de la finale mais on peut aussi se réjouir de savoir qu’en terme de maitrise de soi, de contrôle de ses émotions et de concentration, on a réalisé son potentiel….. n’est-ce pas cela le tir ?

On est bien sur loin de l’attente des médias et du public, mais chacun son rôle : Le tireur est un sportif et non un artiste qui fait du spectacle ou un homme politique qui fait des promesses.
Ils n’évaluent pas leur potentiel ou ne savent pas l’évaluer autrement qu’en retenant les meilleures séries ou en ne tenant pas compte des mauvaises.

Combien de fois entend-on à la sortie du pas de tir que si je n’avais pas fait un 8…. Si je n’avais pas fait une série à 92…j’aurais fait, non pas mon potentiel, mais ce que l’espoir m’autorise à penser.
Se preparer mentalement
Au titre de la préparation mentale qui précède la compétition, il me semble vital d’apprendre à être lucide sur son potentiel et de se rappeler que le tir est un exercice de maîtrise de soi, de contrôle de ses émotions et de concentration qui a pour but de réaliser ce que l’on sait faire et non pas ce que l’on espère faire ou ce que votre entourage non compétent attend de vous.
Le potentiel d’un tireur s’évalue sur des entraînements  spécifiques (sans faire de match) et sur ses compétitions des derniers mois.
On détermine ainsi une fourchette d’autant plus étroite que le tireur a un bon niveau et on vient en compétition pour tirer dans cette fourchette.
Cela permet d’accepter les points que l’on réalise au cours du match et non de mettre en place une exigence de résultat ou de rejet des points, ce qui va être bloquant dans notre séquence mentale.
Ce mode de pensée n’est absolument pas limitatif dans la performance car l’envie de performer, l’envie du 10 est toujours présente dans un coin de notre cerveau….sinon on n’est pas un compétiteur et on fait du loisir. Après la compétition, l’analyse du résultat doit toujours reprendre cette notion de potentiel.
Sinon, on est perpétuellement déçu de faire ce que l’on sait faire (ce qui est déjà une performance) et on en retient que notre incapacité à ne pas savoir faire ce que l’on espère !
S’installe alors dans le cerveau du tireur une notion d’échec permanent, de perte de confiance et  d’incapacité à gérer ses émotions.
Il devient alors incapable de faire ce qu’il sait faire et régresse ou chute de 10 points par rapport à son potentiel.
Tout est-il possible ?
Ma précédente NL commençait par ces mots : « Les Jeux Olympiques représentent un événement unique. L’atmosphère régnant autour de cette compétition qui regroupe tous les 4 ans les meilleurs sportifs du monde y est par conséquent unique également.
De ce fait, ce « contexte olympique » peut être le moteur d’une performance au-delà de toutes les attentes …..
»

Nombre d’athlètes, et plus encore les médias et le public peu averti espèrent la médaille en pensant que « tout est possible »….mais tout est-il vraiment possible, notamment pour nous tireurs ?
Le comportement des Haltérophiles
Sur un autre plan qui viendra conforter le message que je souhaite vous faire passer au travers de cette news letter, lors des JO de Rio j’ai assisté à une finale féminine d’haltérophilie.

J’ai été surpris du comportement de ces sportifs au regard de leur capacité et de leur lucidité sur la performance possible.

J’ai ainsi vu une athlète ne pas tenter de soulever 2 kg de plus alors qu’elle était en course pour la médaille…. Elle avait probablement conscience de ses limites et de son potentiel qui était atteint et n’espérait pas pouvoir soulever  2 kg de plus, peut être sans risquer la blessure.

La différence avec le tireur, c’est que dans ce sport comme dans la plupart des sports, la capacité physique et technique sont prédominantes dans le résultat et la préparation mentale est un plus qui permet de gagner.
Dans le tir comme dans tous les sports d’adresse, la capacité physique  n’est pas limitante et notre mental a beaucoup de difficulté à raisonner sur le plan de l’acceptation de notre potentiel et l’espoir prend rapidement le dessus sur la lucidité.
La Performance de Céline
Après sa médaille aux JO de Londres et sa performance de 387/400 en 2012, il semblait logique pour les médias et pour le public que Céline aille à Rio pour la médaille d’or….. et chacun pouvait espérer que ce jour-là Céline fasse mieux que ce qu’elle avait fait depuis un an….car notre esprit a beaucoup de mal à comprendre et à accepter la régression.
Entre 2012 et 2016, il y a eu un passage difficile en 2015, lié à un petit problème de santé et en dépit du travail effectué, Céline s’est présentée aux JO avec un potentiel moins élevé qu’en 2012.

Chacun pouvait espérer que ce jour-là Céline retrouverait son niveau, mais ce n’étaient que des vues de l’esprit, cet esprit qui, au travers du mental, nous fait toujours espérer pouvoir faire mieux que ce que l’on vaut réellement ….
Faire ce que l’on sait faire et l’accepter comme une performance !
Savoir-faire ce que l’on sait faire, connaître son potentiel et l’accepter, venir en compétition pour réaliser son potentiel, voilà l’un des supports à la préparation mentale qui permettra d’évoluer dans un environnement d’acceptation et de confiance, beaucoup plus propice à la performance que l’environnement du doute et de l’échec .
Avoir conscience de  son potentiel
Pour reprendre la phrase d’un humoriste que les moins jeunes ont connu, Coluche disait : Chacun pense toujours être doté d’une grande intelligence….étant donné que c’est avec cela qu’il  juge !

C’est exactement le même phénomène que  reproduisent nombre de tireurs.
A l'entraînement, l'espoir est permis comme une source de motivation, mais on n'oublie pas son potentiel car c'est lui qui va être notre mesure de la performance le lendemain
A la sortie du match, l'émotion et le relâchement nerveux doivent s'exprimer, mais la déception est de courte durée car rapidement la lucidité et l'analyse de la performance réalisée prennent le dessus : Être 10ème aux JO quand on est 13ème au ranking mondial, voir la n°1 mondiale se classer 30ème à égalité avec une chinoise double championne olympique, cela permet d'apprécier la performance réalisée ... Et de regarder l'avenir avec sérénité et confiance !


                        Quant à ceux qui penseraient encore que dans le Tir il est normal de réaliser sa valeur…
                                                 Voilà ce qu’on pouvait lire avant les JO de Rio :
Coupe du monde de Rio (Avril 2016) :
What a day for Snjezana Pejcic in Rio: a new World Record and the 3 Positions Gold medal

Coupe du monde de Munich (Mai 2016)
Third world cup, third medal: Croatia’s Pejcic reigns over Rifle 3 Positions event in Munich
She’s the best women’s 3 Position Rifle shooter of the world, and she proved it once again at the ISSF World Cup Munich, today. Croatia’s Olympic hope Snejana Pejcic won another world cup match, collecting the third medal of the season in a row, with 6 points of advantage on her followers.

Coupe du monde de Baku (Juin 2016)
Unbeatable Pejcic secures 3rd Gold of the season, her 4th medal out of 4 world cups
The Croatian shooter won another 50m Rifle 3 Positions Women event, today, confirming her status as world ranking leader, 39 days before the opening of Rio 2016

4 médailles en coupe du monde en 2016 dont la dernière 39 jours avant les JO…
Et aux JO de RIO, Snjezana Pejcic se classe 7ème à 10m et 12ème à 50m …..

La Performance est imprédictible et émergente…. On ne sait pas quand et pourquoi elle arrive… on ne peut que vivre avec cette incertitude et on ne doit pas se poser la question de sa performance de demain !
Pratiquer le tir en compétition, c’est parcourir un chemin de vie pour ce qu’il est et pour ce qu’il nous apporte au présent et non pour un but qui se situe dans un avenir incertain.
La saison internationale est très longue et je pense que ce n’est pas facile de rester en bonne condition.
C’est facile de gagner une fois.
C’est difficile de gagner une deuxième fois.
Une fois que vous savez ce qu’il faut faire pour atteindre le sommet, la vraie lutte commence.
La saison est longue et difficile et ce n’est pas facile d’être toujours prête.
Je choisis les compétitions  importantes et j’essaie de m’y préparer de la meilleure façon.
Quel est votre objectif pour 2016?
Les JO, sans doute. Je veux être bien préparée, ça c’est mon but. Ce sera un défi, un grand défi, mais c’est précisément tout ce qui est intéressant et amusant.
Petra Zublasing (une grande tireuse  italienne) m’a dit un jour : « Si tu es contente de ta performance, tu la fais bien »
Une quantité d’entraînement, une permanence de l’entrainement en hiver des disciplines d’été et inversement et une grande qualité des séances d’entraînement sont nécessaires
En hiver je tire 6 fois par semaine à 10 mètres.
Je n’ai pas de stand de tir couvert pour le 50 mètres. Je fais donc du tir à sec et j’attends les beaux jours.
La présence d’un coach, même à distance, est indispensable pour la préparation mentale, l’organisation de la saison, le programme d’entraînement…
Nous avons des séances d’entraînement à distance et des stages.
Il n’y a pas de recette du succès ou de vidéo sur Youtube.»
Tout est résumé dans ces derniers mots….
C’est vrai ; Il faut seulement travailler durement !
Pouah…. Je n’aime pas me rappeler de cela.
Vous avez la sensation de contrôler tout ce que vous faites et vous êtes certaines de bien faire les choses.
A Baku, j’ai eu la sensation que tout se dérobait en moi. Même encore après quelques mois, je ne suis pas certaine de savoir ce qui s’est passé.
Mais je suppose qu’il fallait laisser quelque chose pour revenir à la prochaine occasion.
Difficile de se maintenir au sommet ?
Oui et non. Maintenant le Tir n’est plus le sport qu’il était dans le passé. Les changements sont bons mais doivent rester logiques. Il y a beaucoup de nouvelles règles qui ne sont pas logiques et justes pour les tireurs.
Je me suis adapté rapidement à ces nouvelles règles mais je n’aime pas certaines d’entre elles.
Le défi suivant : Rio 2016 Comment vous préparez vous pour le Brésil ?
Pas à pas. En fait ce n’est pas très différent de l’entraînement pour le reste de la saison. C’est toujours plus ou moins la même chose. Ce qui change c’est la période. Je vais avoir un stage de plus  mais c’est tout.
Je vais participer aux championnats d’Europe à 10m en février, puis à toutes les coupes du monde.
J’espère trouver la frontière entre trop et trop peu.
Comment performer ?
La meilleure saison de ma carrière à ce jour.
J’ai commencé avec deux médailles d’or à la coupe du monde de Changwon, puis le titre de championne d’Europe et des records du monde.

J’étais très contente d’avoir gagné à 10m et à 50m avec des scores élevés.

Je gagne deux médailles d’argent à la coupe du monde de Fort Benning au mois de mai en égalant le record du monde et puis…
J’ai chuté dans les compétitions suivantes avant de revenir sur le podium au mois de septembre lors de la finale des coupes du monde.
Vous avez chuté aux Jeux Européens…
Le moment le plus difficile de votre carrière ?
Les  Jeux Européens de Baku. Cela a été une expérience difficille, pleine de tension nerveuse et douloureuse.
Néanmoins une expérience.

Le Tir a changé beaucoup ces dernières années. Est-il difficile de vous adapter ?
Un deuxième point intéressant est son analyse de l’échec à Baku : Vous avez la sensation de contrôler tout ce que vous faites et vous êtes certaines de bien faire les choses…
Effectivement, un tireur qui est dans le contrôle de tout ce qu’il fait est un contrôleur technique, pas un compétiteur qui doit s’exprimer le plus possible au travers du lâcher-prise.
Cela induit une posture mentale d’acceptation  de la situation de tir au lieu de vouloir la contrôler, plus le subconscient est actif et plus la coordination fine est performante alors que dans le contrôle, l’activité du conscient ralenti l’activité réflexe, l’instinct. Cela ne veut pas dire que l’on ne doit pas avoir une consigne technique et que l’on doit ne penser à rien, mais cela veut dire que la consigne on l’exécute sans la contrôler…. Faire sans contrôler plutôt que contrôler sans faire
!
Votre meilleur souvenir en Tir  ?
Quels étaient vos rêves, vos attentes ?
J’ai commencé à l’âge de 13 ans par hasard. J’étais à l’école et un jour, au lieu d’aller en cours de gymnastique, on nous a invités au stand de tir pour une initiation à la carabine à air comprimé.
Cela a été amusant mais pas le coup de foudre.….
Le lendemain, une amie a voulu y retourner, je ne voulais pas, mais elle m’a convaincue.
Elle a abandonné au bout de 3 mois… moi j’ai continué.
Puis-je vous en donner 3 ? C’est trop difficile d’en choisir uniquement un.
Bien sûr que la médaille de bronze aux JO 2008 à la carabine 10m est particulière. Beaucoup de sentiments sont liés à cette médaille et il est difficile de les décrire.
Ensuite la médaille d’argent aux championnats du monde à Grenade en 2014 (3 positions à 50m). J’avais eu beaucoup de difficultés la veille à l’entraînement officiel et j’ai retrouvé ma sérénité quand j’ai réussi à ne plus penser à tous mes problèmes et à retrouver la performance.
Enfin, la médaille d’or à la carabine 10m à la coupe du monde de Changwon en 2015. Après des années de lutte dans cette discipline, j’ai ressenti une énorme libération quand j’ai gagné.
Je ne pensais pas au succès, à gagner, à tout cela. C’était tout simplement amusant. Tout a changé avec ma première médaille.

Je me suis rendu compte que plus tu gagnes des médailles, plus tu as envie d’en gagner d’autres !
Votre saison 2015 a été magnifique !
La première leçon que l’on tire de son expérience est celle de 2015 : Elle remporte deux médailles au mois de mai dans la coupe du monde de Fort Benning  avec  un record du monde et un mois après, elle fait une réelle contreperformance aux Jeux européens de Baku…avant de revenir à son niveau au mois de septembre en finale de la coupe du monde.
Il faut comprendre et vivre ainsi le tir, la performance est imprédictible et ponctuelle, c’est celle d’un jour et elle n’est acquise à personne, quelle que soient son niveau et son expérience.
Les propos de Barbara Engleder (Après tout ce temps, je ne sais pas encore pourquoi il y a des jours où tout va bien ») et les JO de Rio (Olena Kostevitch, N°1 mondiale se classe 30ème) montrent combien on doit vivre dans l’incertitude du résultat et l’accepter sinon on génère une émotion non contrôlable.
Ne pas être dans le contrôle
Quand avez-vous commencé le Tir ?
Comme chaque mois, Mental-Objectif -
perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à
la recherche de la performance.

Cette News letter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenus mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin
de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Je vous propose de vous faire découvrir ou redécouvrir une partie de l’interview de Snjezana PEJCIC parue dans le journal de  l’ISSF après son élection comme « Tireuse de l’année 2015 ».

J’ai trouvé très pertinents ces propos par rapport à ce qu’est le tir, comment il est vécu par les sportifs de haut niveau et souvent si difficilement vécu par ceux qui n’ont pas atteint encore ce niveau de compréhension.
Quel est le plus difficle pour un sportif professionnel ?
Pour moi, c’est de maintenir mon niveau quand les choses sont difficiles.
On me demande très souvent si je regrette de faire des sacrifices pour être une athlète professionnelle.
Je n’ai rien sacrifié et j’aime toujours tout ce qui concerne le tir. Si les choses deviennent difficiles, je saurai qu’il faut arrêter.
Cela dépend de la saison mais en hiver je tire 6 fois par semaine à 10 mètres.
Je n’ai pas de stand de tir couvert pour le 50 mètres et l’entraînement au petit calibre est donc difficile jusqu’au printemps .Je fais donc du tir à sec et j’attends les beaux jours.
Depuis deux ans, je travaille avec Guy Starik qui m’a beaucoup aidé.
Nous avons des séances d’entraînement à distance et des stages en Israël où l’hiver est plus agréable qu’en Croatie !
Ajoutez la préparation physique et mentale et voilà !
Les propos de Snjezana PEJCIC sont intéressants sur plusieurs points en ce qu’ils émanent de l’une des meilleures carabinière au monde et qu’ils doivent servir d’enseignement à tout un chacun et pas seulement aux tireurs de haut niveau.
La performance est imprédictible
Il n’y a pas de recette du succès ou de vidéo sur Youtube. Barbara Engleder (une des meilleurs tireuses au monde) a dit ceci : « Après tout ce temps, je ne sais pas encore pourquoi il y a des jours où tout va bien »
C’est vrai ; Il faut seulement travailler durement.
TRAVAILLER DUR , IL N’Y A PAS DE « COMMENT FAIRE »
Septembre 2016
Snjezana PEJCIC , carabinière Croate élue tireuse de l’année 2015 par l’ISSF.
 
Que retenir de cette Interview ?
Comment vous entraînez vous ?
Comment devenir un champion au tir ?
Mental-Objectif-Perf .
News Letter N° 29
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Mental-Objectif-Perf .
News Letter N° 30

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Apprendre a relativiser
Octobre 2016
Quelle place occupe le Tir dans ma vie ?
Comme chaque mois, Mental-Objectif -
perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à
la recherche de la performance.

Cette News letter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenus mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin
de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Les championnats départementaux sont tirés, les regards se tournent déjà vers les championnats régionaux avec leur « sanction » pour nombre de tireurs : la qualification aux championnats de France.

Pour les meilleurs, la qualification aux championnats de France n’est pas un sujet, la performance lors de ce rendez-vous en sera un.

Pour tous, doit se poser dès maintenant la question de la place du tir dans votre vie car à cette question, la réponse induira un positionnement mental lors des rendez-vous.

Je dois m’entraîner ….
La place du tir dans la vie
La place que le  tir occupe dans la vie du tireur est importante à déterminer afin de maintenir un équilibre indispensable à la qualité de notre vie, à son sens et à la performance sportive.

Le tir fait partie de la vie du tireur, il ne doit pas être sa vie. Il doit rester un sport, un jeu, un support au chemin à suivre vers la connaissance et à la maitrise de soi.
Si j’attends trop du tir, de ses résultats, la compétition conduit le tireur à une posture mentale difficile pour qu’il se  réalise. Si la contrepartie du tir, du résultat attendu est trop importante (statut social ou professionnel…), le poids de l’enjeu et des conséquences  de l’échec éventuel génère un stress bloquant.

Pour avoir rencontré récemment beaucoup de tireurs qui ont vécu un championnat départemental difficile et en cette période sportive qui précède les compétitions de référence, il me semble important pour tout un chacun de faire un travail de relativisation sur l’importance des résultats attendus :

- A l’entraînement car avant les compétitions, le tireur cherche à se rassurer sur sa capacité à produire du résultat alors que le monde de l’entraînement et le monde de la compétition ne permettent aucune transposition ou comparaison de la performance,

- En compétition car si on attend trop du résultat, on va générer l’émotion liée à l’inconnu de la performance et au stress lié à la sensation de ne pas être à la hauteur de l’enjeu.

Si je « dois » m’entraîner, je risque fort à terme de n’y trouver ni plaisir ni épanouissement.
C’est le risque des quantités et rythmes importants  d’entraînements nécessaires  chez les tireurs de haut niveau ou chez ceux qui veulent le devenir sans avoir compris  que la quantité ne résout pas tout ou qui oublient la dimension mentale du tir
C’est un phénomène que l’on rencontre aussi dans les pôles ou certains tireurs, restés trop longtemps, vont à l’entraînement comme d’autres vont au travail.

Il en est de même pour les entraîneurs qui sont restés trop longtemps sur un même poste ou dans un pôle !
Reprendre le contrôle de sa vie
Le besoin d’autonomie, lié au sentiment que nous maîtrisons nos choix, est déterminant pour notre épanouissement.
Nous avons pourtant souvent l’impression d’être prisonniers d’une routine, d’un quotidien, de ne pas piloter notre vie et de n’e pas avoir le choix…
« Je dois aller travailler », « je dois faire la cuisine », « je dois m’entraîner »...
Ces actes sont guidés par une motivation extrinsèque car résultants de contraintes diverses.  « Lorsque notre vie n’est constituée que de tels  actes, ils absorbent  notre énergie, diminuent notre bien-être et appauvrissent notre vie »(Source :Handbook of Mindfulness and self regulation -Springer 2015)
Pourquoi je m’entraîne ?
Cette question, vous devez vous la poser régulièrement car si la seule motivation de votre entraînement est de tirer pour faire des points en vue des régionaux, vous allez vous construire un environnement mental difficile à gérer lors du rendez-vous : Attente d’un retour sur investissement, attente de reproduction des points faits dans le monde de l’entraînement alors que vous serez dans le monde de la compétition (deux mondes différents selon moi, séparés par un mur…. Le mur de l’émotion), peur de l’échec et de la non qualification….

L’entraînement doit être et rester un moment dédié à l’apprentissage (répétition et conscience sur la partie travaillée) d’une part et au plaisir de tirer d’autre part, le plaisir s’entendant différemment selon ce que chacun  recherche dans sa pratique.

Comment reprendre ce contrôle ?
Identifier ses peurs
En portant un nouveau regard  sur nos actes quotidiens et donc sur le tir et sa partie entraînement. Prenez l’habitude de dire et de penser « je le fais pour… » à la place de « il faut que… » ou  « je dois… ».Même si nos choix sont souvent restreints par un grand nombre de facteurs, cette formulation nous permet de nous rappeler au service de quoi nous agissons. S’entraîner par obligation ou étant conscient de réaliser une action importante ou plaisante pour soi est très différent. Faire preuve de créativité dans notre vie et donc dans notre entraînement peut nous aider aussi à moins subir. La méditation et l'attention au moment présent (pleine conscience) nous apportent également un autre regard du quotidien.
je l’espère, si je ne gagne pas, si je ne vais pas en finale, si je ne me qualifie pas pour les championnats de France, finalement cela va changer quoi à ma vie ?

Rien de significatif, je serai déçu, je n’aurai pas satisfait mon envie mais finalement rien de grave ! Il y a des choses beaucoup plus graves que de ne pas obtenir les résultats attendus.

Il convient ensuite de lister les motifs de ses peurs et de voir quelles conséquences cela aura sur notre vie….

Là aussi on s’aperçoit vite que la peur n’est pas raisonnée et qu’elle devient même souvent un réflexe lié à la compétition.
La peur de ne pas réussir…… là encore, cela change quoi dans ma vie ?
Tout le monde s’accorde à dire que le tir est un sport mental et tout le monde s’entraîne techniquement…..

Alors en cette période d’ouverture des compétitions, intégrez dans votre préparation l’aspect mental qui vous permettra d’aborder avec une émotion gérable vos compétitions.

Mieux penser pour mieux tirer, bien penser pour pouvoir utiliser ses compétences techniques…. C’est la partie la plus abstraite de notre sport mais n’est-ce pas celle qui en fait toute sa richesse et son attrait ?

Le Tir, L’Equitation, …. La recherche permanente d’un équilibre de vie !

Mental-Objectif-Perf .
News Letter N° 31
Técherger au format PDF
 
APPRENDRE A CONSTRUIRE ET NON A CORRIGER
Novembre 2016
La Psychologie positive
Comme chaque mois, Mental-Objectif -
perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à
la recherche de la performance.

Cette News letter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenus mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin
de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Je vous propose ce mois-ci un extrait d’un article publié par Les presses Unniversitaire de Liège
dans Les Cahiers Internationaux de Psychologie Sociale (2012/1 Numéro 93) sur la Psychologie positive.
La correction des défauts
Les pensées d’avant match
Dans mon rôle de coach, une grande partie de mon activité d’avant match est de mettre le tireur sur des pensées positives et constructives alors que son naturel le porte vers des pensées négatives et destructives.

La performance étant imprédictible, le tireur va régulièrement s’interroger sur sa capacité à réussir en voulant éviter l’échec.

Il va naturellement envisager et répertorier toutes les causes possibles de l’échec, comme pour se déresponsabiliser de celui-ci pour le cas où il surviendrait.

A ce petit jeu, l’esprit est fertile et va commencer par l’environnement extérieur (température, bruit, lumière, hauteur des cibles ou de la table….) puis y ajouter son environnement interne (sa stabilité, son lâcher, son dernier match, son dernier entraînement…).

Nombre d’entre vous vont se reconnaître dans cette posture !
L’approche traditionnelle offre pour principale perspective d’avenir la correction des insuffisances, des défauts.
Elle sous-tend implicitement la philosophie selon laquelle l’amélioration, le mieux-être, passe par la « guérison » ou la résolution des déficiences (Magyar-Moe, 2009).
On aide le dépressif à guérir de sa maladie. On aide l’élève en échec scolaire à combler ses lacunes.
La Psychologie négative
Développer nos forces
Mais cette unilatéralité masque un ressort complémentaire : l’amélioration n’est-elle pas au moins en partie contingente à notre capacité à développer nos forces, nos qualités ?

Par exemple, certaines recherches récentes révèlent que les symptômes dépressifs disparaissent lorsque les individus sont entrainés à développer des pensées positives, l’optimisme, leurs forces, et à exprimer de la gratitude.
Certains processus psychologiques « positifs » semblent être de véritables antidotes aux processus psychologiques « négatifs ». Ce changement de perspective invite à considérer l’amélioration non pas sous l’angle de la résolution des déficiences, mais plutôt sous l’angle du développement des potentialités, des qualités, inhérentes à chaque individu, groupe ou système.
Il est probable qu’aucune de ces deux approches ne peut à elle seule assurer une réelle compréhension de la psychologie humaine et un fonctionnement optimal. C’est plus sûrement par leur combinaison que cet objectif est réalisable. Il semble donc important de favoriser l’essor d’une approche positive en psychologie qui se veut complémentaire à l’approche traditionnelle et qui vise à étudier les conditions et les processus qui contribuent au fonctionnement optimal des individus, des groupes, et des institutions.
Traditionnellement, la psychologie est davantage enracinée dans la dimension négative que dans la dimension positive du fonctionnement humain.
Depuis déjà quelques décennies, la recherche en psychologie a mis en exergue que l’humain est biaisé en faveur de la négativité.
Qu’il s’agisse par exemple du traitement de l’information, des émotions, des renforcements ou des relations interpersonnelles, la valence négative a un impact supérieur à la valence positive. Baumeister et ses collègues (2001)  concluent même que ce biais en faveur de la négativité au détriment de la positivité « may be one of the most basic and far-reaching psychological principles » (p.362).

Ce n’est donc pas totalement un hasard si une proportion importante des travaux en psychologie se focalise sur les problèmes, les déficits, les anomalies, les « pathologies », qu’ils soient d’ordres individuels, sociaux ou sociétaux.

Cette tendance à sur-étudier les aspects négatifs de la psychologie humaine en comparaison aux aspects positifs, serait, au moins en partie, le reflet du biais en faveur de la négativité.
. La Psychologie positive
Les pensées pendant le match
L’émotion liée à l’enjeu (réel ou imaginé) et à l’imprédictibilité de la performance vont amener le tireur sur un sentiment d’insécurité et donc de contrôle conscient de ses actions.

Il va rapidement devenir un contrôleur technique (qui vérifie la qualité de ses actions au sein de sa séquence de tir) au lieu d’être un compétiteur qui tire tout simplement en mettant sa séquence en place sans se demander comment, simplement en la réalisant.
Faire sans se poser la question du comment, plutôt que se poser la question du comment faire….sans faire !

Le tireur sous l’emprise de l’émotion et dans son désir de ne pas faire de fautes, va donc analyser tout ce qu’il fait et vouloir corriger.
Cette posture consciente est bien sûr à l’opposé de l’activité subconsciente qui est ultra rapide en termes de coordination.

En match, il est toujours plus productif de se concentrer sur la bonne action à faire au présent que sur la correction de la mauvaise action, c’est-à-dire de vouloir éviter la faute du passé !

La Psychologie humaine
Si cette approche est utile, elle a pour principal inconvénient de dresser un portrait particulièrement négatif du fonctionnement psychologique humain, qui nécessite d’être contrebalancé par une approche plus positive. Cette sorte d’ « ancrage épistémologique par défaut », consubstantiel au fonctionnement psychologique humain, n’est sans doute pas sans conséquence.

En effet, ce biais en faveur de l’étude des aspects négatifs génère une distorsion non seulement au niveau de la compréhension de la psychologie humaine, mais également au niveau des applications visant à améliorer le devenir de l’Homme, que l’on considère sa psychologie individuelle ou les dynamiques plus collectives.
Quelle transposition pour le tireur ?
Parler de psychologie positive avec un tireur relève toujours du défi en période de compétition !

En effet, que cela soit avant ou pendant son match, le tireur a une très forte propension à envisager l’échec en voulant l’éviter et à vouloir corriger ses fautes au lieu de vouloir mettre en place  une bonne action…
Bibliographie
Pour ceux qui seraient intéressés par l’article complet et par les références bibliographiques :
http://www.cairn.info/revue-les-cahiers-internationaux-de-psychologie-sociale-2012-1-page-15.htm
Soyez Positifs !!!