Steve JOBS
Steven Paul Jobs, dit Steve Jobs, (né à San Francisco le 24 février 1955 et décédé à Palo Alto, le 5 octobre 2011) était un entrepreneur et inventeur américain, souvent qualifié de visionnaire, et une figure majeure de l'électronique grand public, notamment pionnier de l'avènement de l'ordinateur personnel, du baladeur numérique, du smartphone et de la tablette tactile de la marque Apple.
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Penser le Tir sportif autrement…..
Daniel GOBERVILLE  
News Letter
Daniel GOBERVILLE  5, rue du Colombier  60660 Cires les Mello  France  Téléphone : +33 6 08 17 06 74  informations@mental-objectif-perf.com
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Penser le Tir sportif autrement…..
Apprendre à  gérer ses émotions, sa motivation et ses objectifs…
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Penser le Tir autrement



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News Letter N° 32
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SOYEZ INSATIABLE, SOYEZ FOUS !
Decembre 2016 Janvier 2017
Comme chaque mois, Mental-Objectif -
perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à
la recherche de la performance.


Cette News letter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenus mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin
de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions
.

Je vous propose ce mois-ci de partager un extrait du discours prononcé par Steve Jobs en 2005 devant les étudiants de l’Université de Stanford, à l’occasion de la cérémonie de remise des diplômes.

Ce texte reflète l’état d’esprit qui animait le fondateur d’Apple et peut servir, à chacun d’entre nous, de posture pour cette année 2017.

Soyez insatiables. Soyez fous !
A la fin des années 60, avant les ordinateurs et l’édition numérique, un certain Stewart Brand avait créé une extraordinaire publication, une sorte de Google en livre de poche qui débordait d’idées épatantes et de recettes formidables. Ce fut sa bible 35 ans avant la création de Google.
Quand ils eurent épuisé la formule, dans les années 70, ils publièrent un dernier numéro. La quatrième de couverture montrait la photo d’une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle on pourrait faire de l’auto stop si on a l’esprit d’aventure
Sous la photo, on lisait : Soyez insatiables. Soyez fous.

C’était leur message d’adieu et c’est le vœu que j’ai toujours formulé pour moi.
Sa deuxième histoire concerne la passion et l’échec.
Il avait 20 ans lorsqu’il a créé APPLE avec Steve Wozniak dans le garage de ses parents.1o ans plus tard, Apple comptait 4 000 employés, réalisait 2 milliards de $ et lançait le Macinstosh.

C’est alors que le conseil d’administration le licencia après une divergence de vision avec le directeur qu’il avait embauché un an plus tôt pour diriger l’entreprise avec lui !

Viré avec perte et fracas, sa raison d’être disparu, il reste plusieurs mois sans savoir que faire.. Puis il comprit peu à peu qu’il aimait toujours ce qu’il faisait et décida de repartir à zéro.

« Je ne m’en suis pas rendu compte de suite, mais mon départ d’Apple a été salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une liberté grâce à laquelle je connus l’une des périodes les plus créatives de ma vie  ».

Pendant les 5 années suivantes, il crée deux sociétés et tombe amoureux de Laurence qui devient son épouse.
Par un remarquable concours de circonstances, il revient chez Apple quand celle-ci rachète l’une de ses sociétés, leader mondiale du film en 3D !
La technologie développée par sa société  a été l’une des clefs de la renaissance d’Apple et il a fondé une famille heureuse avec Laurence.

« Tout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. Parfois la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je fais qui m’a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime.
Le travail occupe une grande partie de l’existence et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez.»

Pourquoi mon départ forcé d’Apple fut salutaire ?
 
3 Expériences dans sa carrière
En introduction de son discours, Steve Jobs précise qu’il n’a jamais terminé ses études supérieures et que c’est la première fois qu’il participe à la remise des diplômes dans une université.

Il souhaite faire partager 3 expériences qui ont marqué sa carrière, rien d’extraordinaire, précise-t-il, juste 3 expériences.
Et le Tir dans cette histoire ??
Cette histoire de la vie de  Steve Jobs est  probablement plus instructive sur le plan comportemental pour votre vie quotidienne que pour le tir….. et pourtant j’y trouve des messages forts pour votre comportement en compétition et pour la préparation mentale qui s’y associe.

Pour nombre d’entre vous, la saison 10m se termine avec un championnat de France qui peut laisserun goût d’inachevé, quelques regrets peut-être  quand ce n’est pas plus quand on n’y a pas été qualifié.

Comment avez-vous abordé vos championnats régionaux et vos championnats de France, comment allez-vous aborder vos prochains CN ou vos échéances internationales…. quelle place occupe le tir dans votre vie, quelle importance donnez-vous aux résultats de vos compétitions ?
Vivez- vous chaque jour comme si c’était votre dernier jour ?
Vivez-vous  chaque compétition comme si c’était la dernière ?
Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d’éviter le piège qui consiste à croire que l’on a quelque chose à perdre
Êtes-vous insatiables, êtes-vous fous dans vos matches , ou bien êtes-vous en permanence dans le contrôle de vos actes, de votre séquence et sur la réserve défensive en permanence ?

Votre temps est limité. Ne le gâchez pas. Soyez insatiables, soyez fous !
Pourquoi j’ai eu raison de laisser tomber l’université !
Steve Jobs est né d’une jeune étudiante célibataire et a été adopté dès sa naissance par des parents qui n’avaient jamais fait d’études mais qui s’étaient engagés à mettre leur enfant à l’université.
Il avait choisi une université très chère et toutes les économies de ses parents servaient à payer sa scolarité dont il ne voyait pas l’utilité.

Il a donc abandonné au bout de 6 mois car il « était en train de dépenser tout cet argent que ses parents avaient épargné une vie durant ».

Il reste pendant 18 mois en auditeur libre pour suivre les cours qui l’intéresse.

Une vie d’étudiant difficile car, logé chez des amis, il dormait par terre, récupérait les bouteilles vides de coca pour récupérer la consigne de 5 centimes et faisait 10km à pied chaque dimanche pour se payer un vrai repas au temple Krisnha.

Le Reed College dispensait un des meilleurs enseignements de typographie et de calligraphie.

C’est parce qu’il n’y était pas obligé, que Steve Jobs suivi ces cours de calligraphie qui n’étaient pas censés lui servir.

C’est ainsi que 10 ans plus tard, alors qu’il concevait le premier macintosh, cet acquis lui revint et il l’incorpora au Mac qui fut le premier ordinateur doté d’une typographie élégante.
S’il n’avait pas suivi ces cours, le Mac n’aurait pas été doté de cette variété de police et « comme Windows  s’est borné à copier Mac il est probable qu’aucun ordinateur personnel n’en disposerait ».

Il était naturellement impossible de savoir qu’en arrêtant ses études et en s’inscrivant à des cours de calligraphie, 10 ans plus tard cela aurait des répercussions sur les ordinateurs de notre vie de tous les jours !

« On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains événements dans le futur ; c’est après coup seulement qu’apparaissent les liens.
Vous pouvez seulement espérer qu’ils joueront un rôle dans votre avenir. L’essentiel est de croire en quelque chose.
Votre destin, votre vie, votre karma, peu importe.
Cette attitude a toujours marché pour moi, elle a régi ma vie. »




Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie ?
Sa troisième histoire concerne la mort.
A l’âge de  17 ans, il avait lu cette citation qui ne l’a jamais quitté : « Si vous vivez  chaque jour comme si c’était votre dernier jour, vous finirez un jour par avoir raison. »
« Pendant 33 ans, je me suis regardé dans la glace chaque matin en me disant : Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aimerais ce que je vais faire tout à l’heure ? Et si la réponse était non plusieurs jours de suite, alors je savais que j’avais besoin de changement. »

Il avait découvert que ce qui l’aidait à prendre des décisions importantes était de penser qu’il pouvait mourir bientôt. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d’éviter le piège qui consiste à croire que l’on a quelque chose à perdre.

« Votre temps est limité. Ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. »

La mort est un destin que nous partageons tous et personne ne peut y échapper. C’est bien ainsi. C’est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l’ancien pour le remplacer par du neuf.
Les jeunes d’aujourd’hui représentent le neuf mais ils deviendront progressivement l’ancien et laisseront la place aux autres.
C’est dramatique mais c’est la vérité.


Mental-Objectif-Perf .
News Letter N° 33
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ACCEPTER SES  ERREURS POUR OSER AGIR !
Février 2017
C’est dans l’échec que l’on apprend à mieux se connaître.  
Comme chaque mois, Mental-Objectif -
perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à
la recherche de la performance.

Cette News letter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenus mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin
de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Je vous propose ce mois-ci de partager un entretien avec Charles Pépin (Philosophe et enseignant) paru dans Psychologie Magazine sous le titre :
« Que faire de nos fausses notes ? »
Nos échecs nous rapprochent donc de notre vérité…
Elle est très stimulante quand on est jeune, qu’il faut rebondir et que tout est encore possible.
La seconde est une sagesse de l’être, plus adaptée aux crises de l’âge mûr, lorsqu’il s’agit d’être enfin fidèle à soi-même.
Je trouve intéressant de dialectiser ces deux propositions : Nous pouvons sans cesse nous réinventer, mais toujours dans la fidélité de notre désir
En effet, depuis l’école nous sommes sanctionnés pour nos erreurs.
Les jeunes sont sommés de réussir vite, en évitant les erreurs d’aiguillage, pour se mettre une fois pour toute à l’abri du risque.
Aux Etats-Unis ou en Scandinavie, l’échec est davantage valorisé. Il est signe d’audace, signe que l’on a commencé tôt à chercher sa propre voie plutôt que l’on a failli à se mettre sur les bons rails.
Notre tendance à culpabiliser à l’excès lorsque nous avons échoué est un héritage notamment de Descartes, qui voyait dans la volonté humaine ce que les hommes tenaient du divin.
Son « quand tu veux, tu peux »encore très ancré dans nos mentalités, implique que celui qui ne réussit pas fait un mauvais usage de sa volonté.
L’apprentissage serait très différent si, au lieu d’attribuer de mauvaises notes, on s’intéressait au caractère singulier du ratage d’un élève, à ce qu’il y a d’intéressant et d’original dans sa réflexion, quand bien même elle aboutit à un résultat erroné.
Notre système scolaire n’encourage pas à la singularité. Il veut fabriquer le plus de « moyens-bons » possible.
Or, rater d’une manière qui nous ressemble augmente nos chances de réussir d’une manière qui nous ressemble.

 
Soyez insatiables. Soyez fous !
Quels enseignements pour nous, Tireurs compétiteurs ?
L’échec dans le sport, et plus encore dans le tir est un lot quotidien.
Peu de sports autant que le nôtre ne mettent l’athlète en position régulière d’échec, d’interrogation sur ses compétences, de remise en question de soi-même et de ses capacités mentales.
L’imprédictibilité du résultat dans le tir nous fragilise en permanence avec ce sentiment de ne plus savoir faire  les choses alors que tout est en nous et que seule notre manière de penser nous permet d’utiliser ou non nos compétences en compétition.
Ce discours de  Charles Pépin et sa conception de l’échec me renvoient directement au philosophe allemand  M.Herrigel , qui dans son ouvrage «  Le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc » , développe le concept que l’important n’est pas l’objectif mais le chemin parcouru pour le réaliser.
Quand seul l’objectif (c’est-à-dire le résultat) vous anime, les échecs sont forcément mal vécus et ne peuvent constituer des expériences constructives du chemin de vie ou être perçus comme tels. Accepter ses échecs, en tirer un bénéfice pour la connaissance de soi, impliquent de bien concevoir et comprendre la pratique du tir : Au-delà de la notion incontournable de compétition, le chemin parcouru par la pratique du tir nous amène une meilleure connaissance de nous et de la gestion de nos émotions, qualités essentielle à un bon équilibre de vie.

Savoir vivre implique de savoir rater

L’échec est inhérent à l’aventure humaine. Lorsque vous faites connaissance avec quelqu’un, celui-ci met rapidement en relation ses réalisations présentes avec ses revers passés.
Ceux qui prétendent n’avoir jamais trébuché sont souvent des arrogants auxquels il manque une épreuve du réel et une certaine humanité.
Curieusement, il existe peu d’ouvrages consacré à la notion d’échec. Or, cette expérience fondatrice peut nous rendre plus combatifs ou plus sages.
Elle peut être une occasion de mieux entendre notre désir profond, de nous rendre disponibles pour de nouvelles voies, plus libres de nous tromper et de progresser. Il y a une corrélation entre les échecs dont on a su tirer les leçons et la réussite à long terme, sociale et humaine.
Lorsque l’on a connu des épreuves, on devient plus emphatiques, on apprécie mieux son bonheur.
Nos échecs nous rendent-ils toujours plus fort ?
Rater d’une manière qui nous ressemble …
Cela signifie que si on échoue en ayant suivi un modèle ou les injonctions de nos parents, alors c’est la double peine.
Non seulement on a raté, mais ce n’était même pas ce que l’on souhaitait.
Mieux vaut s’efforcer de vivre selon l’injonction nietzschéenne : « Deviens ce que tu es.»
Car alors les échecs sont admis comme autant d’étapes nécessaires vers notre accomplissement.
C’est en se plantant que l’on apprend à mieux se connaître.
Le tennisman Stanislas Wawrinka, 4ème joueur mondial, a tatoué sur son bras la phrase de  Samuel Beckett « rater encore, rater mieux » pour exprimer son ambition.
Au lieu d’inculquer aux jeunes la peur de se tromper, il faudrait leur dire qu’il n’y pas de réussite sans ratage ni persévérance. Et ce qui compte, ce n’est pas de s’installer dans le succès mais de progresser dans sa quête.
A ceux qui, en concert, lui demandaient sans cesse les mêmes titres, le chanteur Prince répondait : « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas ce que vous connaissez déjà, mais ce que vous êtes prêts à découvrir ».

Nous ne sommes pas égaux dans la résilience.
Notre capacité à nous relever est en grande partie liée à ce que nous avons vécu dans l’enfance : L’exemple de nos parents, que nous avons vus affronter leurs propres difficultés avec plus ou moins de combativité, mais aussi les obstacles que nous avons eus nous-mêmes à surmonter.
Il me semble qu’il vaut mieux avoir rencontré l’échec très tôt que trop tard, avoir fait jeune l’expérience d’un réel, face auquel il nous faut découvrir nos ressources, que de nous heurter tardivement à l’écueil et de nous en trouver démunis.
Parmi mes élèves, je constate souvent que ceux qui ratent leur premier devoir réussissent mieux par la suite que ceux qui s’endorment sur leurs petits succès.
Ce qui donne à une erreur la dimension de l’échec
Rater un devoir ou rater sa vie, ce n’est pas pareil ?
L’échec, c’est une erreur doublée d’un sentiment de défaite.
Certaines erreurs peuvent être rectifiées sans nous affecter plus que ça.
D’autres nous terrassent car nous y avons joué une part de nous-mêmes, liée à ce que Freud appelait l’idéal du moi : C’est notre valeur même qui est remise en question.
Ce qui nous accable, c’est le fait de confondre notre personne avec notre ratage, plutôt que de l’observer comme un fait a analyser, comme l’occasion d’un apprentissage.

Notre audace peut-elle être entravée par la peur de l’irréparable ?
Ce qui serait irréparable pour moi, ce serait le fait de ne rien tenter, de ne jamais changer, de s’asphyxier dans une identité et une existence immuables.
Je pense qu’une vie réussie est une vie dans laquelle on explore de manière créative sa pluralité.
Avec cette définition, les échecs prennent une autre coloration : Ils sont moins des portes qui se ferment que des fenêtres qui s’ouvrent.
Ils signifient qu’on a osé explorer d’autres possibilités, même si l’on s’est trompé.
Les crises sont douloureuses, bien sûr, elles peuvent déboucher sur des ruptures, mais elles sont aussi le signe que quelque chose ne convient plus et doit être modifié.
Dans la plupart des échecs, il y a une réinvention qui nous révèle à nous-mêmes : « dans le péril croît aussi ce qui sauve », disait Hölderlin.
Ce qui serait irréparable, c’est d’arriver au seuil de la mort en demeurant ignorant d’une grande partie de soi.

Notre rapport à l’échec est très différent de celui des Anglo-saxons
En effet, depuis l’école nous sommes sanctionnés pour nos erreurs.
Les jeunes sont sommés de réussir vite, en évitant les erreurs d’aiguillage, pour se mettre une fois pour toute à l’abri du risque.
Aux Etats-Unis ou en Scandinavie, l’échec est davantage valorisé. Il est signe d’audace, signe que l’on a commencé tôt à chercher sa propre voie

Mental-Objectif-Perf .
News Letter N° 34
Animer….   
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LE SPORTIF AU CENTRE DU PROJET  avec un suivi quotidien
Mars 2017
Entraîner…Coacher…
Cet entretien avec Sébatien Flutte montre combien il est important, pour le sportif  d’être accompagné dans un projet de performance par un véritable staff  multi compétences  et avant la dernière chance de qualification aux JO de Rio, la FF de tir à l’arc l’a bien compris en faisant appel à l’expérience de son plus grand champion.
Le projet du tireur doit rester au centre des préoccupations de chacun. Ceci est vrai quel que soit le niveau du tireur, qu’il prépare les JO ou sa qualification aux championnats de France.
Le niveau des  compétences ne sera bien sûr pas les mêmes mais la démarche doit rester identique : De la technique, du mental, du physique, de l’hygiène de vie, de la programmation et des objectifs.
Animateur de stage, Entraîneur et Coach sont des missions spécifiques et exigent des compétences différentes.
Nombre de stage auxquels participent les tireurs n’ont qu’un impact très limité sur leur progression car on ne doit pas confondre entraînement et stage et on ne doit pas confondre entraînement et accompagnement.
Dans les stages, le rôle principal du cadre est d’animer celui-ci et dans le meilleur des cas de corriger certains défaut ou d’enseigner un geste technique.
L’entraîneur a un rôle au quotidien de travail alors que les stages sont ponctuels et souvent éloignés de plusieurs semaines ou mois selon  le niveau de la structure fédérale qui l’organise.
Le coach a pour mission d’accompagner le tireur tout au long de son parcours sportif et pas seulement à l’entraînement. Il doit donc le connaître au quotidien et non voir son tireur à l’occasion de stages mensuels.
Le MOP tente de répondre à cette problématique du tir français dont les cadres (intervenant au niveau départemental, régional et national) sont la plupart du temps des animateurs de stage, voire des sélectionneurs et non des entraîneurs et à fortiori pas du tout des coaches.
Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette News Letter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenus mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.
Je vous propose ce mois-ci de partager un entretien avec Sébastien Flutte en 2015.
Archer français spécialiste de l'arc classique, champion olympique en 1992, il a pris sa retraite sportive en 2000, après les JO de Sydney. Mais en 2009 il sort de cette retraite pour préparer les JO de Londres en 2012.
Il s’oriente ensuite sur l’accompagnement de l’équipe de France pour préparer Rio 2016.
 
Quels enseignements pour nous, Tireurs compétiteurs ?
Oui certainement, ça a joué aussi dans mon implication, comme par exemple cet été lors des championnats du monde.J’y suis allé sans aucune arrière-pensée, pour voir l’équipe, la soutenir et l’accompagner sur un événement que je sais être difficile, avec ce côté « couperet » qui fait qu’aujourd’hui, en étant passé à côté, nous nous retrouvons dans cette situation.
Le potentiel est là cependant, dans le cas contraire nous serions beaucoup plus inquiets. Je suis allé à Copenhague pour soutenir l’équipe, ce que je n’aurais probablement pas fait si je n’avais pas effectué ce retour en 2012. Cette préparation pour Londres m’a permis de fermer le chapitre « athlète » et m’a donné envie d’en ouvrir un nouveau.
A quelques mois des Jeux de Londres, les athlètes et l’encadrement m’avaient demandé de rester et d’accompagner les tireurs, de manière moins formalisée qu’aujourd’hui, mais j’étais resté au contact et j’y ai trouvé un véritable intérêt. J’ai bel et bien clôturé mon chapitre en tant qu’athlète, mais je n’ai pas fermé le grand livre du tir à l’arc. J’ai envie d’avancer, de partager. J’ai gardé des contacts assez étroits avec Jean-Charles (Valladont), qui, chez les garçons, est le seul qui reste engagé depuis notre « défi olympique » de 2012. Nous avons pu échanger régulièrement au cours de la saison, ce qui lui a permis d’évoluer sur certains points et j’ai vraiment trouvé ça intéressant... D’où l’intérêt de développer ça à plus grande échelle avec l’équipe dans ce défi pour 2016.
Le fait d’être revenu en 2011 pour tenter la qualification aux JO et d’avoir cotoyé quelques-uns des athlètes de la sélection actuelle et donc de ne pas avoir disparu du paysage, est-ce un atout pour toi ?
Quel sera votre rôle dans le staff
Suite aux championnats du monde, nous avons été amenés à beaucoup échanger avec les différents membres de l’encadrement de l’équipe de France et nous sommes arrivés à la conclusion qu’il y avait quelque chose à faire.
J’ai envie de partager mon vécu, de les aider à relever ce défi car c’en est un. Il y a du temps, mais il est compté.
L’objectif est élevé, nous savons tous très bien que ce sont des compétitions de « morts de faim », notamment les tournois de qualifications olympiques où il y a très peu de places pour beaucoup de prétendants.
Je n’ai pas regardé le détail des équipes qui n’avaient pas obtenu de quotas, car je pense qu’il n’y a pas de petites équipes et il n’y aura pas de petits matches pour un enjeu aussi important qu’une qualification aux Jeux Olympiques.
D’après ce que tu as vu à Copenhague et ces derniers mois, as-tu déjà un axe de réflexion ou de travail vers lequel tu souhaiterais te diriger. Ce qui m’a surpris c’est de voir le décalage entre ce que les archers sont capables de réaliser à l’entraînement et ce qu’ils produisent en compétition. Lors des derniers championnats du monde, nos archers ont obtenu des scores bien en dessous de leurs réelles capacités. L’idée est donc de vraiment travailler sur des mises en situation plus proches de la réalité, qui se rapprocheraient plus de la compétition. Il faut lisser ce lien entre l’entraînement et la compétition de manière à ce que ça devienne de plus en plus naturel. C’est difficile lorsqu’on attaque une compétition pour laquelle on sait que l’on a un très gros niveau de performance et que sur les deux ou trois premières volées, on se retrouve très loin de ce que l’on est capable de faire. Ensuite c’est toujours compliqué de revenir sur ses fondamentaux.
Entraînement et compétition… quelle différence ?
Accompagner les athlètes
Il faudra être prêts, mon objectif est d’accompagner les athlètes et l’encadrement en leur faisant partager l’expérience que je peux avoir dans ce domaine en « mettant un peu d’huile dans les rouages » de façon à ce que tout se passe au mieux et que l’on se retrouve tous en conférence de presse à deux jours des épreuves au Club France à Rio.
Ce jour-là nous aurons rempli seulement une partie du contrat puisque l’objectif n’est pas uniquement d’aller à Rio, mais d’y faire quelque chose.

Nous avons du potentiel, mais je ne suis pas magicien malheureusement, sinon j’aurais déjà vendu très chers quelques coups de baguette magique !
La solution, c’est les athlètes qui l’ont et qui vont la construire au fil des entraînements, des stages et des compétitions.
Avec le staff, nous allons essayer de faire en sorte que tout fonctionne, je suis très très motivé, j’ai vraiment tourné la page de ma carrière d’athlète et fait « le deuil » de tout ça.
Aujourd’hui, nous avons 9 mois devant nous pour avancer et écrire quelques belles pages.
Mon but est donc d’intervenir en complément du travail que va réaliser Marc (Marc Dellenbach, entraineur de l'équipe de France).
Je passerai à l’INSEP assez régulièrement, ce qui sera l’occasion pour moi de voir tout le monde fonctionner un peu au quotidien.
Au mois d’août nous ne devons pas être devant notre télé, mais sur le terrain !
A l’entraînement, il faut que chaque flèche compte !
L’idée est donc de travailler avec Marc sur les mises en situation et avec les athlètes pour qu’ils comprennent bien que chaque flèche qu’ils vont tirer, y compris dans ces phases de simulation de compétition, peut être la dernière flèche des Jeux.
J’aimerais qu’ils se lèvent le matin en se disant : « aujourd’hui je vais me préparer pour les Jeux Olympiques". C’est une belle chance.
Quand on arrive à l’entraînement il faut que chaque flèche compte, il n’y a pas de petite flèche, de flèche d’échauffement, quel que soit le travail que nous allons faire, nous leur demanderons d’être prêts sur chaque flèche.
Apprendre à relativiser
La compétition doit devenir un acte de plus, mais pas un acte extraordinaire. Il faut démystifier un peu ce côté « grand rendez-vous ». Certes, il y aura la qualification pour les Jeux au bout, mais la distance sera la même, les adversaires également.
Si l’on parvient à rester concentré là-dessus, on se rend vite compte que l’on revient sur ce que l’on maîtrise et ça aide à entrer dans des compétitions, y compris les plus grosses.

La théorie des 10 000 heures trouve ses origines dans une étude d’Ericsson de 1993 où il examinait la performance de violonistes et montrait que la capacité à jouer était déterminée par l’accumulation des heures d’entraînement jusqu’à l’âge de 20 ans. Autrement dit, les meilleurs experts avaient accumulé le nombre magique de 10 000 heures tandis que ceux classés simplement « bons » ou « moins bons » n’avaient accompli respectivement que 8 000 ou 5 000 heures de pratique.

Malheureusement, Ericsson ne démontre pas ces données et nous ne pouvons que spéculer. Mais ceci n’a pas empêché Malcom Gladwell d’affirmer dans son ouvrage « Outliers » :
« Ce qui est frappant dans l’étude d’Ericsson c’est que lui ou ses collègues n’aient pu trouver aucun ‘talent naturel’, des musiciens qui auraient atteint le sommet sans effort en consacrant à la pratique une fraction du temps de leurs pairs.
Ils n’ont pas non plus trouvé des « bûcheurs », des gens qui travaillent plus que tous les autres et qui, cependant, n’ont pas ce qu’il faut pour atteindre le top. »
La performance est imprédictible et émergente, dans le sport et notamment dans le tir car la manière de penser et donc d’utiliser les compétences acquises à l’entraînement est un facteur déterminant de la performance.
La performance est imprédictible en ce sens que l’on ne peut pas prévoir, surtout dans notre sport, le résultat car il est lié à notre mental et sa variation est importante et peut être soudaine.
Les articles et commentaires que je vous ai communiqués ci-dessus confirment ce caractère d’émergence en pointant que la seule quantité de pratique (en supposant que l’entraînement soit intelligemment construit) ne suffit pas à la performance et à construire un champion.
La génétique n’explique pas tout non plus mais elle joue un certain rôle, au même titre que l’environnement dans lequel évolue le sportif.
L’analyse selon laquelle la personnalité du sportif, et donc ses gènes, concoure  à sa capacité de motivation et à son désir de s’entraîner est un élément de la construction du champion.
Je ne pense pas que l’on naisse champion mais certains le devienne et leurs gènes, qui leur permettent de capitaliser beaucoup plus que d’autres le travail fait à l’entraînement, interviennent dans ce processus.
Le talentueux qui ne travaille pas ne sera jamais un champion.
Celui qui n’a pas de compétences innées pour le tir mais qui travaille peut devenir un excellent tireur et le chemin vers les médailles internationales sera laborieux mais pas impossible.
Le champion est donc celui qui a certaines prédispositions mais qui a surtout une volonté et une capacité d’acquisition de compétences.
Sa personnalité et l’environnement dans lequel il évolue vont donc contribuer largement à sa construction de champion.
Comme la performance, on voit ainsi que la construction du champion émerge d’un grand nombre de facteurs et que cette alchimie ne se produit pas systématiquement : Il n’y a pas de recettes pour devenir champion ou pour performer.
On peut et on doit simplement allumer un maximum de feux au vert, c’est-à-dire additionner le maximum de facteurs favorables par un entraînement et un accompagnement (coaching) permanent, stable et bien construit …… puis espérer que l’alchimie se fasse et que le sportif atteigne le plus fréquemment possible les sommets de la performance…..imprédictible et émergente…. On ne sait pas quand elle va se produire et ce qui va la déclencher…. Admettre et pouvoir  vivre dans ce doute permanent est l’une des clefs du succès dans le tir !


Mental-Objectif-Perf .
News Letter N° 35
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Gênes,talent inné ? Ou bien pratique ? tout est il dans l’entrainement ?
Avril Mai 2017
Ce qui fait gagner : La  culture, la pratique et pas vraiment les gènes ? Ou bien les champions seraient nés et non fabriqués ?
Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette News Letter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenus mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Je vous propose ce mois-ci des extraits d’interview et de commentaires parus en 2012 dans la revue « Dialogues on Cardiovascular Medicine » et  d’articles de « l’Evening Standard ».
Gobet et Campitelli ont étudié 104 joueurs d’échecs, mesuré leur temps de pratique et leur niveau de performance et examiné le temps requis pour atteindre le niveau Master. Voici leur résultat :
Le temps moyen nécessaire est de 11 053 heures. Ceci correspond assez à l’étude d’Ericsson sur les joueurs de violon. Jusqu’ici pas de problème. Mais l’étude montre un « étalement » des valeurs autour de la moyenne.
Un joueur atteint le niveau Master en 3 000 heures, un autre en 24 000 tandis que d’autres pratiquent encore plus mais sans succès. Cela fait une différence de 21 000 heures, ce qui représente plus de deux fois la quantité d’une vie, si l’on se réfère au modèle de pratique. Il semble évident que la pratique, tout en étant importante, n’est pas suffisante pour certains. Pour d’autres, elle n’est même pas nécessaire.
Regardons d’autres sports. Duffy et Ericsson ont étudié les fléchettes.
Aux fléchettes, 15 ans de pratique n’expliquent que 28% de la variation de la performance entre individus !
La question est donc posée : qu’est-ce qui a aussi une influence sur la performance car le temps de pratique ne compte que pour un quart dans les différences de performance.
Il est clair que plus on pratique, plus on peut expliquer la performance. Ceci n’est pas surprenant mais la question est la suivante : combien d’heures de pratique faudrait-il pour expliquer la performance due à la pratique ?
L’exemple du sport : les athlètes de haut niveau ont rarement besoin de 10 000 heures. Une étude ultérieure auprès d’athlètes australiens montre que 28% d’entre eux avaient participé pour moins de 4 ans dans leur sport, au maximum. Une joueuse de netball australienne avait atteint la scène internationale après 600 heures de pratique....
 
Une grande complexitée et une explication parfois souvent trop
simplifiée

La culture, l’entraînement, le régime alimentaire et la chance sont des éléments cruciaux dans la production de champions ou de performances d’élite.
Mais le problème dans le débat actuel c’est l’ignorance relative des facteurs physiologiques comme les gènes ou l’opinion extrêmement simplifiée selon laquelle « tout est une question d’entraînement », ou encore que la science suggère que les gènes n’ont aucune importance.
Le but ici n’est pas d’ignorer le rôle de l’entraînement ou de la culture mais de tenter d’équilibrer le débat à l’aide de faits.
On donne ainsi une indication de la complexité de la réalité et la seule certitude est que celui qui affirme que le succès est dû à un ou deux éléments a tort.

Le talent inné comme catalyseur de l’entraînement
On peut suggérer une théorie alternative sur le fait que les meilleurs performeurs ont tendance à s’entraîner plus.
L’explication de la performance par la pratique est insuffisante étant donné ce que nous savons sur les gènes, je dirais que l’explication du comportement renforcé catalyseur/filtre est tout aussi probable. Ceux qui montrent une plus grande habileté plus tôt (c’est-à-dire un talent inné) sont encouragés à pratiquer plus et ils partent vers la destination « meilleur expert ».
Pour ceux qui manquent de talent inné, aucune quantité d’entraînement ne changera cela, mais le comportement étant défini tôt, nous ne nous en apercevons jamais. En conclusion, le talent est généralement déterminé par la pratique mais les volumes de pratique sont peut-être eux-mêmes influencés par le talent inné.  Jusqu’à ce que quelqu’un démontre que les différences individuelles peuvent disparaître avec l’entraînement et que les différences que nous observons dans la performance ne sont pas présentes dès le début, je reste sceptique quant à l’opinion extrême selon laquelle la performance est due à un seul facteur.
Quelle interprétation pour nous, tireurs compétiteurs ?
10 000 heures : Inutile et/ou Insuffisant ?
Gènes contre Entraînement…
                           les secrets de la réussite ?

Le succès, dit Peter Keen (directeur de la performance de UK Sport) est avant tout déterminé culturellement puisqu’il impose que vous pouvez interagir avec ce qui ne vous est pas donné en tant que sportif(ve). La tradition, la réussite, les facteurs climatiques et les facteurs culturels sont plus importants que les facteurs apparemment fondamentaux comme la génétique.
Pour sauter en hauteur, il vaut mieux être grand et ceci est vrai que vous soyez chinois ou britannique. Mais, la clé d’une performance athlétique réussie est un minimum de 10 000 heures de pratique. Cela représente de 8 à 10 ans de votre vie, deux ou trois heures par jour, avec pour motivation le fait de croire que vous pouvez être quelqu’un de spécial.
Malgré les déclarations du Professeur Morrison, les tentatives pour identifier un gène de la vitesse ne sont pas satisfaisantes.
La recherche s’est concentrée sur un gène appelé ACTN3. C’est parce qu’il y a deux types de fibres musculaires, les lentes et les rapides. Les muscles lents sont plus efficaces pour utiliser l’oxygène et produire de l’énergie mais les muscles rapides se contractent plus vite et produisent plus de force. On croit que ce sont eux qui favorisent la vitesse et l’ACTN3 est le gène que l’on considère comme la clé de leur développement.
Mais malgré les vastes programmes de test réalisés auprès d’athlètes olympiques, il n’y a aucun nouveau détenteur de record qui ait été identifié avec deux copies d’une variante du gène. Selon le Dr Yannis Pitsiladis, qui a réalisé ces tests pour le compte de l’université de Glasgow, cela veut dire que l’impact des gènes sur l’identification de l’excellence sportive a été trop souvent exagéré. Il ajoute : A ce jour, il n’y a aucune capacité de prédiction dans la génétique du sport.
Le concept des 10 000 heures
L’entraînement est essentiel mais ne suffit pas.
Je ne prétends pas négliger l’importance de l’entraînement. Bien sûr, la pratique est essentielle. C’est un prérequis de la réussite, surtout quand il s’agit d’un sport compétitif ou nombreux sont ceux qui se battent pour la même médaille. Dans cette situation, celui qui réussit doit s’entraîner dur. Mais la capacité à mieux profiter de l’entraînement et à s’y adapter est tout aussi importante, et ce sont des facteurs influencés par les gènes qui peuvent permettre cela.
Dire que tout est une question d’entraînement et écarter le rôle de la génétique revient à adopter une position trop simplifiée, intenable. Le concept des 10 000 heures est un bon outil de motivation, une façon d’encourager à l’entraînement, d’aider les gens à s’améliorer.
Mais attribuer la réussite aux 10 000 heures n’est pas seulement simplifier, c’est faux.
Produire un champion est extrêmement complexe. Le succès du Kenya dans la course de fond ou de la Jamaïque dans le sprint ne peut pas être réduit à un facteur ou même à plusieurs facteurs. Vous trouverez l’altitude dans de nombreux endroits. Vous trouverez des similarités socio-économiques partout dans le monde. Mais vous ne trouverez pas de champions.
La réussite est probablement due à des centaines de facteurs différents, qui interagissent tous les uns avec les autres. Mais le résultat final c’est que si vous prenez 100 athlètes au Kenya et 100 athlètes aux USA, et leur donnez le même entraînement, vous n’obtiendrez pas le même taux de réussite. Ceci est dû aux différences génétiques qui sont trop complexes à découvrir avec l’approche qui a été adoptée jusqu’ici.
Dans cet article, j’ai examiné les facteurs d’entraînement et de pratique, et j’espère avoir donné une vision plus large que cette version terriblement simplifiée des 10 000 heures.
Il ne faut pas négliger les gènes et l’importance vitale de la génétique dans la détermination du talent inné et dans la réponse à l’entraînement, et même, avant tout, dans la motivation ou le désir de s’entraîner.




Cela peut passer par une petite méditation de bienveillance consacrée à ses faiblesses. Il ne s’agit pas de se focaliser sur ses défauts, mais simplement d’accepter que ses défauts font partie de soi, et qu’ils sont aussi ce qui rend humain.
Mental-Objectif-Perf .
News Letter N° 36
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Apprendre a apprecier l’imperfection et l’impermanence
Juin 2017
Une philosophie japonaise
Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette News Letter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenus mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Je vous propose ce mois-ci de découvrir ce qu’est la philosophie « Wabi-sabi » que vous pourrez retrouver plus en détail dans un livre de Christopher  A.Weidner : « Wabi-sabi  Trouver le bonheur au-delà de l’imperfection »
Pour Christopher  A.Weidner, thérapeute systémique et expert en feng shui, wabi-sabi signifie se consacrer à l’essentiel, être pleinement soi, rien de plus et rien de moins.
Cette philosophie de vie « nous confirme que nous portons tous en nous tout ce dont nous avons besoin pour nous sentir beaux et heureux .Nous devons seulement diriger notre attention vers ce qui nous est essentiel ».
C’est ainsi que nous pouvons nous accepter et devenir ce que nous sommes, en échappant aux diktats des modes et aux critères de beauté dominants.
A la perfection standardisée et au luxe clinquant, le wabi-sabi oppose la singularité, l’imperfection et la discrétion.
Trois valeurs à accueillir pour rendre notre regard plus attentif et plus bienveillant….envers les autres comme envers nous-même.
 
Le zen des choses
La culture, l’entraînement, le régime alimentaire et la chance sont des éléments cruciaux dans la production de champions ou de performances d’élite.
Mais le problème dans le débat actuel c’est l’ignorance relative des facteurs physiologiques comme les gènes ou l’opinion extrêmement simplifiée selon laquelle « tout est une question d’entraînement », ou encore que la science suggère que les gènes n’ont aucune importance.
Le but ici n’est pas d’ignorer le rôle de l’entraînement ou de la culture mais de tenter d’équilibrer le débat à l’aide de faits.
On donne ainsi une indication de la complexité de la réalité et la seule certitude est que celui qui affirme que le succès est dû à un ou deux éléments a tort.
Leonard Koren, architecte et théoricien de l’esthétisme qui a consacré au wabi-sabi des années d’études et un livre (Wabi-sabi à l’usage des artistes, des designers), en donne la définition suivante : « wabi-sabi est la beauté des choses imparfaites, impermanentes et incomplètes .C’est la beauté des choses modestes et humble. C’est la beauté des choses atypiques ».
Le wabi-sabi est « associé au Bouddhisme zen , on pourrait le nommer le « zen des choses »,étant donné qu’il illustre de nombreux principes spirituels/philosophique du zen ».
Pratiquer le wabi-sabi au quotidien : Porter un regard différent sur son environnement
Nous sommes toutes plus ou moins perfectionnistes. Nous avons intégré en nous tout un ensemble de normes sociales, et nous cherchons tous, même inconsciemment, à atteindre un idéal. Cela se traduit dans tous les domaines de notre vie, mais également dans notre intérieur, et dans notre idée de la beauté
Observez quelques minutes votre environnement de manière différente.
On se fatigue beaucoup à toujours vouloir une maison parfaitement rangée, des placards desquels rien ne dépasse, des murs parfaitement lisses, propres et bien peints.
Nous perdons beaucoup d’énergie à vouloir toujours autre chose, toujours quelque chose de mieux.
Cela passe aussi par les meubles qui nous entourent. Et si nous portions un regard différent sur notre maison?
Ce carreau cassé n’apporte-t-il pas une certaine perfection à l’ensemble de notre carrelage ? Ce clou qui dépasse du mur ne dégage-t-il pas un certain charme, la trace du passé, la patine du temps ? Ce vieux canapé dont les coussins se sont affaissés avec les années n’est-il pas plus moelleux, plus rassurant ?

Pratiquer le wabi-sabi au quotidien : Accueillir ses défauts
La singularité
Cultiver l’esprit « Wabi-sabi »
Il s’agit d’une véritable philosophie de vie d’origine japonaise qui suggère de revenir à la simplicité… en reconnaissant la beauté de tout ce qui est imparfait. Vouloir atteindre absolument la perfection dans tous les domaines de notre vie est à l’origine d’une grande partie de notre stress et de notre sensation de surmenage. Et si on arrivait à trouver le bonheur en reconnaissant justement la beauté des choses imparfaites ou inachevées ?Le wabi Sabi est une notion complexe et assez difficilement traduisible en français.
Wabi désigne plutôt la simplicité, une manière de vivre, la paix, l’harmonie. A l’origine le terme signifiait même triste, solitude, et il a évolué vers la notion de simplicité.
Sabi quant à lui désigne la beauté obtenue par l’épreuve du temps. C’est être capable d’apprécier ce qui est vieux, usé, imparfait.
Mélancolie, renoncement à l’éclat, simplicité, rusticité, imperfections, marques du temps, asymétrie, humilité, nature… le wabi-sabi est un concept japonais qui réunit tout cela à la fois
Quelles valeurs spirituelles ?
Selon Leonard Koren, trois affirmations résument les valeurs spirituelles du wabi-sabi :
« La vérité découle de l’observation de la nature ».
« La  grandeur réside dans les détails discrets et négligés ».
« La beauté peut être obtenue à partir de la laideur ».

Pratiquer le wabi-sabi au quotidien : S’observer attentivement dans une glace
Observez-vous quelques instants avec bienveillance dans une glace. Bien sûr, le temps a laissé des marques sur votre visage, et il est difficile d’accepter sa propre impermanence !
A chaque instant, nous vieillissons, et nous nous rapprochons du jour de notre mort.
Et si nous voyions les choses autrement? Et si nous étions à présent
ces objets que l’usure a embellis? Qui a décidé qu’il fallait être jeune pour être beau ou belle ?
Et si notre vécu, notre chemin, l’acceptation de nos imperfections, et si c’était là que se cachait notre véritable beauté ?
Prenez quelques instants pour observer sur votre visage les signes du passage du temps.
Accepter que notre imperfection fait partie de notre beauté, adoucira sans aucun doute le regard que nous portons sur nous-mêmes.

Pratiquer le wabi-sabi au quotidien : faire du tri et de la place
Le Wabi Sabi, c’est également le retour à la simplicité, à l’essentiel. C’est revenir au cœur même de la vie, se contenter de ce que l’on a, se tourner vers les autres. Adopter ce mode de vie invite, à faire du tri autour de soi. Pour se concentrer sur l’essentiel.
Vivre dans le désordre, consommer à outrance, être enseveli sous les objets, nous détournent inévitablement des questions essentielles.
Adopter cette philosophie passe par un travail de désencombrement. De sa vie certes, en apprenant par exemple à HYPERLINK "http://les-defis-des-filles-zen.com/mieux-sorganiser-en-5-exercices" \\t "_blank" mieux s’organiser, mais également de son intérieur, en apprenant à HYPERLINK "http://les-defis-des-filles-zen.com/5-mini-defis-pour-demarrer-le-desencombrement-de-sa-maison" \\t "_blank" désencombrer sa maison
Le tir et le wabi-sabi ?
Cette philosophie, cette manière de vivre et de considérer les choses correspond à l’esprit qui doit animer le tireur de compétition.
La recherche de la simplicité est un facteur de performance car nombre de tireurs se perdent dans des recherches complexes liées à leur position, à leur technique, à leur geste et bien sûr… à leur matériel…tirer simple est gage de pouvoir se concentrer sur l’essentiel, c’est-à-dire sur soi.
L’acceptation des choses, de l’environnement, de ses défauts et de ses faiblesse est également un facteur de performance que les tireurs ont beaucoup de mal à s’approprier en terme de posture. Cette non-acceptation les conduit bien souvent à chercher des raisons à  la non performance, là où elles ne sont pas.
L’imperfection (du geste, de la technique), l’impermanence (des résultats) sont des valeurs que le tireur accepte difficilement en compétition notamment dans les moments d’émotion.
La recherche de la perfection et la volonté de réussir un score ou une place conduit à plus de contrôle et à moins de lâcher prise…. Donc plus d’activité consciente que subconsciente et donc une coordination réflexe moins fine et rapide !
Accepter que la performance soit imprédictible (donc impermanente) et émergente (on ne sait pas d’où vient la performance du jour) passe par une posture mentale que le wabi-sabi ne peut que favoriser.


Mental-Objectif-Perf .
News Letter N° 37
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Cette publication m’a parue intéressante sur plusieurs points concernant la pratique du tir en compétition et donc en situation d’émotion.

- Le premier point est de comprendre ce mécanisme de mémorisation d’un événement et de l’association mentale qui en résulte, que cela soit comme ici la peur mais que cela puisse être également un autre sentiment (la joie, la confiance…).
Cela peut conduire à travailler sur l’association d’un sentiment et d’une situation, notamment par la visualisation.

- Le deuxième point  est la notion de traumatisme :
Sans aller jusqu’à parler de traumatisme systématique, la compétition est toujours une épreuve marquante et des moments difficiles (finale, qualification, sélection..) peuvent  être considérés comme des événements créant une empreinte mnésique qui restera gravée dans le système limbique.
Cette émotion forte sera ainsi associée à chaque compétition, quelle qu’en soit son importance, émotion faisant perdre le contrôle de soi (lucidité), ceci étant à différencier de la simple émotion liée à l’enjeu.
Mais on peut aussi parler de traumatisme comme celui de ce champion américain à la carabine qui, par deux fois perd le titre aux JO en finale (Une balle tirée dans la cible du voisin et 4 ans après, une dernière balle dans le 6) et qui a perdu de nombreux matches dans les finales sur une seule grosse faute…

L’hypnose, le neurocoaching peuvent donc être des voies à envisager pour gérer certaines situations dans lesquelles le tireur  et surtout le coach, ont le sentiment de ne pouvoir corriger un comportement mental.

Retenons également tout le processus de mémorisation de notre cerveau pour mieux analyser et comprendre nos comportements et nos réactions émotionnelles en compétition.
C’est ainsi que le coach ou le tireur seront à même de faire une préparation mentale efficace.



Peut-on effacer une mémoire de peur ?
Juillet Aout Septembre 2017
Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette News Letter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenus mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Je vous propose ce mois-ci de lire une publication de Guy Hauray, créateur du « neuro coaching ».
 
Les routes de la peur
Le tir et le » Traumatisme » de la peur en compétition ?
Marie-Christine pourrait garder un réflexe de répulsion à la simple idée d'un reptile ou à la vue d'un cordage ayant son aspect.

Tenter de relativiser, de dédramatiser ce type de mémoire traumatique par de simples échanges verbaux n'est pas envisageable. Et recourir à des substances psychotropes pour anesthésier la peur du reptile demande beaucoup d'ajustements que seul un psychiatre est habilité à faire, et encore là il vous dira qu'on ne peut exclure des effets secondaires.
Peut-on effacer une mémoire de peur ?
L’Hypnose ?
Un trauma est lié à une peur pour soi ou pour autrui. L'empreinte mnésique restera gravée dans le système limbique et tenter de l'effacer est mission impossible. Les cicatrices psychiques sont indélébiles. La solution est de superposer de nouvelles mémoires, un savoir-faire que les Neurocoachs possèdent.
Un Traumatisme
Si l'on pense à l'hypnose-spectacle à la Anthony Robins, on ne peut s'empêcher de sourire (jaune). Ce type d'hypnose est manipulateur et crée une illusion passagère prouvée totalement éphémère.
Pour qu'une démarche de désensibilisation soit durable il est absolument essentiel de ramener le sujet dans le contexte psychique qui a causé le trauma et de construire une autre mémoire qui va se superposer à l'originale. Certains hypno thérapeutes savent faire.
Le Neurocoaching™
Sachant que le cerveau, dans son fonctionnement, ne fait pas plus de différence entre le passé, le présent ou le futur qu'il n'en fait entre le réel et le virtuel, on utilisera la neuroplasticité du cerveau pour superposer de nouvelles mémoires au niveau des cortex.Le Neurocoaching™ procèdera à une Reconnexion Émotivo-Cognitive qui utilisera le langage métaphorique du subconscient pour construire un NOUVEL environnement psychique qui filtrera l'impact des fragments mnésiques du passé, lesquels seront atténués, ou totalement neutralisés.
S'il n'est pas lui-même médecin-psychiatre, le Neurocoach opère en coordination avec un psychiatre qui pourra envisager un sevrage progressif de la prise d'anxiolytiques suivant les résultats obtenus.
Pour ce faire, il faudra agir en parallèle
sur le cortex limbique et le cortex préfrontal.
Le mécanisme de la peur
L'émotion générée par une peur est captée et stockée par l'amygdale limbique qui envoie l'info à l'hippocampe. L'hippocampe va enregistrer le contexte de la peur (le lieu, l'agent responsable, les odeurs, les sons, le toucher, etc.)

Lorsque des circonstances similaires se reproduisent, l'hippocampe envoie un signal d'alerte à l'amygdale qui stimule le même type d'émotion. Et c'est bien à cause de l'hippocampe et de ses liens étroits avec l'amygdale que tout le contexte associé à un événement traumatisant peut devenir une source d'anxiété.

Je viens de vous décrire très succinctement la construction d'un trauma standard. Le trauma peut-être un vécu d'une extrême violence comme un viol ou une agression ou d'une peur moins intense.
  Un exemple
Marie-Christine, parisienne, est en vacances en Auvergne. Un après-midi, elle rejoint Jacques, un copain d'enfance qui est en train de garder ses vaches dans un pré. Chemin faisant elle remarque que c'est le temps des mûres. Les vaches restent bien en vue, sauf « la Blanchette » qui reste éloignée près d'une haie. Marie-Christine offre d'aller la chercher et de cueillir des mûres par la même occasion.
En s'approchant elle remarque qu'un bout de cordage est attaché au pi de « la Blanchette ». La voilà qui attrape le cordage pour voir de quoi il s'agit.

Stupeur et peur, le cordage s'avère être une vipère qui était occupée à téter le pi de Blanchette.
Elle jette la vipère loin d'elle et se met à courir.
Elle s'en est tirée avec sa peur de l'été ? Pas seulement …
Sur le moment son cœur s'est emballé et la région reptilienne de son cerveau (tronc cérébral-cervelet) a eu deux réflexes de survie : repousser le danger et s'enfuir.
Mais ces stimuli, visuel et tactile, vont, après leur relais au thalamus, parvenir au cortex. Celui-ci, grâce à sa faculté de discrimination, va calmer l'émotion vécue.
La peur retombée, son copain Jacques, lui expliquera que les vipères adorent le lait, qu'à l'occasion elles tètent le pi des vaches et que les enfants du coin en profitent pour les capturer et les vendre au pharmacien (qui leur donnera quelques sous avant de les envoyer à l'Institut Pasteur pour la fabrication du sérum).
La peur de Marie-Christine est-elle pour autant chose du passé, en est-elle quitte pour une petite frousse ?

Mental-Objectif-Perf .
News Letter N° 38
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L’émotion que vit le tireur en compétition au regard de l’enjeu réel ou imaginé, et au regard de l’imprédictibilité de sa performance espérée, le conduit à un sentiment d’insécurité permanent et donc de contrôle conscient de ses actions.
Au lieu d’être un compétiteur qui tire et met simplement sa séquence mentale en place sans se demander comment, il va se transformer en un contrôleur technique qui vérifie la qualité de la préparation de ses actions au lieu de les réaliser.
Au lieu d’être dans l’activité réflexe via le subconscient il va être dans l’activité pensée et contrôlée par le filtre de la conscience.
On sait que l’activité consciente (réfléchie) est moins fine et moins rapide que l’activité réflexe émanant du subconscient.
Faire sans savoir comment plutôt que de vouloir savoir comment faire…et ne pas faire !

En effet, sous l’emprise de l’émotion et au regard de l’enjeu (réel ou imaginé) et dans son désir de ne pas faire de fautes, le tireur va donc analyser tout ce qu’il fait et vouloir corriger.
Cette posture consciente est bien sûr à l’opposé de l’activité subconsciente, beaucoup plus rapide en termes de coordination.
En match, il est toujours plus productif de se concentrer sur la bonne action à faire au présent que sur la correction de la mauvaise action, c’est-à-dire de vouloir éviter la faute du passé !
Si cela paraît évident ainsi écrit et lu, il en va bien sûr différemment devant la cible et c’est un combat contre le naturel que doit mener le compétiteur :
Sentiment de prise de risque lié au non contrôle de l’action, capacité à accepter le résultat d’une action, oser appuyer pour stabiliser et centrer plutôt que de faire dépendre le lâcher de la visée….
La préparation mentale et technique doit porter sur ces éléments et sur cette posture sinon la compétence acquise à l’entraînement ne sera pas ou que partiellement exploitée en match.

LE LACHER PRISE
Octobre Novembre 2017
Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette News Letter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenus mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Je vous propose ce mois-ci de lire le témoignage éloquent de la sauteuse de haies Lolo Jones qui nous éclaire sur les effets négatifs des pensées dans le temps de l'effort.
 
Comment réussir à echouer !
    Tirer et lâcher prise
Pour un sportif de haut niveau, mais idem pour un musicien, un danseur, le fait de se mettre à penser dans le temps d'activité à la technique, c'est la recette du déraillement assuré.
Pour exemplifier, des footballeurs à qui l'on a demandé de conduire un ballon en slalomant entre des cônes alignés au sol, tout en faisant attention à quelle face du pied ils faisaient appel pour toucher la balle, ont commis plus d'erreurs. 
Ne pas penser à la technique !
Entre conscience et subconscience
Souvenez-vous, nous sommes en finale du 100 mètres haies aux JO de Pékin, Lolo Jones fait la course en tête. Les premières haies sont franchies dans l'aisance. Elle va gagner. Elle ne peut que gagner...Brusquement tout bascule !
Dans le dernier livre de daniel Goleman, "Focus, the hidden driver for excellence" 2013 (en français : Attention et concentration, les clefs de la réussite). Elle témoigne de cette expérience et de la raison qui l'a menée à la faute.
"Ce n'était quasiment rien au début, à peine l'impression que les haies venaient trop vite. Alors j'ai pensé : Attention à ta technique…Attention à bien lancer tes jambes.
Cette pensée m'a conduite à trop bien faire, je me suis contractée. . Et j'ai accroché la neuvième des dix haies.
Au lieu de finir 1ère.je finis 7ème, et je m'effondre en larmes sur la piste".
Echec aux JO de Pékin
Le cortex moteur d'un athlète accompli, dans lequel les gestes ont été fixés par des milliers d'heures d'entraînement réalise mieux si on lui fiche la paix !
Comme l'explique Goleman : " Aussitôt que l'on se met à penser à ce que l'on fait, à comment le faire - ou, pis encore, à ce qu'il ne faut pas faire, le système (nerveux) confie une part du contrôle à des circuits qui savent très bien réfléchir et s'inquiéter, mais pas restituer le geste proprement dit. Que ce soit au 100 mètres haies, au football, au baseball". C'est l'emmêlement de pinceaux assurés".
  Être dans l’action, pas dans sa correction
En tant qu'entraîneur, il faut éviter et s'interdire de repasser aux athlètes ou aux joueurs des actions d'une épreuve ou d'un match en ne se focalisant que sur ce qu'il ne faudra pas faire la prochaine fois. C'est les conduire au blocage et à la réalisation ce que l'on ne veut pas voir se produire !
Echec aux JO de Londres
Mais l'histoire ne s'arrête pas là ! De nouveau aux JO de Londres où elle finit 4ème, Lolo Jones avait toujours en tête cette mésaventure de Pékin.
Comme si cette finale quatre ans plutôt était encore vécue comme le présent. Et ce sont les souvenirs du passé qui ont guidé la course de 2012 avec le même résultat !
Dès que Lolme Jones s'est mise à réfléchir dans l'action au détail de sa technique elle se programmait pour l'échec. 
   La solution : Le Lâcher prise
Il n'y a pas que le sport qui est concerné. Pour toutes les activités humaines cela fonctionne mieux quand on laisse faire, quand on ne cherche pas à forcer. C'est cela le lâcher prise, c'est laisser les événements se produire, surfer sur la vague de l'événement, être dans la présence à ce qui est et non dans le contrôle. C'est ce qui mène à l'état de flux (flow).

Mental-Objectif-Perf .
News Letter N° 39
Técherger au format PDF
 
Au centre de notre cerveau se trouve une petite structure remarquable (le colliculus supérieur) qui contient, entre autres, des neurones dits visuels, qui reçoivent directement l’information en provenance de la rétine et la transmette aux neurones moteurs mettant en action les muscles des yeux.
Nous disposons ainsi d’un système simple, rapide et réflexe redirigeant rapidement notre regard et donc notre attention.
Toute perception visuelle est donc transformée en une action.
Le contrôle de l’attention est donc souvent un contrôle de l’action.
Le choix de l’action résulte toujours d’une lutte d’influence entre des propositions contradictoires au sein du colliculus supérieur mais est aussi le fruit d’une prise de décision collective entre plusieurs régions du cerveau utilisant chacune leurs propres critères de décision.
Ces régions du cerveau sont plus ou moins sophistiquées selon le niveau où elles se situent dans la hiérarchie cérébrale, sachant que les actions les plus réfléchies sont les plus lentes.

On retrouve ici notre action cérébrale de tir : la difficulté de garder l’œil sur le guidon, la perception de l’image guidon-cible autorisant l’action du lâcher mais cette action étant perturbée tantôt par la fugacité de l’image si l’exigence de sa qualité est trop élevée, tantôt par d’autres critères de décision (prise de risque, peur de l’erreur, émotion).
Ceci explique la nécessité d’avoir une et une seule consigne claire, technique ou mentale, sans autre arrière-pensée (résultat, classement...) et de la réactiver régulièrement dans la mémoire frontale
ATTENTION … CONCENTRATION …
Decembre 2017
Comme chaque mois, Mental-Objectif-Perf tente de vous intéresser par la lecture d’un sujet différent ayant trait à la recherche de la performance.

Cette News Letter n’a d’autres prétentions que de vous faire partager et réfléchir à des thèmes et des sujets qui auront retenus mon attention dans le cadre d’une recherche perpétuelle d’améliorer notre comportement afin de mieux profiter de la vie, de mieux nous connaître et donc de mieux contrôler nos émotions.

Je vous propose ce mois-ci de partager un excellent livre écrit par Jean-Philippe LACHAUX, Directeur de recherche en neurosciences cognitives à l’INSERM de Lyon.
 
La Distraction
Le Cerveau Funambule
Au sein de chaque cycle perception-action, la
vie mentale est sans cesse rythmée par un
dialogue et souvent un combat entre :
- Le système d’habitudes (situé dans la
partie centre et arrière du cerveau)
proposant des actions selon ce que
nous avons l’habitude de faire, d’aimer
faire ou de ne pas faire dans une
situation donnée,
- Le système exécutif (avant du cerveau)
proposant des actions en fonction de
l’intention du moment gardée en
mémoire.
Le filtrage rapide et efficace n’est donc
possible que si l’intention est claire, concrète
et à court terme.
Dans les nombreuses activités basées sur la
répétition de cycles perception-action
similaires (l’action de tir par exemple), nous
répétons souvent les mêmes erreurs par
manque d’une réelle prise de conscience des
gestes mentaux mis en jeu à chaque cycle.
Un petit geste d’introspection peut suffire à
nous faire découvrir une intention floue, un
objectif mal défini, que nous attribuerons alors
à une mauvaise concentration.
J’ai eu l’occasion de rencontrer Jean-Philippe Lachaux au stand de tir de Creil avec Céline dans le cadre de ses recherches sur le phénomène de l’Attention.

Son livre, « Le cerveau funambule » a pour but de permettre au lecteur (grand public) de « comprendre et d’apprivoiser son attention grâce aux neurosciences ».

Un sujet passionnant pour nous tireurs sur le plan de la concentration, de la gestion du moment présent, de l’émotion et du lâcher-prise.
Le Cerveau Funambule
Ainsi, chaque situation déclenche spontanément la préparation de plusieurs actions en fonction de nos habitudes. Ces actions sont évaluées et triées selon un processus largement inconscient.
Un bon état attentionnel est un état ou cette sélection privilégie les propositions les plus utiles pour notre intention du moment. L’attention favorise ainsi les actions spontanément associées à ces perceptions.
Mais des propositions d’actions mentales ou physiques émergent également en fonction de nos habitudes et ces forces peuvent à tout moment entraîner un choix de l’action loin de l’objectif du moment et ainsi nous déstabiliser.

Comprendre par les neurosciences
« Souvent, quand nous n’arrivons pas à nous concentrer, ou quand nous faisons une erreur de distraction, nous nous en voulons et nous nous dévalorisons de manière globale (« je suis nul », « je n’y arrive pas »).
Les neurosciences permettent désormais d’identifier de manière plus précise la source du problème afin d’y remédier »
Par ce livre, « au fil des pages, vous apprendrez ainsi à mieux évaluer ce qui ne marche pas, quand votre attention vous échappe, comme un mécanicien qui examine une voiture.
Est-ce vraiment votre cerveau qui est en cause, ou bien la manière dont vous vous en servez ?
Mon intuition est que la plupart de nos problèmes d’attention ne viennent pas tant d ’une mécanique cérébrale défaillante que d’une compréhension insuffisante de celle-ci. ».
Ainsi, cette sensation en match de ne plus savoir faire les choses, peut correspondre à un moment où notre concentration nous échappe. Il faut savoir faire une pause pour mieux préciser ou revenir à ce que nous cherchons à faire au moment présent.
« Même dans les activités les plus banales, nous sommes soucieux d’un certain niveau de performance, et cette recherche de performance nous pousse à rechercher des états attentionnels « favorables », souvent de façon inconsciente et maladroite. »
La micrognition désigne l’enchaînement perpétuel de nos perceptions et de nos actions.
« Imaginons qu’en me rasant devant le miroir de ma salle de bain, je remarque un cheveu blanc sur ma tempe droite (je le perçois). Cette perception déclenche une réorientation de mon attention et de mon regard vers cette zone (réaction). En regardant mieux, je constate qu’il s’agit  bien d’un cheveu blanc et je ressens une émotion assez négative (nouvelle perception). Au lieu de rediriger mon attention vers le rasoir, je laisse une image mentale se former, très furtive dans mon esprit (mon visage vieux et ridé, avec les cheveux blancs) tout en continuant à manipuler mon rasoir. Cette image (perception mentale) remplace un instant dans mon esprit celle, réelle, du rasoir sur ma peau et je me coupe (une nouvelle action, inadaptée). La vive sensation de douleur me ramène immédiatement à la réalité. »
« Une fraction de seconde suffit à perdre la maîtrise de son attention. La source de nos problèmes d’attention est à rechercher au sein même des cycles perception-action. »
« La maîtrise de l’attention s’acquiert par le développement d’une nouvelle forme de sens de l’équilibre : le sens de l’équilibre attentionnel. »
Rester concentré…
« Le cortex préfrontal de notre cerveau se situe derrière notre front et contient un filtre entre les informations afin de choisir celles qui présentent un intérêt.
Ce tri s’effectue en moins d’1/4 de seconde et n’est donc pas toujours parfait ! »
« Le cerveau est ainsi capable de se programmer pour réagir d’une façon particulière lorsque tel ou tel événement se produit. Le maintien en mémoire de ces programmes dans le système dit exécutif assure une stabilité à l’attention, pour agir comme prévu et atteindre un objectif. Mais cette trace en mémoire est très volatile, comme nous pouvons en faire l’expérience chaque fois que nous oublions notre intention initiale.
Au moment où nous nous laissons distraire, notre système exécutif échoue dans sa tâche de sélection de l’action.
Ce dysfonctionnement du système exécutif provient de deux causes :
La Micrognition
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Chacun de nous, tireurs, reconnaîtra ici ce qu’il vit comme difficulté en état d’émotion ou d’enjeu pour appuyer sur la queue de détente….